La crise humanitaire que traversent les déplacés de guerre à Kasindi, en territoire de Beni (Nord-Kivu), continue de susciter de vives inquiétudes. Un appel pressant est lancé en faveur d’une assistance urgente à ces populations vulnérables. Ce plaidoyer est porté par Aimé Mukanda Mbusa, notable et défenseur des droits humains, également porte-parole du comité des déplacés de guerre. Il s’est exprimé ce jeudi 9 avril 2026.
Selon notre source, se référant aux données de l’organisation sans but lucratif Mission de compassion aux opprimés et aux vulnérables (MCOV), près de 15 000 déplacés de guerre ont été enregistrés dans la région de Kasindi. Parmi eux, environ 5 000 femmes et 1 700 enfants vivent dans des conditions particulièrement difficiles au sein de familles d’accueil.
Ces déplacés sont répartis dans quatre aires de santé, notamment Kangahuka, Lubiriha, Kasindi et la zone frontalière.
Malgré les alertes répétées depuis la dernière vague de déplacements survenue en février 2025, la réponse humanitaire reste en deçà des besoins réels observés sur le terrain.
« L’absence prolongée d’assistance aggrave, jour après jour, la souffrance de ces populations déjà traumatisées par la guerre et les déplacements forcés », a déclaré Aimé Mukanda Mbusa.
Face à cette situation, il appelle les autorités à prendre des mesures urgentes et concrètes afin de renforcer la réponse humanitaire, mobiliser les partenaires et garantir une assistance coordonnée, régulière et adaptée aux besoins prioritaires des populations affectées.
Il invite également la communauté internationale, notamment le Conseil de sécurité des Nations unies, à s’impliquer davantage pour mettre fin aux violences et sanctionner les auteurs de violations des droits humains.
Au-delà de Kasindi, la crise humanitaire touche l’ensemble de la province du Nord-Kivu, où plus d’un million de déplacés de guerre vivraient dans des conditions précaires.
Des interrogations persistent quant à l’efficacité du couloir humanitaire. Les acteurs locaux se demandent s’il faut attendre la réouverture de l’aéroport de Goma pour que l’aide humanitaire parvienne aux populations victimes de cette guerre.
Par ailleurs, ils dénoncent une gestion jugée inéquitable des ressources générées par la douane de Kasindi, considérée comme le troisième poste frontalier du pays en termes de recettes. Selon eux, ces ressources ne profiteraient pas suffisamment aux populations locales, y compris aux déplacés.
La situation des femmes déplacées demeure particulièrement préoccupante, plusieurs d’entre elles étant exposées à des risques sanitaires accrus.Face à cette urgence humanitaire, des voix s’élèvent pour exiger une intervention rapide et efficace en faveur des déplacés de Kasindi et de ses environs.
Notons que la situation d’insécurité persistante dans la partie orientale de la République démocratique du Congo contraint, depuis plusieurs années, de nombreuses familles à fuir leurs domiciles pour se réfugier dans des zones jugées plus sûres.
Réginald Karem Been Vasambya