octobre 11, 2026

L’appel à ne pas laisser les richesses, le pouvoir et le prestige prendre la place de Dieu dans la vie chrétienne a marqué l’homélie de l’abbé Justin Mupenda, ce jeudi 24 septembre 2026, au sanctuaire diocésain Marie Consolatrice des Affligés (MCA-Vuhira). Résident dans ce sanctuaire, le prêtre a présidé la messe matinale célébrée dans la chapelle Mater Misericordiae, en invitant les fidèles à méditer sur la sagesse, l’humilité et la fidélité à Dieu.

S’appuyant sur les textes liturgiques du jour, notamment le livre de Qohèleth et l’Évangile selon saint Luc, l’abbé Justin Mupenda a d’abord invité les chrétiens à être attentifs à la manière dont Dieu se manifeste dans leur vie quotidienne. Il a notamment repris la prière du psaume : « Seigneur, fais-nous voir ton amour et donne-nous ton salut », à laquelle l’assemblée répond : « Nous serons dans la joie. »

Pour le prédicateur, les événements de la vie peuvent également devenir des occasions de percevoir l’action de Dieu et de réfléchir à ce qu’il veut enseigner à chacun. Il a ainsi appelé les fidèles à ne pas rester indifférents devant les signes qui les entourent, mais à rechercher dans la foi le sens profond de leur existence.

« L’œil ne se rassasie pas de voir, et l’oreille ne se lasse pas d’entendre »

Revenant sur la première lecture tirée du livre de Qohèleth, l’abbé Justin Mupenda a insisté sur cette affirmation : « L’œil ne se rassasie pas de voir, et l’oreille ne se lasse pas d’entendre. » Il a également rappelé une autre parole centrale de ce texte : « Rien de nouveau sous le soleil. »

Selon lui, cette Parole permet de comprendre que plusieurs réalités vécues par les générations actuelles ont déjà existé dans le passé. Les époques changent, les situations prennent de nouvelles formes, mais certaines tendances humaines demeurent, notamment la recherche de la richesse, du pouvoir, du prestige et de la satisfaction personnelle.

C’est dans cette perspective que le prêtre a évoqué la figure du roi Salomon, présenté dans la tradition biblique comme un homme auquel Dieu avait accordé une grande sagesse.

De la sagesse à la recherche de la puissance : la leçon de Salomon

L’abbé Justin Mupenda a expliqué que l’histoire de Salomon constitue un avertissement pour tout croyant. Celui qui avait reçu la sagesse et qui avait connu une grande gloire s’est progressivement laissé entraîner par d’autres aspirations.

Le prédicateur a notamment évoqué ses nombreuses femmes venues de différents peuples et l’introduction de leurs divinités, qui conduisit Salomon vers l’idolâtrie. À cette évolution se sont ajoutées, selon son explication, la recherche des richesses, du pouvoir et du prestige.

« Son royaume, qui était un royaume de sagesse, est devenu un royaume de puissance et de richesse », a-t-il souligné, avant d’interroger les fidèles sur la place qu’occupent aujourd’hui ces mêmes réalités dans leur propre vie.

Pour l’abbé Justin Mupenda, les richesses matérielles ne sont pas mauvaises en elles-mêmes. Le danger apparaît lorsqu’elles deviennent une priorité absolue et prennent la place qui revient à Dieu.

Il a ainsi invité les chrétiens à se poser une question fondamentale : que faisons-nous de ce que Dieu nous donne ? Les biens matériels, les responsabilités et le pouvoir doivent-ils servir uniquement les intérêts personnels ou peuvent-ils être utilisés au service de Dieu et des autres ?

« Que recherchons-nous dans notre vie ? »

Dans son exhortation, le prêtre a invité chaque chrétien à examiner ses motivations profondes. « Que recherchons-nous dans notre vie ? », a-t-il demandé en substance, en mettant en parallèle deux attitudes : rechercher la sagesse et l’humilité ou poursuivre principalement la richesse et les avantages matériels.

Il a rappelé que la sagesse, les biens matériels et le pouvoir ne suffisent pas à garantir une vie fidèle à Dieu. Selon lui, le chrétien doit demeurer dans l’humilité, la vigilance et la conversion permanente.

L’exemple de Salomon doit ainsi conduire à une remise en question personnelle. Même lorsqu’une personne reçoit de Dieu des capacités, des responsabilités ou des biens, elle doit rester consciente du caractère passager des réalités matérielles.

L’abbé Justin Mupenda a également établi un lien entre la recherche excessive du pouvoir et les divisions. Il a rappelé que le royaume issu de la monarchie de David a finalement été divisé, après le règne de Salomon, en deux royaumes. Pour lui, cette expérience biblique peut également interpeller les sociétés contemporaines confrontées à différentes formes de divisions.L’argent ne doit pas devenir le centre de l’existence

En arrivant dans certains endroits, ces personnes pouvaient être impressionnées par les maisons, les bâtiments et les signes de richesse qu’elles observaient. Cette expérience, selon le prédicateur, permet de réfléchir à la manière dont les apparences matérielles peuvent influencer les aspirations humaines.

Il a alors appelé les chrétiens à se demander ce qu’ils recherchent véritablement lorsqu’ils travaillent, étudient ou exercent une responsabilité.

Pour lui, le problème apparaît lorsque l’argent devient l’unique motivation. Une personne peut commencer par chercher davantage de revenus, puis être entraînée dans une quête permanente de biens et d’avantages matériels.

L’abbé Justin Mupenda a donc invité les fidèles à ne pas faire de l’argent le centre de leur existence.

Travailler tout en gardant confiance en Dieu

L’appel du prêtre ne consiste cependant pas à rejeter le travail ou les biens matériels. Il a plutôt insisté sur la nécessité de travailler tout en maintenant une juste relation avec Dieu.Selon lui, le chrétien doit accomplir fidèlement ce qui lui est confié et utiliser ses capacités pour produire du bien. « Si la main ne travaille pas, elle ne peut pas produire ce qu’elle devrait produire », a-t-il expliqué en substance.

Le travail demeure donc une responsabilité humaine. Mais il ne doit pas conduire à l’idolâtrie de l’argent. Même dans les difficultés, le croyant est appelé à poursuivre ses efforts et à conserver sa confiance en Dieu.

Jésus-Christ n’est pas le chemin de l’enrichissement matériel

L’abbé Justin Mupenda a également attiré l’attention sur l’Évangile du jour, où Hérode cherche à voir Jésus. Il a replacé cette recherche dans une réflexion plus large sur les motivations qui conduisent les hommes à rechercher Jésus-Christ.

Selon lui, certaines personnes peuvent être tentées de se tourner vers Jésus uniquement dans l’espoir d’obtenir des avantages matériels. Or, a-t-il rappelé, la mission du Christ ne consiste pas à enseigner l’amour de l’argent.

Il a également fait référence à l’envoi des disciples en mission, en rappelant les recommandations de Jésus de ne pas emporter avec eux certaines sécurités matérielles, notamment le bâton, le sac, le pain ou l’argent.

À travers cet enseignement, le prédicateur a invité les chrétiens à comprendre que la mission chrétienne repose d’abord sur la confiance en Dieu et non sur l’accumulation des biens.

« La véritable richesse se trouve dans la sagesse, l’humilité et la foi »

Au terme de son homélie, l’abbé Justin Mupenda a appelé les fidèles du sanctuaire MCA-Vuhira à revenir à Dieu et à réexaminer leurs priorités.Il a insisté sur la nécessité de demander au Seigneur la sagesse, l’humilité et la force nécessaires pour ne pas se laisser dominer par la recherche des richesses, du pouvoir ou du prestige.

Pour le prêtre, un chrétien peut ne pas disposer de beaucoup de moyens matériels et pourtant donner un véritable sens à sa vie en servant Dieu avec sincérité. À l’inverse, l’accumulation des biens ne garantit ni la paix intérieure ni la fidélité à Dieu lorsque ceux-ci deviennent des idoles.

L’enseignement de ce jeudi 24 septembre se résume ainsi à une invitation à ne pas confondre richesse matérielle et véritable richesse. Pour l’abbé Justin Mupenda, les biens de ce monde sont passagers, tandis que la sagesse, l’humilité, la foi et le service de Dieu constituent des valeurs appelées à donner une orientation durable à la vie chrétienne.

Cette méditation, proposée depuis la chapelle Mater Misericordiae du sanctuaire diocésain Marie Consolatrice des Affligés MCA-Vuhira, invite ainsi les fidèles à examiner leurs choix, leurs aspirations et la place qu’ils accordent à Dieu au milieu des réalités quotidiennes.

Réginald Karem Been Vasambya

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