L’abbé Simon Pierre Mahamba invite les chrétiens à ne pas relâcher leur vigilance dans leur vie spirituelle, mais à s’armer de la prière, de la foi, de la vérité et de la Parole de Dieu pour résister aux tentations et demeurer fidèles à leur vocation. Il a lancé cet appel au cours de la messe matinale qu’il a célébrée ce jeudi 29 octobre 2026, dans la chapelle Mater Misericordiae du sanctuaire diocésain Marie Consolatrice des Affligés (MCA-Vuhira), à Butembo, dans le diocèse de Butembo-Beni.
Dans son homélie, le prêtre a insisté sur la nécessité, pour chaque chrétien, de prendre au sérieux le combat spirituel, sans pour autant vivre dans la peur du Malin. Il a également exhorté les fidèles à poursuivre leur mission évangélique malgré les obstacles, les intimidations et les personnes susceptibles de les décourager sur leur chemin de foi.
Le chrétien appelé à ne pas baisser la garde
D’entrée de jeu, l’abbé Simon Pierre Mahamba a rappelé que la vie chrétienne ne doit pas être marquée par un excès de confiance en ses propres capacités. Selon lui, les fidèles doivent rester conscients des difficultés spirituelles auxquelles ils sont confrontés et veiller à ne pas se laisser détourner de Dieu.
« Dans notre vie spirituelle, en tant que chrétiens, nous ne devons pas nous croire suffisamment forts au point de baisser la garde », a-t-il souligné, invitant les fidèles à reconnaître la réalité du combat spirituel et à faire preuve de vigilance dans leur conduite quotidienne.
S’appuyant sur l’enseignement de saint Paul dans sa lettre aux Éphésiens, le célébrant a expliqué que le combat du chrétien ne se limite pas aux adversités humaines. Il concerne aussi les forces spirituelles du mal qui cherchent à éloigner l’homme de Dieu.
« Chers frères et sœurs bien-aimés, notre combat n’est pas charnel, mais spirituel », a-t-il rappelé, précisant que celui qui part au combat doit disposer des moyens nécessaires pour résister à l’adversaire.
Pour le prêtre, cette vigilance suppose une vie de foi solide, entretenue par la prière, l’écoute de la Parole de Dieu et la participation aux sacrements de l’Église.
La prière, une arme essentielle dans le combat spirituelParmi les moyens dont dispose le chrétien pour résister au mal, l’abbé Simon Pierre Mahamba a particulièrement insisté sur la prière. Il l’a présentée comme une source indispensable de force spirituelle et un moyen de demeurer en communion avec Dieu dans les moments d’épreuve.
Faisant référence à Jésus-Christ au jardin de Gethsémani, lorsqu’il avait trouvé ses disciples endormis, le célébrant a rappelé l’appel du Seigneur à veiller et à prier pour ne pas entrer en tentation.
« Nous avons l’habitude de dire que notre force réside dans la prière. C’est par elle que nous puisons la force nécessaire pour remporter la victoire spirituelle », a-t-il déclaré.
Il a ainsi invité les chrétiens à ne pas se laisser gagner par la négligence dans leur vie spirituelle. Selon son enseignement, la prière doit accompagner les fidèles dans toutes les circonstances de leur existence, et non être réservée uniquement aux moments de souffrance ou de difficulté.
Le prêtre a également rappelé que saint Paul recommande aux chrétiens de se revêtir de l’armure de Dieu, notamment en s’attachant à la vérité, en pratiquant la justice, en gardant la foi et en se préparant à annoncer l’Évangile.
Le bouclier de la foi, a-t-il expliqué, permet au chrétien de résister aux attaques du Malin. À cet égard, il a évoqué l’avertissement de saint Pierre, qui compare le diable à un lion rugissant à la recherche d’une proie, tout en rappelant que le croyant peut lui résister en demeurant ferme dans la foi.
La Parole de Dieu, une force contre les tentations
L’abbé Simon Pierre Mahamba a ensuite mis en évidence l’importance de la Parole de Dieu dans la vie chrétienne. Pour lui, les fidèles ne doivent pas seulement écouter les Écritures, mais aussi les méditer, les garder dans leur cœur et les mettre en pratique.
Il a pris l’exemple de Jésus au désert, qui a résisté aux tentations en s’appuyant sur la Parole de Dieu. Face aux propositions du tentateur, le Christ a rappelé les enseignements des Écritures, affirmant notamment : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu » et « C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à lui seul tu rendras un culte. »
À travers cet exemple, le célébrant a montré que la connaissance de la Parole divine constitue une ressource essentielle pour discerner le bien du mal et éviter les pièges de la tentation.
Il a encouragé les chrétiens à faire de la lecture de la Bible une habitude quotidienne et à traduire ses enseignements en actes concrets.
« La Parole de Dieu est donc une arme puissante contre le Malin », a-t-il insisté, soulignant que celui qui la lit régulièrement, la garde dans son cœur et la met en pratique trouve en elle une force pour résister aux attaques du mal.
Il a au même moment rappelé que l’annonce de l’Évangile fait partie des responsabilités du chrétien. Celui-ci est appelé à se mettre en marche, à porter la Bonne Nouvelle partout où il se trouve et à témoigner de sa foi par ses paroles et son comportement.
La négligence spirituelle expose le chrétien aux mauvaises habitudes
Au cours de son enseignement, l’abbé Mahamba a déploré le relâchement spirituel de certains chrétiens qui abandonnent progressivement les pratiques destinées à nourrir leur foi.
Il a notamment évoqué les fidèles qui cessent de prier, s’éloignent de l’Église, négligent la lecture de la Bible ou se détachent des sacrements, notamment de la confession et de la communion eucharistique.
Selon le prêtre, cette négligence peut rendre les chrétiens plus vulnérables à leurs faiblesses et favoriser l’installation de comportements contraires à l’Évangile.
Il a cité, entre autres, l’ivrognerie, l’impudicité et le mensonge, autant de comportements qui, selon son exhortation, éloignent l’homme de la volonté de Dieu.
Face à cette situation, il a appelé les fidèles à entretenir leur relation avec le Seigneur et à recourir régulièrement aux moyens spirituels mis à leur disposition par l’Église.
Toutefois, le célébrant a tenu à préciser que la vigilance ne doit pas conduire à une peur excessive du diable ou des esprits mauvais. Le chrétien est plutôt appelé à placer sa confiance dans le Christ, dont la puissance dépasse celle du mal.
« Si la Parole de Dieu habite en nous, si nous nous confessons, si nous recevons la communion et si Jésus-Christ demeure dans notre cœur, nous n’avons pas à nous laisser dominer par la peur », a-t-il enseigné.
Il a ainsi rappelé que la confession et la communion eucharistique, vécues dans une démarche sincère de foi, contribuent à fortifier la relation du chrétien avec Jésus-Christ.
La peur ne doit pas détourner le chrétien de sa mission
Commentant ensuite l’Évangile du jour, l’abbé Simon Pierre Mahamba a attiré l’attention des fidèles sur l’attitude de Jésus face aux menaces d’Hérode. Alors que des pharisiens viennent avertir le Christ que le souverain veut le faire mourir, Jésus ne renonce pas à la mission que son Père lui a confiée.
Le célébrant a présenté cette attitude comme un exemple de courage et de fidélité pour tous ceux qui sont appelés à annoncer la Bonne Nouvelle.
Selon lui, la peur peut devenir un obstacle lorsqu’elle empêche le chrétien d’accomplir la volonté de Dieu ou le pousse à abandonner ses engagements spirituels.
Il a illustré cette réalité par le cas d’une personne qui souhaite évangéliser, mais qui renonce à sa mission après avoir été découragée par des paroles alarmantes ou par la crainte de rencontrer des difficultés.
Pour le prêtre, céder systématiquement à de telles intimidations risque d’empêcher la lumière de l’Évangile d’atteindre les personnes qui en ont besoin.
Jésus, a-t-il expliqué, poursuit son œuvre malgré les menaces. Il guérit les malades, chasse les démons et continue son chemin vers Jérusalem, où il donnera sa vie pour le salut de l’humanité.
L’abbé Mahamba a ainsi exhorté les chrétiens à rester fidèles à leur vocation, même lorsque leur engagement rencontre des oppositions.
« La peur peut révéler une faiblesse dans notre confiance en Dieu. Mais lorsque notre foi est solide, nous trouvons le courage de nous tenir debout, d’avancer et de poursuivre notre mission, malgré les obstacles », a-t-il souligné.
Il a invité les fidèles à se rappeler que leur force ne repose pas uniquement sur leurs capacités personnelles, mais sur leur confiance en Jésus-Christ.
Témoigner de la vérité sans répondre au mal par le mal
Dans la dernière partie de son homélie, l’abbé Simon Pierre Mahamba a abordé les difficultés que peuvent rencontrer les chrétiens lorsqu’ils choisissent de défendre la vérité et de vivre selon les valeurs de l’Évangile.
Il a expliqué que la droiture et le refus du mensonge peuvent parfois susciter des oppositions. Cependant, ces difficultés ne doivent pas conduire les croyants à abandonner leurs convictions ni à répondre à leurs adversaires par la violence.
Le prêtre a insisté sur la nécessité de faire preuve de discernement face aux paroles et aux comportements susceptibles d’affaiblir la foi. Certaines personnes peuvent, volontairement ou non, décourager un chrétien en l’incitant à cesser de prier, à s’éloigner de l’Église ou à renoncer à son engagement évangélique.
Il a donc appelé les fidèles à examiner les situations avec sagesse, en distinguant ce qui les rapproche de Dieu de ce qui risque de les en éloigner.
Toutefois, défendre la vérité ne signifie pas chercher la confrontation. Pour le célébrant, le chrétien doit savoir garder son calme, maîtriser ses réactions et éviter d’alimenter les conflits.
« Nous ne devons pas répondre par la violence, les injures ou les insultes. Nous ne devons pas rendre le mal pour le mal », a-t-il exhorté.
Pour illustrer cette attitude, il a rappelé qu’on ne combat pas le feu en y ajoutant du feu. De même, lorsqu’une personne cherche à provoquer une dispute, le chrétien est appelé à privilégier la patience, la sagesse, la prière et la maîtrise de soi.
Plutôt que de répondre aux insultes par d’autres insultes, l’abbé Mahamba a invité les fidèles à prier pour ceux qui les persécutent et à demander à Dieu de toucher leurs cœurs. Le Christ, source de courage et de victoireEn conclusion, l’enseignement de l’abbé Simon Pierre Mahamba a ramené les fidèles à l’essentiel : la confiance en Jésus-Christ, la persévérance dans la prière et la fidélité à la mission reçue de Dieu.
À travers l’exemple du Christ qui ne s’est pas laissé détourner de son chemin par les menaces d’Hérode, le célébrant a rappelé que les difficultés ne doivent pas constituer une raison d’abandonner la foi ou de renoncer à l’annonce de l’Évangile.
Il a également souligné que la mort et la résurrection de Jésus-Christ constituent le fondement de l’espérance chrétienne. En donnant sa vie et en ressuscitant, le Christ a remporté la victoire sur la mort et ouvert aux hommes le chemin du salut.
L’abbé Mahamba a ainsi invité les chrétiens à demander au Seigneur la vigilance, le discernement et le courage nécessaires pour demeurer fermes dans la foi, quelles que soient les épreuves rencontrées.
Son message appelle les fidèles à conjuguer prière, vie sacramentelle, fidélité à la vérité et annonce de la Bonne Nouvelle. Il les encourage également à ne pas céder à la peur, à éviter les réactions violentes et à répondre aux difficultés par la foi, la patience et la charité.
En définitive, le chrétien est appelé à mener son combat spirituel non par ses seules forces, mais en s’appuyant sur Jésus-Christ, en restant attaché à la Parole de Dieu et en poursuivant fidèlement la mission évangélique qui lui est confiée.
Réginald Karem Been Vasambya