janvier 20, 2026
Paroisse Saint Jean Paul II de Masoya

La foi et l’espérance continuent de se côtoyer dans le sous-secteur de Mausa, situé dans le secteur Lumba, en paroisse Saint Jean-Paul II de Masoya, malgré l’incertitude du lendemain causée par une situation sécuritaire toujours volatile. Cette localité, à l’extrême ouest de Masoya, dans le groupement Mwenye en chefferie de Bashuaghwa, a récemment été le théâtre de violences meurtrières. Plusieurs civils y ont été massacrés dans les périphéries, des attaques attribuées à des hommes armés assimilés aux ADF.

Les rares fidèles restés à Mausa se rendent chaque dimanche à l’église, la peur au ventre. Avant les massacres de Ntoyo, l’église accueillait encore plus de 80 fidèles. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’une trentaine. Une grande partie de la population a fui vers Masoya-centre, Cantine ou encore Butembo.

Selon Monsieur David Muhayirwa, animateur catéchiste du sous-secteur de Mausa, l’insécurité a perturbé la vie pastorale.

« À cause de la situation sécuritaire, plusieurs fidèles se rendent à Masoya pour recevoir certains sacrements. Néanmoins, ils peuvent communier au Saint-Sacrement chaque dimanche », a-t-il expliqué.

Le programme de formation des catéchumènes a été suspendu dans le sous-secteur, et de nombreux jeunes ont déjà trouvé refuge dans d’autres milieux jugés plus sûrs. La population locale, elle, plaide pour le rétablissement de la sécurité.

« Nous demandons aux agents de l’ordre et à nos militaires d’effectuer régulièrement des patrouilles pour nous rassurer de l’accalmie. Cela redonnerait confiance à la population. Les habitants fréquentent encore, tant bien que mal, l’axe Bulendu–Nziapanda, malgré l’état déplorable de la route. Ce qui nous inquiète, c’est l’absence des responsables administratifs dans le milieu. Ils ont fui pour leur sécurité, sauf quelques membres de la société civile et les agents pastoraux. La présence de l’Église catholique demeure notre principal réconfort. Nous croyons qu’un jour, la paix reviendra et que notre avenir sera meilleur », poursuit David Muhayirwa.

Notre interlocuteur déplore également la fermeture de l’unique école du sous-secteur, conséquence directe de l’insécurité qui a poussé de nombreuses familles à fuir.

« Plusieurs enfants ont quitté le milieu car ils sont les plus vulnérables pendant la guerre. Les adultes peuvent parfois s’échapper, mais les enfants sont exposés à de grands dangers », regrette-t-il.

Enfin, l’animateur catéchiste exhorte les fidèles à demeurer dans la foi et la prière, tout en restant vigilants.

« Ce moment d’épreuve doit nous rapprocher davantage du Seigneur. Restons confiants et persévérants», a-t-il insisté.

Kakule Kamaliro

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