La tournée pastorale de Carême à la paroisse Saint Paul de Biambwe s’annonce quasi impossible pour l’année 2026. Cette affirmation a été faite à la RTMCA ce samedi 21 février par le Révérend Abbé Ghislain Katsere, curé de ladite paroisse.
Située dans une zone en proie à l’insécurité, la paroisse de Biambwe a été abandonnée par une grande partie de ses chrétiens depuis novembre 2025. Tous les secteurs que compte cette juridiction ecclésiastique ont fermé leurs portes à la suite des attaques répétées des rebelles ADF et d’autres groupes armés. Les fidèles ont été contraints de fuir leurs habitations pour se réfugier dans des milieux supposés sécurisés.
Les secteurs de Masingi, Mamembe, Vingyo, Kitulu et Itendi n’ont pas encore regagné leurs milieux d’origine, malgré une accalmie relative observée actuellement dans cette agglomération. Cette situation impacte négativement la pastorale, surtout en ce temps fort de Carême, regrette le curé. Il ajoute que même les activités scolaires restent suspendues à ce jour.
La formation des catéchumènes, quant à elle, ne fonctionne que dans un seul secteur, celui de Biambwe centre, avec seulement quelques jeunes, se désole l’abbé.
« La situation sécuritaire à Biambwe demeure précaire. Nous vivons dans une grande peur. Beaucoup de villages où se trouvent nos secteurs sont quasiment déserts. Les messes matinales et dominicales ne sont plus célébrées dans les secteurs, sauf à la paroisse. Dans le sous-secteur de Masingi, nous prions seulement avec cinq chrétiens. Nos écoles n’ont pas repris leurs activités depuis le 4 novembre 2025. Même le Centre de santé de Biambwe a quasiment fermé ses portes. Je ne crois pas que nous pourrons organiser la tournée de Carême. Elle se fera uniquement dans le secteur de Biambwe. Les catéchumènes se trouvent dans un seul secteur et nous préparons le scrutin en vue du baptême », a-t-il déclaré.
Il convient de rappeler que la dernière attaque, survenue dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025, avait coûté la vie à une vingtaine de personnes, dont treize patients internés au centre de santé de Biambwe. Ces événements avaient conduit le personnel soignant à suspendre temporairement les services afin de préserver la sécurité des agents et des malades. D’importantes quantités d’intrants médicaux avaient également été emportées par les assaillants.
Actuellement, des rumeurs persistantes faisant état de probables incursions des rebelles ADF continuent d’alimenter la psychose au sein de la population et provoquent régulièrement des déplacements massifs d’habitants, craignant pour leur sécurité.
John Matata