L’Église Anglicane du diocèse du Nord-Kivu, par la voix de son pasteur, Monseigneur Isse-Somo, a réagi à l’arrêté ministériel autorisant le maintien des filles enceintes dans les établissements scolaires, malgré leur état de grossesse. Pour lui, une telle décision est inacceptable dans les écoles conventionnées anglicanes.
Dans une déclaration ferme, Monseigneur Isse-Somo s’est opposé à cet arrêté, qui suscite des réactions à travers toute la République démocratique du Congo. « Il est impossible de maintenir une fille enceinte non mariée à l’école, car celle-ci est un lieu d’éducation morale », a-t-il affirmé.
L’évêque anglican estime que cet arrêté risque de démoraliser les jeunes filles encore scolarisées. Il a exprimé sa préoccupation : « Dans nos écoles, les filles sont plus nombreuses que les garçons. Imaginez qu’elles tombent toutes enceintes : que deviendra l’école ? Une maternité ? »
Il poursuit :
« Le message autorisant les filles enceintes à continuer leurs études nous a profondément touchés. Nous savons que dans nos établissements, les filles sont majoritaires. Prenons un exemple : dans une école avec 509 filles, si toutes tombaient enceintes, que deviendrait cette école ? Comment ces filles, une fois mères, pourraient-elles poursuivre les études ? Viendront-elles avec leurs bébés à l’école ? Ce serait une confusion totale. »
Face à cette situation, Monseigneur Isse-Somo appelle les autres responsables d’églises à ne pas céder à ce qu’il qualifie de manipulation de la part des autorités éducatives nationales. Selon lui, cette décision met en péril les fondements de l’éducation.
« J’ai vraiment été très déçu, car l’école doit rester un lieu de bonne éducation. Or, cette autorisation semble vouloir transformer l’école en un lieu de démoralisation. En tant que responsable de l’Église, je pense que nous devons gérer nos écoles avec prudence. Il faut rester vigilants et ne pas accepter n’importe quelle décision, même si elle vient de la hiérarchie », a-t-il conclu.
Notons que cet arrêté ministériel continue de susciter de vives réactions au sein de la population, certains craignant qu’il ne compromette l’avenir de l’éducation en RDC.
Tatiana Vingi