janvier 18, 2026

« Noël est un appel à une vie nouvelle. C’est le moment de renoncer au péché, de se laisser illuminer par le Christ et de changer nos attitudes. Cette fête nous invite à tourner le dos aux ténèbres de ce monde — la haine, les guerres, l’égoïsme — pour bâtir un monde de paix, de justice et de fraternité. Comme le rappelle le pape Léon XIV, célébrer Noël, c’est aussi refuser la corruption et l’injustice, et tendre l’oreille au cri des pauvres ainsi qu’à celui de la terre. »

C’est dans cette perspective que Mgr Sikuli Paluku Melchisédech, évêque de Butembo-Beni, a orienté son message lors de la messe de la nuit de Noël, célébrée au Grand Séminaire Regina Pacis de Vuhira, ce mercredi 24 décembre 2025.

« Je vous annonce une grande joie : il vous est né un Sauveur ». C’est par ces paroles que Mgr Sikuli a entamé son homélie, avant de souhaiter la paix à l’assemblée chrétienne. Commentant les Saintes Écritures, le pasteur de Butembo-Beni a souligné que Dieu ne laissera pas indéfiniment son peuple en esclavage. Dieu veut libérer son peuple de toutes les fausses certitudes. Fidèle à ses promesses, Dieu accomplit son dessein de salut.

Selon l’Évangile, a poursuivi l’évêque, le véritable héritier qui libère l’humanité tout entière de l’esclavage du péché, c’est le Christ. Il a rappelé que, lors de sa naissance à Bethléem, le Christ ne trouva pas de place, et que ce sont les bergers — les petits et les pauvres — qui furent les premiers invités à la crèche. Tel est, pour les chrétiens, le mystère de Noël : Dieu manifeste sa prédilection pour les humbles.

Dans son commentaire de la deuxième lecture, Mgr Sikuli a indiqué que le Christ, en entrant dans le monde, est venu révéler la bonté de Dieu envers l’homme. En lui, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut du monde. Pour saint Paul, a ajouté l’Ordinaire du lieu, cette grâce, c’est précisément la naissance du Christ. Accueillir cette grâce exige de rejeter le péché et les convoitises d’ici-bas.

C’est pourquoi, a-t-il conclu, il ne servirait à rien que le Christ soit né à Bethléem s’il ne naissait pas aussi en nous, dans la foi et dans l’amour. Noël n’aurait aucun sens si nous n’ouvrions pas largement notre cœur au Christ, afin qu’il en fasse sa demeure et nous transforme en lui.Après le commentaire des lectures, Mgr l’Évêque de Butembo-Beni a longuement évoqué la question de la paix. « Selon le pape Léon XIV, nous sommes appelés non seulement à être bons, mais à devenir chaque jour meilleurs », a-t-il déclaré.Comment célébrer Noël dans un monde où l’on a perdu le vrai sens de cette fête, souvent réduite à une simple célébration enfantine, marquée par les échanges de cadeaux, les réjouissances profanes, les invitations, les réveillons et les excès ? Pour célébrer Noël en véritable disciple du Christ, Mgr Sikuli a exhorté les fidèles à se faire un cœur de pauvre, conscients de leur misère, et ouverts à la lumière, à la vérité, à la pureté et à la tendresse du Christ. Selon lui, ces dispositions permettent de vivre un vrai Noël et de chanter avec les anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes ».Par ailleurs, comment célébrer Noël dans un monde où tout semble désacralisé, notamment la vie humaine ? Évoquant le contexte international actuel, marqué par des guerres et des conflits — en Russie et en Ukraine, à Gaza, en Syrie, au Liban, au Soudan du Sud, sans oublier les provinces du Kivu en République démocratique du Congo — l’évêque a rappelé le message central de Noël.« Dans un monde où tant de vies sont bafouées, Noël rappelle que le Fils de Dieu a assumé notre condition humaine pour nous montrer que chaque vie est sacrée et précieuse. En ces temps de feu, selon les mots du pape Léon XIV, Noël nous rappelle que la paix n’est pas seulement l’absence de guerre, mais une amitié entre les peuples fondée sur la justice. Une paix qui commence à petite échelle, dans les relations quotidiennes : en famille, à l’école, dans les activités sportives ».

C’est pourquoi, pour son premier Noël comme pape, Léon XIV recommande ceci : « Avant la sainte nuit de Noël, pensez à une personne avec laquelle vous pouvez faire la paix. Ce sera un cadeau plus précieux que tout ce que l’on peut acheter en magasin, car la paix est un don qui naît dans le cœur », a rappelé Mgr Sikuli.

Et d’ajouter :

« Quelles que soient les ténèbres qui recouvrent notre monde, notre pays, notre ville, notre famille ou notre vie, nous devons demeurer fermes dans la foi et raviver notre espérance. Dieu, qui n’a pas rejeté son projet d’amour sur l’humanité, ne nous abandonnera pas. Célébrer Noël, c’est affirmer que l’amour du Christ a le dernier mot de l’histoire. Noël signifie enfin que Dieu est vraiment Emmanuel. C’est dans les réalités ordinaires, voire dans la pauvreté, que nous le rencontrons. Apprenons donc à chercher et à trouver Dieu en toute chose. »

En conclusion de son homélie, Mgr Sikuli a rendu grâce au Seigneur pour le don merveilleux de Jésus-Christ, Prince de la Paix, offert à un monde déchiré par les guerres. Il a ensuite souhaité aux prêtres, aux personnes consacrées et à tous les fidèles laïcs du diocèse de Butembo-Beni, ainsi qu’à toutes les personnes de bonne volonté, un joyeux Noël 2025 et une heureuse année 2026.

Notons que l’Ordinaire du lieu était entouré de huit prêtres. Les futurs prêtres, étudiants au Grand Séminaire de philosophie de Butembo-Beni, ainsi que de nombreux fidèles — enfants, adultes et personnes âgées — ont également pris part à cette Sainte Messe, qui s’est clôturée vers 20 heures, heure locale.

Ce jeudi 25 décembre 2025, jour de la Solennité de la Nativité du Seigneur, l’Évêque de Butembo-Beni présidera la troisième messe à la cathédrale Mater Ecclesiae, en communion avec les fidèles.

Reginald Karem Been Vasambya & Pavel Itonga

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