Quarante jours après la Nativité du Seigneur, l’Église a célébré la fête de la Présentation de Jésus au Temple, une solennité traditionnellement dédiée aux personnes consacrées. Cette célébration a été vécue avec ferveur dans le diocèse de Butembo-Beni, où les différentes familles religieuses œuvrant dans le diocèse ont répondu massivement à ce rendez-vous spirituel. Les consacrés se sont rassemblés dans les trois zones pastorales du diocèse.
À Butembo-centre, les religieux, religieuses et autres personnes consacrées ont prié à la paroisse Notre-Dame du Mont Carmel de Mukuna. La messe solennelle a été présidée par Son Excellence Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech, évêque de Butembo-Beni, entouré de plusieurs prêtres, dont le père Benjamin Byanjia, président de la Conférence des Supérieurs Majeurs (COSUMA), le père Jean-Paul Musangania, supérieur provincial des Augustins de l’Assomption, ainsi que de nombreux autres prêtres.
La célébration a débuté par la bénédiction des cierges par l’évêque. Réunis comme une seule famille, les consacrés, rejoints par de nombreux fidèles laïcs, ont suivi avec recueillement la liturgie de la Parole.
Dans son homélie, Mgr Sikuli Paluku Melchisédech a rappelé que la vie consacrée est fondamentalement une offrande suprême. Il a invité les consacrés à placer leur vie entre les mains de Dieu, dans un amour total et un abandon confiant, pour le salut du monde. Inspirés par le don bouleversant du Christ, ils sont appelés à se donner sans réserve et à tout abandonner pour marcher à sa suite.
Selon l’évêque, la vocation des consacrés les place au cœur même du mystère de l’Église. Par la profession des vœux, ils proclament que Dieu seul suffit et que le Royaume des cieux est déjà présent et en croissance parmi nous. Citant le pape Léon XIV, il a exhorté les consacrés à être des semences de paix, d’espérance et d’espérance active, rappelant que Dieu n’abandonne jamais son peuple. Il leur a exprimé la profonde gratitude du diocèse pour leur engagement et leur témoignage.
Dans un monde marqué par l’incertitude, les guerres et les conflits, Mgr l’Évêque a invité les consacrés à être des artisans de paix et de réconciliation.
« La paix n’est pas l’absence de conflit ; elle naît de la rencontre, de la fraternité vécue et de la justice. Elle ne naît pas de l’opposition, mais de la responsabilité partagée, vécue dans l’harmonie et l’amour », a-t-il souligné. Il les a également encouragés à être des signes visibles de l’amour de Dieu dans les milieux de fragilité.
« Que votre vie soit une semence qui porte du fruit malgré les épreuves. Posez des choix judicieux pour l’avenir, soyez des témoins de la paix et de la réconciliation, des défenseurs de la dignité humaine là où elle est blessée. Pour votre fidélité, votre prière et vos sacrifices connus de Dieu, notre gratitude est immense», a-t-il exhorté.
L’évêque a par ailleurs encouragé les jeunes à ne pas avoir peur de répondre à l’appel du Christ et à s’engager avec courage sur le chemin de la vie consacrée. Il a renouvelé, avec un ton paternel, sa reconnaissance à tous les religieux et religieuses pour leur service au sein du diocèse, leur souhaitant une bonne fête.
Après l’homélie, le président de la COSUMA a présidé la cérémonie du renouvellement des engagements des consacrés, qui ont professé leurs vœux, cierges allumés en main.
Les religieux et religieuses ont exprimé leur fierté de servir le Seigneur au sein de leurs familles religieuses respectives. D’autres célébrations similaires ont eu lieu dans les zones pastorales sud et nord du diocèse.
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Il convient de noter que cette 30ᵉ Journée de la vie consacrée a été célébrée dans un contexte sécuritaire préoccupant, marqué par la guerre d’agression attribuée au Rwanda et l’activisme des groupes armés, notamment le M23. Certaines paroisses dirigées par des religieux, surtout dans la zone pastorale sud du diocèse, sont sous le contrôle de ces groupes. Récemment, la paroisse assomptionniste de Kahamba a annoncé la suspension de ses activités pastorales en raison de l’insécurité persistante dans le doyenné de Masoya, à l’ouest de la ville de Butembo. La zone pastorale nord n’est pas non plus épargnée.
Pour rappel, il y a plus d’une dizaine d’années, trois prêtres assomptionnistes ont été portés disparus dans cette région, sans que l’on ait jusqu’à ce jour de leurs nouvelles.
La célébration s’est clôturée dans une ambiance festive et fraternelle à la salle Lestonnac, marquant ainsi une journée de foi, d’espérance et de communion ecclésiale.