avril 20, 2026

Dix ans après sa disparition tragique, le père Vincent Machozi reste vivant dans la mémoire collective. Une messe a été célébrée vendredi 20 mars 2026, au secteur de Vitungwe, pour honorer cet homme engagé. La célébration eucharistique a été présidée par le révérend abbé Valéry Katsunge, curé de la paroisse Règne des Anges de Bunyuka, entouré de trois autres prêtres.

Dans son homélie, le célébrant a rappelé que le père Machozi fut un véritable éveil de conscience pour son époque. Selon lui, son franc-parler et son engagement pour la vérité et la justice ont fait de lui une cible. L’abbé Valéry Katsunge a également souligné que l’illustre disparu avait profondément incarné l’Évangile, à l’image de Jésus-Christ, allant jusqu’au sacrifice pour dénoncer les réalités sociales et sécuritaires de la République démocratique du Congo.

Au sortir de la messe, Monsieur Omege Viseso, premier vice-président du Kyaghanda Yira en ville de Butembo, a expliqué que ce pèlerinage vise à perpétuer la mémoire du père Machozi, qu’il qualifie d’homme de développement et de héros de la culture Yira.

« Nous avons fait aujourd’hui un pèlerinage pour venir, encore une fois, commémorer la mémoire du père Vincent Machozi, lâchement assassiné pour avoir lutté contre la balkanisation de la République démocratique du Congo, pour avoir lutté contre ceux qui veulent exterminer une population ou une tribu. Chaque année, nous commémorons pour rappeler à nos enfants et aux générations montantes que nous ne devons pas nous fatiguer, car nous avons appris qu’on venait de tuer notre baobab », a-t-il déclaré.

Sur place, plusieurs fidèles ont également livré leurs témoignages. Tous reconnaissent que la disparition du père Machozi a laissé un vide immense dans sa communauté d’origine. Toutefois, ils s’engagent à poursuivre son combat pour la vérité, la justice et la promotion de la dignité humaine.

« Aujourd’hui, nous avons jugé utile de venir nous incliner là où il a été assassiné ; c’est un signal fort. C’est un résistant, un martyr de la résistance. Nous avons eu l’occasion d’évoluer à ses côtés de 2008 à 2016, date de son assassinat. Ce que nous avons retenu de lui, c’est un homme sans peur, dont le combat était centré sur la lutte contre la balkanisation, contre les massacres et contre cette stratégie de dépeuplement. Il était convaincu que les guerres qui nous sont imposées visent à nous chasser de nos terres. Nous gardons un très bon souvenir de notre frère, le père Vincent Machozi, car pour nous, il était un homme de développement. À Vitungwe, par exemple, il avait sensibilisé la population à planter des bananiers, notamment les “bitika”. Il avait déjà la vision que ces cultures pourraient, en une ou deux décennies, générer des revenus », ont-ils témoigné.

Le père Machozi, assomptionniste, avait été tué dans la nuit du 20 au 21 mars 2016, dans l’enceinte du centre social « Mon Beau Village », alors qu’il était invité par le chef de la chefferie des Bashu à prendre part à une réflexion sur la paix. Cette rencontre avait été convoquée par ce chef coutumier.

Sylvie Kaswera

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