La ville de Butembo est confrontée à un double défi. Il s’agit de la dégradation de ses rues et avenues ainsi que l’insalubrité qui se manifeste par l’accumulation d’immondices dans plusieurs quartiers. Constatant cette réalité, Mgr Sikuli Paluku Melchisédech a lancé un appel aux habitants de Butembo afin qu’ils s’engagent dans la préservation de la propreté urbaine.
Dans son message, prononcé avant la fin de la messe de profession de vœux à la cathédrale Mater Ecclesiae, le samedi 9 août 2025, Mgr l’Évêque a rappelé que l’entretien des routes et la propreté des espaces publics ne relèvent pas uniquement de la responsabilité des autorités, mais aussi de celle de chaque citoyen. Il a insisté sur le fait que combler les trous dans les rues et débarrasser la ville des tas d’ordures est une action concrète pour améliorer la circulation, préserver la santé publique et embellir l’ image de Butembo.
Reprenant les mots du pape François sur la sauvegarde de « notre maison commune », l’ordinaire du lieu a exhorté chacun à agir pour protéger la planète. Il a en outre appelé les autorités locales à s’engager davantage pour maintenir la ville propre.
« À mon retour de Kinshasa, j’ai constaté que la ville de Butembo était sale, pleine de trous et marquée par d’autres éléments qui détruisent l’environnement. Elle s’est encore plus dégradée, donnant l’impression d’une ville abandonnée par ses habitants. Les nids-de-poule, la saleté… tout cela ne peut nous apporter ni paix ni sécurité. Lorsque nous laissons cette saleté s’accumuler, la première conséquence est l’apparition de maladies, et ces maladies sont sources de souffrance et de désolation. Beaucoup pensent que la préservation de l’environnement est uniquement la responsabilité du maire. Certes, c’est l’une de ses missions, mais chacun doit se demander : depuis que je vis à Butembo, la ville a-t-elle un meilleur visage ou s’est-elle encore détériorée ? Ceux qui travaillent aux côtés du maire dans son administration devraient également se poser cette question. Le Saint-Père François nous rappelle qu’il faut vivre dans un environnement sain. Dieu nous a donné la beauté des montagnes, des vallées, des forêts et des rivières, et tout cela contribue à notre vie. Mais lorsque nous détruisons ces richesses, nous nous détruisons nous-mêmes, car nous portons atteinte à notre maison commune », a-t-il déclaré.
Il convient de rappeler que l’évêque de Butembo-Beni n’en est pas à son premier appel en faveur de l’écologie. Déjà, le mardi 15 avril 2025, lors de la messe chrismale à la cathédrale, le Père Évêque avait exhorté les prêtres et autres agents pastoraux à aborder régulièrement les questions environnementales dans leurs homélies et rencontres pastorales. Quelques jours plus tard, le dimanche 20 avril, fête de Pâques, au cours de la première messe qu’il présidait dans sa cathédrale, il avait invité les chrétiens et l’ensemble des habitants de Butembo à prendre soin de leur ville afin de prévenir les dangers liés à la dégradation écologique.
Cet engagement local s’inscrit dans la ligne des orientations du pape François qui, en octobre dernier, a énuméré sept nouveaux péchés, dont celui « contre la création ». Ce péché, qualifié de crime contre les générations futures, se manifeste par des comportements de pollution, de destruction de l’équilibre environnemental, de violation des principes d’interdépendance, et par la rupture des liens de solidarité entre les créatures.
Réginald Karem Been Vasambya