Septembre, Mois de la Bible dans l’Église universelle. Ce mardi 16 septembre 2025, une question revient avec insistance : que signifie le mot « Bible » et qu’est-ce que la Bible ? Pour y répondre, nous nous appuyons sur les enseignements du Révérend Abbé Oswald Kambale Kibonde, aumônier diocésain des jeunes catholiques du diocèse de Butembo-Beni. Ses interventions, diffusées chaque samedi sur les ondes de la RTMCA, offrent des éclairages précieux.

Dès le début de son émission, l’abbé Oswald Kibonde a exhorté les fidèles à posséder une Bible, la Parole de Dieu, pour nourrir leur esprit : « De la même manière que tu rassasies ton corps, tu dois aussi rassasier ton âme », a-t-il déclaré, en rappelant que Dieu ne regarde pas l’apparence physique, mais le cœur.
Il a ensuite expliqué la signification du mot « Bible » : « Le mot Bible vient du grec biblion (au singulier), qui signifie “livre”. Au pluriel, ta biblia ou ta hagia signifie “les livres saints”. Voilà pourquoi, sur la couverture de nombreuses éditions, on lit “La Sainte Bible” : il s’agit d’une collection de livres saints. La Bible catholique, comme la Bible de Jérusalem ou Verbum, contient 73 livres, tandis que la Bible protestante en compte 66. La Bible est donc un ensemble de livres allant de la Genèse à l’Apocalypse. À l’origine, chaque livre était conservé séparément. Ce n’est que plus tard qu’ils ont été rassemblés pour former la Bible telle que nous la connaissons aujourd’hui. Elle n’a pas été écrite en une seule année, mais au fil de plusieurs siècles. »
Comment la Bible a-t-elle été écrite ?
L’abbé a précisé : « Dans l’Ancien Testament, les textes étaient au départ écrits uniquement avec des consonnes, sans chapitres ni versets. La Parole de Dieu se transmettait d’abord oralement, sous forme de récits. Le peuple de Dieu a vécu plusieurs siècles sans écriture sainte, restant fidèle à l’alliance conclue au Sinaï. Lire ces textes sans voyelles ni ponctuation était très difficile. D’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui, les Juifs continuent d’écrire en hébreu principalement avec des consonnes. L’Ancien Testament a été rédigé surtout en hébreu, avec quelques passages en araméen. Ce n’est qu’entre le Ve et le Xe siècle que des voyelles ont été introduites par des spécialistes appelés Massorètes. »
Il a ajouté que la division en chapitres date de 1226, grâce à Étienne Langton, et que la numérotation des versets a été introduite en 1551 par Robert Estienne. Enfin, en 1450, Johannes Gutenberg a imprimé la Bible, faisant d’elle le tout premier livre publié grâce à l’imprimerie.
Qui a écrit la Bible ?
L’abbé Oswald a poursuivi : « La Bible n’a pas été écrite par une seule personne, mais par plusieurs auteurs inspirés par Dieu, à des époques différentes. Dans l’Antiquité, peu savaient lire ou écrire ; ceux qui en avaient la capacité étaient appelés scribes. On distingue quatre grands groupes d’auteurs : Les écrivains du royaume du Sud (Juda). Ceux du royaume du Nord (Israël). Les écrivains de l’époque du roi Josias (640–609 av. J.-C.). Le groupe sacerdotal, à l’époque de l’exil à Babylone. »
Après l’Ancien Testament, les premiers chrétiens ont relu les Écritures à la lumière du Christ. Ils ont compris que les textes annonçaient déjà la venue du grand prophète, Jésus-Christ. Le Nouveau Testament raconte sa vie, ses enseignements, sa passion, sa mort et sa résurrection.
Un appel à vivre avec la Bible
En conclusion, l’abbé a exhorté les fidèles : « Saint Bernard a dit : Ignorer les Saintes Écritures, c’est ignorer Dieu. Chaque chrétien doit avoir sa Bible, la lire, la méditer et la mettre en pratique. La foi, écrit la lettre aux Hébreux (11,1), c’est croire à ce qu’on ne voit pas. En lisant la Bible, tu entends la Parole de Dieu, mais tu ne vois pas celui qui la dit : tu le verras seulement dans l’au-delà. Chez toi, si tu poses plusieurs livres sur une table, la Bible doit être au-dessus de tous, car elle est la Parole vivante de Dieu. »
L’abbé a particulièrement interpellé les jeunes : « Il est triste de voir un jeune posséder un téléphone à 200 dollars ou plus, mais ne pas avoir de Bible. Valorisez ce qui nourrit votre âme. »
Le mois biblique en Église locale
Le mois de septembre est consacré à la Bible dans l’Église catholique. Dans une lettre du 5 août 2025, Mgr Sikuli Paluku Melchisédech, évêque de Butembo-Beni, rappelait que « ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ ».
Le thème retenu cette année par la CENCO est : « Enseignement de la doctrine et résolution des problèmes dans la proximité avec la communauté comme méthode pastorale de l’Apôtre Paul. L’exemple de l’Église de Corinthe ».À travers la première lettre aux Corinthiens, saint Paul montre comment allier fidélité à la doctrine et réponses concrètes aux problèmes de la communauté. L’évêque invite tous les fidèles à s’approprier cet enseignement afin de résoudre les conflits dans l’esprit de l’Évangile.

Mgr Sikuli encourage enfin toutes les structures pastorales (paroisses, CEV, MAC, chorales, familles…) à vivre activement ce mois biblique, qui se clôture par la fête de saint Jérôme, traducteur de la Bible.
Réginald Karem Been Vasambya.