Les disciples de Simon Kimbangu ont célébré une double commémoration, ce 6 avril 2026 : la fête de Pâques et le 105e anniversaire de leur confession religieuse, initiée le 21 avril 1921. Une œuvre aujourd’hui reconnue dans toute la République Démocratique du Congo, au point que le gouvernement a déclaré cette date comme journée « Chômer et Payer ».
À Butembo, les fidèles ont entamé leur journée par une marche processionnelle sur l’avenue Président de la République avant de converger vers leur paroisse située au quartier Matanda, cellule Vuhima, pour le culte solennel.
Le pasteur Baseme Mupanza a saisi cette occasion pour exhorter l’assemblée :
« Considérant cette journée comme nos Pâques, je vous enjoins à ne jamais adorer d’autres dieux, mais à reconnaître le seul vrai Dieu, Créateur du ciel et de la terre. »
Monsieur Muhindo Isaac Kisatiro, secrétaire urbain de l’Église kimbanguiste de Butembo, a exprimé sa gratitude aux autorités pour l’institutionnalisation de cette journée. Il a cependant émis quelques réserves :
« L’Église a pour mission de prier pour le pays – c’est là son rôle premier. Nous n’avons pas les moyens dont dispose l’État, c’est pourquoi nous accompagnons les autorités congolaises sur le plan spirituel. Malgré l’ordonnance présidentielle, nous constatons que certains Congolais peinent à respecter cette décision. Pourtant, lorsqu’une mesure émane du chef de l’État, elle s’impose à tous. Il est regrettable que certains continuent à ignorer cette journée commémorative. Avec le temps, ils réaliseront son importance, tout comme nous honorons aujourd’hui les héros Lumumba et Laurent-Désiré Kabila. Nous avons le devoir d’honorer nos propres héros. »
Rappel historique Simon Kimbangu avait trouvé sa vocation en 1921, commençant à prêcher sur le destin du Bas-Congo. Son message protestataire contre la colonisation et sa prédication d’un renversement des pouvoirs (« L’homme noir deviendra blanc, l’homme blanc deviendra noir ») lui valurent une arrestation par les autorités coloniales. Il mourut en détention à Élisabethville (actuelle Lubumbashi) en 1951, laissant derrière lui un mouvement religieux qui compte aujourd’hui des millions d’adeptes.
Muhasa Ghislain