« Tous appelés à devenir la bonne terre ». C’est autour de ce thème que Mgr Melchisédech Sikuli Paluku a centré son homélie ce dimanche 12 juillet 2026, à l’occasion du 15ᵉ dimanche du Temps ordinaire (Année A). L’Évêque du diocèse de Butembo-Beni a présidé la troisième messe célébrée en l’église paroissiale de l’Université Catholique du Graben (UCG), au cours de laquelle il a administré le sacrement de confirmation à 165 fidèles. Dans son enseignement, l’Ordinaire du lieu a invité les chrétiens à accueillir la Parole de Dieu avec un cœur disponible afin qu’elle produise des fruits abondants de foi, de justice, de paix et de charité.
Mgr Sikuli a d’abord commenté la première lecture tirée du livre du prophète Isaïe, mettant en évidence la puissance de la Parole de Dieu qui transforme la vie des hommes. Il a rappelé que la Parole divine ne retourne jamais à Dieu sans avoir produit les effets pour lesquels elle a été envoyée.
« Quand Dieu parle, sa parole produit du fruit parce qu’elle est une force créatrice, transformatrice et libératrice », a souligné le prélat devant les fidèles rassemblés.
S’appuyant ensuite sur l’Évangile du jour relatant la parabole du semeur, l’Évêque de Butembo-Beni a expliqué que le semeur généreux qui répand abondamment sa semence représente Dieu lui-même. Cette image traduit, selon lui, l’amour universel du Seigneur qui offre sa Parole à tous sans distinction.
« Dans la parabole du semeur, tous les terrains reçoivent la semence. Cela signifie que l’amour de Dieu est destiné à toute l’humanité. Dieu ne cesse jamais de semer sa Parole dans le cœur des hommes », a-t-il affirmé.
Les quatre terrains, image de nos cœurs
Développant l’enseignement de Jésus, Mgr Sikuli a expliqué que les quatre terrains évoqués dans la parabole représentent les différentes attitudes humaines face à la Parole de Dieu.
« Jésus parle d’abord du grain qui tombe au bord du chemin. Sur ce sol dur, il ne peut germer. Ce terrain représente l’homme au cœur fermé, qui refuse d’accueillir la Parole de Dieu parce qu’elle ne l’intéresse pas », a-t-il expliqué.
Le deuxième terrain, celui des pierres, symbolise les personnes qui accueillent la Parole avec enthousiasme mais dont la foi manque de profondeur.
« Le grain y germe rapidement, mais ses racines ne peuvent pas trouver l’humidité nécessaire à son développement. Il finit alors par se dessécher sous l’ardeur du soleil. Cette situation correspond à ceux qui accueillent la Parole de Dieu avec joie, mais qui abandonnent leur foi face aux difficultés et aux épreuves », a-t-il enseigné.
Quant au troisième terrain, envahi par les épines, il représente les cœurs étouffés par les préoccupations du monde.
« Les ronces symbolisent les préoccupations excessives qui étouffent la Parole de Dieu : les soucis de ce monde, la recherche effrénée du pouvoir, l’égoïsme, la corruption et toutes les formes d’attachement qui éloignent de Dieu », a poursuivi l’Évêque.
La bonne terre, signe d’une foi féconde
Pour Mgr Sikuli, la bonne terre représente les personnes qui accueillent la Parole de Dieu avec sincérité et persévérance.
« La bonne terre représente les cœurs humbles et généreux, les familles fidèles, les jeunes engagés ainsi que les communautés chrétiennes qui persévèrent malgré les difficultés. Ce sont ceux qui accueillent la Parole de Dieu, la gardent dans leur cœur et la mettent en pratique dans leur vie quotidienne », a-t-il déclaré.
Selon lui, le message central de cette parabole est un appel adressé à chaque croyant à devenir cette terre fertile où la Parole de Dieu peut prendre racine, grandir et produire des fruits abondants.
« Jésus nous invite donc à devenir cette bonne terre où la Parole de Dieu peut prendre racine, grandir et porter beaucoup de fruits pour le bien de tous », a-t-il insisté.
L’Ordinaire du lieu a également souligné que l’apparente abondance de la semence répandue partout ne traduit pas un gaspillage, mais plutôt la générosité infinie de Dieu.
« Quand on aime vraiment, on ne calcule pas. On donne tout et on espère tout. C’est exactement ce que Dieu a fait pour nous en envoyant son Fils unique, Jésus-Christ, afin de nous sauver du péché et de la mort », a-t-il rappelé.
Une invitation à la conversion et à la transformation de la société
Commentant la deuxième lecture de saint Paul, Mgr Sikuli a rappelé que les baptisés ont été libérés par le Christ et appelés à vivre selon l’Esprit Saint.
Il a invité les fidèles à examiner la qualité du terrain de leur cœur et à se laisser transformer par la Parole de Dieu plutôt que de la laisser être étouffée par les peurs, les préoccupations excessives ou les attachements désordonnés.
« Le terrain, qu’il soit bon ou mauvais, c’est chacun de nous. Nous sommes donc appelés à nous interroger sur la qualité du terrain de notre cœur », a-t-il déclaré.
L’Évêque a également mis en lumière les fruits que doit produire la bonne terre : la générosité, le partage, l’accueil de l’autre, le pardon, la paix, la justice et la fraternité.
« Il s’agit de nous laisser transformer par une conversion sincère au Christ, de changer le chemin des divisions en un chemin de fraternité et de promouvoir partout la vérité et la justice », a-t-il exhorté.
Poursuivant sa réflexion, Mgr Sikuli a invité les chrétiens à contribuer à la construction d’une société plus humaine.
« Il s’agit de maintenir vivante dans les cœurs des hommes et des femmes de notre temps la volonté de transformer la société humaine en une demeure où il y a de la place pour tous, où il fait bon vivre, parce qu’elle est fondée sur la vérité, la justice, la charité et la liberté », a-t-il souligné.
Des semeurs de la Bonne Nouvelle dans le monde d’aujourd’hui
En conclusion, le Pasteur de Butembo-Beni a rendu grâce à Dieu pour le don de sa Parole et a rappelé la mission confiée à tous les baptisés.
« À la suite du Christ, notre divin Maître, nous sommes baptisés et envoyés pour être des semeurs de la Bonne Nouvelle et proposer la foi aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui », a-t-il affirmé.
Dans une prière fervente pour les familles, les communautés chrétiennes et le pays, il a demandé au Seigneur d’arracher les pierres et les ronces qui empêchent la Parole de porter du fruit.
« Par l’Esprit Saint, que le Seigneur ôte de nos cœurs, de nos familles, de nos communautés, de nos vies et de notre pays les pierres et les ronces qui les rendent stériles », a prié Mgr Sikuli.
Confiant cette intention à l’intercession de la Sainte Vierge Marie, Mère de l’Église, l’Évêque a souhaité que chaque fidèle devienne une terre fertile capable de faire grandir autour de lui la charité, la justice, la réconciliation et la paix.
La célébration a été marquée par la confirmation de 165 fidèles, appelés eux aussi à accueillir la Parole de Dieu avec un cœur disponible et à témoigner de leur foi dans leurs familles, leurs communautés et la société, afin que l’Évangile continue de porter des fruits abondants dans le diocèse de Butembo-Beni.
Reginald Karem Been Vasambya