La messe matinale de ce samedi 21 février 2026, célébrée au sanctuaire diocésain MCA-Vuhira, a été présidée par le Révérend Abbé Emmanuel Kambale Kangitsi. Dans son homélie, le recteur du sanctuaire a centré son message sur la conversion, la charité, le jeûne ainsi que le respect du jour du Seigneur, des thèmes essentiels en ce temps de Carême.
Dès l’entame de sa prédication, l’abbé est revenu sur les piliers du Carême, entamé depuis le mercredi des Cendres. Il a rappelé que « le temps de Carême est un moment de salut. C’est un temps favorable pour se confesser et se convertir. Le Carême est également une occasion de revenir sur le bon chemin lorsque nous nous sommes égarés ».
Il a souligné que, durant cette période, Jésus-Christ visite les fidèles à travers sa Parole, ses serviteurs et ses sacrements, en particulier celui de la pénitence. Il a ainsi invité chaque chrétien à faire une profonde introspection afin de reconnaître ses fautes et de changer de comportement.
Commentant l’Évangile du jour, l’abbé Kangitsi s’est attardé sur la conversion du publicain Lévi, appelé par le Christ à le suivre. Il a mis en lumière le caractère extraordinaire de cette conversion : malgré les revenus importants que lui procurait son métier de percepteur d’impôts, Lévi a tout abandonné pour suivre Jésus.
« Il n’est pas facile de quitter un travail qui permet de subvenir à ses besoins pour suivre le Christ ; c’est une grâce », a-t-il affirmé, invitant les fidèles à imiter cet exemple.L’abbé a expliqué que Lévi s’était éloigné de la voie de Dieu à cause de son activité, percevant des impôts pour les Romains et abusant du peuple.
Toutefois, touché par la grâce divine, il a renoncé à son ancienne vie pour se confier au Christ. À travers cet exemple, le célébrant a exhorté les chrétiens à abandonner tout ce qui les éloigne du Seigneur et à choisir résolument le chemin de la conversion.
Il a déploré le fait que certains, bien qu’écoutant la Parole de Dieu depuis leur enfance ou même à un âge avancé, tardent à changer de vie, vivant ainsi « avec un pied dans l’Église et un autre dans la vie du péché ».
S’adressant directement aux fidèles, il a déclaré : « Mes frères et sœurs, si vous vous reconnaissez dans la situation de Lévi, si vous avez beaucoup offensé Dieu et vos frères, écoutez la voix du Christ qui vous appelle à la conversion et à l’abandon du péché. Jésus-Christ vous demande de le suivre, de tout quitter pour lui. Fermez les yeux sur les avantages que vous avez obtenus dans le péché. Jésus-Christ est prêt à entrer dans votre cœur comme il est entré dans la maison de Lévi. Il sera avec vous en votre table et vous serez en joie , et il vous donnera la grâce d’être témoins auprès de vos proches afin qu’eux aussi se convertissent. Ce n’est pas Lévi qui invite Jésus, mais Jésus qui s’invite lui-même, et sa présence remplit la maison de joie. »
L’abbé célébrant a invité les fidèles à partager la grâce reçue : « Si la Parole de Dieu nous a touchés, aidons nos frères, nos familles, nos amis et nos voisins. Allons leur annoncer que Jésus-Christ est le Sauveur, le médecin de l’âme et du corps, afin qu’ils participent eux aussi aux grâces du salut et de la guérison. »Être disciple de Jésus-Christ, a-t-il poursuivi, ce n’est pas seulement écouter sa Parole et la mettre en pratique, mais aussi demeurer en communion avec lui pour conduire d’autres personnes vers le salut.
Revenant sur les attitudes à adopter pendant ce temps fort de Carême, l’abbé a cité le livre du prophète Isaïe (58, 9-10) : « Si tu enlèves de ton milieu le joug, le geste de menace et les paroles méchantes, alors ta lumière se lèvera dans les ténèbres. »Il a expliqué que le « joug » symbolise les fardeaux lourds imposés aux autres : l’abus d’autorité, la méchanceté, l’exploitation ou l’intimidation. Il a invité les parents, les employeurs et toute personne investie d’une responsabilité à faire preuve d’humilité, de générosité et de compassion.« Enlevez les fardeaux que vous imposez aux autres, et Dieu vous bénira », a-t-il insisté.
Le recteur du sanctuaire a également exhorté les fidèles à la charité concrète : « Ce temps de Carême est un temps de générosité et de compassion envers ceux qui souffrent. Ouvrons les yeux pour voir autour de nous qui est dans le besoin. Les actes de générosité accomplis par amour pour Dieu attirent ses bénédictions et couvrent la multitude des péchés. »
L’Abbé a enfin insisté sur l’importance du respect du jour du Seigneur. Selon lui, beaucoup de chrétiens négligent la célébration eucharistique au profit d’autres activités.« La première activité du dimanche doit être la sainte messe », a-t-il rappelé avec force, invitant les fidèles à consacrer ce jour à Dieu avant toute autre occupation.
Revenant à l’Évangile, l’abbé a expliqué que chacun peut se reconnaître dans la situation de Lévi, parfois méprisé à cause de ses fautes. Il a appelé à une décision ferme et immédiate de conversion, évoquant le terme grec « metanoia », qui signifie un changement radical de vie.« Il ne faut pas remettre la conversion à plus tard. Il faut se décider et abandonner le péché sans attendre », a-t-il exhorté, rappelant que par le sacrement de la pénitence, le chrétien devient une créature nouvelle en Christ.
L’abbé a conclu son homélie en invitant chacun à accueillir le message avec foi : « Que celui qui a un cœur pour garder cette Parole la garde, et que celui qui a un cœur pour croire, croie. »
Avant la bénédiction finale, la prière de consécration à la Vierge Marie a été récitée, conformément à la tradition observée chaque samedi en ce haut lieu spirituel du diocèse de Butembo-Beni.
Reginald Karem Been Vasambya