L’œuvre de l’éducation n’est pas une œuvre d’une seule personne. Il faut que chacun prenne en main la cause de l’enseignant. Recommandation faite par le chancelier de l’Evêque de Butembo-Beni, Monsieur l’Abbé Mumbere Matsungu Ignace. Il s’est confié à rtmca.net, mercredi 30 avril 2025 après la messe qu’il a présidée en paroisse Cœur Immaculée de Marie de Kitatumba. C’était en marge de la journée nationale de l’enseignant congolais. L’abbé appelle aussi les enseignants à éduquer pour transformer, comme l’a indiqué dans son message à l’occasion de cette journée, la ministre de tutelle.
Tout au départ, l’abbé chancelier du diocèse de Butembo-Beni a indiqué que célébrer l’enseignement national, c’est célébrer la place et le rôle de l’enseignement dans la vie d’une société. Pour lui, l’enseignement est la priorité des priorités pour le développement intégral d’un pays. En saluant la bravoure des enseignants de l’Est de la RDC qui exercent leur travail dans un contexte de l’insécurité, le révérend Abbé Ignace Mutsungu a apprécié le service rendu par cet enseignant. Malgré les conditions déplorables dans les zones occupées par les rebelles du M23 et celles secouées par l’activisme des terroristes de l’ADF, l’enseignant se démarque toujours par son patriotisme, a renchérit l’Abbe Ignace.
« La célébration de l’enseignement national a un triple sens. Tout d’abord, célébrer l’enseignement national, c’est célébrer la place et le rôle de l’enseignement dans la vie d’une société. C’est rappeler que l’enseignement est la priorité des priorités pour le développement d’un pays. Il n’y a pas de développement humain intégral s’il n’y a pas d’enseignant. Chaque personne doit reconnaitre qu’elle est devenue ce qu’elle est grâce aux mains qui l’ont façonnée. Et ce sont les mains d’un enseignant » ; a-t-il reconnu en rappelant que : « La célébration du 30 avril est une occasion de réfléchir sur les voies et moyens pour améliorer les conditions de l’enseignant et des infrastructures aussi d’enseignement. Dieu seul sait comment les enseignants survivent puisqu’il y en a ceux qui n’ont plus accès à leur salaire. Alors c’est une occasion de faire un plaidoyer ensemble pour que les conditions de travail de l’enseignant puissent s’améliorer.»
Enumérant les trois langages de l’art de l’enseignement que l’Eglise propose à l’enseignant, le ministre de Dieu a fait savoir que dans les conditions difficiles, l’enseignant doit être animé toujours du courage et de l’alliance éducative.
« Aujourd’hui l’Eglise propose d’articuler les trois langages quand on enseigne : le langage de l’esprit, le langage du cœur et le langage des mains. Il ne s’agit pas seulement de transmettre un contenu. Il s’agit de transformer la vie. Quand nous voudrions exercer notre ministère, il faut d’abord savoir à quoi il consiste. Il ne s’agit pas de faire ce qu’on veut. Il s’agit de transformer la vie des personnes. Alors, dans un contexte de crise, de guerre ; il ne faut jamais se décourager, il ne faut jamais lancer la balle à quelqu’un d’autre. Il faut plutôt donner du sien, le meilleur de soi-même. Et pour ça, nous avons à féliciter nos enseignants. Il faut aussi prendre soin de ceux qui sont déplacés. Par exemple, les enseignants déplacés » ; a-t-il conseillé dans son message.
Au terme de son entretien avec notre media en ligne, le serviteur de Dieu a souligné que Dieu est le modèle parfait de l’enseignant, car d’après lui, Dieu utilise une pédagogie concrète. Ainsi l’abbé chancelier de l’Evêque de Butembo-Beni appelle les enseignants à être le sel de la terre, tout en se confiant en Jésus-Christ.
Il convient de rappeler que la journée nationale de l’enseignant a été célébrée cette année sous une méditation dans plusieurs coins du diocèse, surtout dans sa partie orientale déchirée par la guerre.
Sylvie Kaswera