Le mois missionnaire d’octobre a été lancé sous le signe de la conversion, de la responsabilité et de la fidélité à Dieu au sanctuaire diocésain Marie Consolatrice des Affligés (MCA-Vuhira). Au cours de la messe dominicale célébrée ce dimanche 4 octobre 2026, l’abbé Simon Pierre Mahamba a exhorté les fidèles à devenir de véritables intendants des biens de Dieu et à produire des fruits de justice, de paix et d’amour.
Dans son homélie, le célébrant a d’abord rappelé que le mois d’octobre est traditionnellement consacré à la Vierge Marie et aux missions. Il a invité les fidèles à intensifier leurs prières pour les missionnaires et à demander au Seigneur d’envoyer davantage d’ouvriers dans sa moisson.
Cette célébration a également coïncidé avec la commémoration du 26ᵉ anniversaire du rappel à Dieu de Mgr Emmanuel Kataliko, ancien évêque du diocèse de Butembo-Beni, ainsi qu’avec la mémoire liturgique de saint François d’Assise. Pour l’abbé Simon Pierre Mahamba, ces deux figures demeurent des modèles de fidélité à l’Évangile et de service désintéressé de l’Église.
« Une personne se reconnaît aux fruits de ses œuvres », a-t-il souligné, invitant les fidèles à poursuivre l’héritage spirituel et pastoral laissé par Mgr Emmanuel Kataliko.
S’appuyant sur les lectures du 27ᵉ dimanche du Temps ordinaire, le prédicateur a développé le thème de la vigne du Seigneur. Il a rappelé que, dans la Bible, la vigne symbolise le peuple de Dieu, mais aussi la grâce, la bénédiction et la fécondité que Dieu accorde à ceux qui lui demeurent fidèles.Selon lui, Dieu est le propriétaire de cette vigne. Il la protège, l’entoure de soins et attend d’elle des fruits de justice, de vérité et de droiture. Pourtant, a-t-il regretté, les hommes produisent souvent des fruits contraires à la volonté divine.
« Dieu nous aime, nous protège et nous comble de ses bienfaits. Mais au lieu de produire des fruits de paix et d’amour, nous apportons parfois la division, les conflits et la souffrance », a-t-il déploré.
Face aux violences qui secouent encore certaines régions du pays, l’abbé Simon Pierre Mahamba a invité chacun à un examen de conscience. Il a rappelé que les auteurs de l’injustice et de l’insécurité ont souvent reçu, eux aussi, le baptême et entendu la Parole de Dieu.
« Quels fruits produisons-nous dans nos familles, dans nos communautés, dans l’Église et dans notre nation ? Apportons-nous la joie ou la tristesse, la paix ou la division ? » s’est-il interrogé.
Commentant ensuite la parabole des vignerons homicides dans l’Évangile, le prêtre a insisté sur la responsabilité confiée par Dieu à chaque personne. Il a expliqué que Dieu n’abandonne jamais son peuple, mais qu’il lui confie la gestion de ses biens avec confiance.
« Le monde appartient à Dieu. L’Église appartient à Dieu. Nos familles appartiennent à Dieu. Nos vies elles-mêmes appartiennent à Dieu. Nous n’en sommes pas les propriétaires, mais les intendants », a-t-il déclaré.
Pour lui, le drame des mauvais vignerons est d’avoir oublié qu’ils n’étaient que des serviteurs. Ils ont fini par se comporter comme des propriétaires et ont refusé de remettre au maître les fruits qui lui revenaient.
L’abbé Simon Pierre Mahamba a établi un parallèle avec la société actuelle, où certaines personnes utilisent les responsabilités qui leur sont confiées pour servir leurs intérêts personnels plutôt que le bien commun.
« Toute responsabilité exige de rendre compte. Le responsable d’une institution doit rendre compte de sa gestion. Le curé rend compte à son évêque, l’évêque au Saint-Père, et tous rendront compte devant Dieu », a-t-il rappelé.
Le prédicateur a également dénoncé la tentation de s’approprier les biens publics, les richesses du pays ou encore les responsabilités ecclésiales comme s’il s’agissait d’une propriété privée.
« Rien ne nous appartient. Tout est un don de Dieu. Refuser de rendre compte, c’est oublier que nous sommes des serviteurs », a-t-il insisté.
Revenant sur le message central de l’Évangile, l’abbé Simon Pierre Mahamba a souligné que Dieu, dans son infinie patience, continue d’envoyer ses messagers malgré les refus et les rejets. Après les prophètes, il a envoyé son Fils unique, Jésus-Christ, qui a lui aussi été rejeté, condamné et crucifié.
Toutefois, a-t-il rappelé, la mort n’a pas eu le dernier mot. Par sa résurrection, le Christ a accompli le plan du salut et est devenu la pierre angulaire sur laquelle repose toute la vie chrétienne.
« Sans le Christ, notre vie perd sa solidité. Sans Dieu, la vie perd son sens », a-t-il affirmé.
En conclusion, le célébrant a invité les fidèles à accueillir la Parole de Dieu avec foi, à reconnaître Jésus-Christ comme la pierre angulaire de leur existence et à produire des fruits de conversion, de justice, de paix et de sainteté.
Par l’intercession de la Vierge Marie, de saint François d’Assise et de Mgr Emmanuel Kataliko, il a exhorté les chrétiens à demeurer fidèles à leur mission afin qu’au terme de leur vie, ils puissent présenter au Seigneur une abondante récolte de bonnes œuvres et entrer dans son Royaume.
Réginald Karem Been Vasambya