octobre 24, 2026

La jeunesse des Mouvements Citoyens et Groupe des pression du Nord-Kivu exprime ses inquiétudes face à la crise sécuritaire et humanitaire qui secoue la République démocratique du Congo. Dans une déclaration rendue publique à Butembo, le 24 octobre 2026, elle dénonce ce qu’elle considère comme une instrumentalisation de l’Assemblée nationale et un acharnement contre les personnalités politiques originaires de l’Est du pays. Elle apporte, par ailleurs, son soutien au ministre Muhindo Nzangi Butondo, visé par une motion de défiance, et appelle les acteurs politiques à privilégier la paix, l’unité nationale et la cohésion sociale.

La situation sociopolitique et sécuritaire en République démocratique du Congo continue de susciter des réactions au sein de la société civile et des mouvements citoyens. Au Nord-Kivu, la jeunesse du Mouvement Citoyen s’inquiète de la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays, des conséquences humanitaires de la guerre et des difficultés auxquelles la population est confrontée.

Réunie à Butembo, cette structure citoyenne estime que le contexte actuel exige davantage d’unité nationale, de solidarité et de cohésion entre les Congolais. Pour ses membres, les divisions politiques et les règlements de comptes entre acteurs publics risquent d’aggraver les tensions, alors que la population attend des réponses concrètes à ses préoccupations quotidiennes.

Dans sa déclaration, la jeunesse des Mouvements Citoyens et groupes de pression rappelle que la RDC traverse une période particulièrement difficile, marquée notamment par la persistance des conflits armés dans sa partie orientale, la crise humanitaire, les inquiétudes liées à la maladie à virus Ebola, le chômage et l’insécurité. Face à ces défis, elle invite les responsables politiques à concentrer leurs efforts sur la recherche de solutions durables plutôt que sur des affrontements politiques.

L’Assemblée nationale appelée à jouer pleinement son rôle

Dans son premier point, les Mouvement Citoyens condamnent ce qu’elle qualifie de « prise en otage de l’Assemblée nationale ». Elle estime que la chambre basse du Parlement doit demeurer une institution indépendante, chargée de représenter les aspirations du peuple souverain et de contrôler l’action du gouvernement.

Selon les signataires de la déclaration, l’Assemblée nationale ne devrait pas se limiter à soutenir les initiatives de l’exécutif, mais plutôt exercer pleinement ses prérogatives constitutionnelles, notamment en matière de contrôle parlementaire.

Les mouvements reprochent ainsi à certains élus de privilégier les confrontations politiques au détriment des préoccupations urgentes de la population. Ils citent notamment la guerre dans l’Est du pays, la famine, les problèmes de santé publique, le chômage et l’insécurité parmi les défis qui nécessitent une attention particulière des institutions nationales.

Pour cette jeunesse, le Parlement doit rester un espace de débat démocratique, où les décisions sont prises dans le respect des règles, de la transparence et de l’intérêt général.

Elle exige, à cet effet, une Assemblée nationale véritablement indépendante, à l’abri des manipulations politiciennes et entièrement tournée vers la défense des intérêts du peuple congolais.

Des inquiétudes autour du traitement réservé aux leaders de l’Est

La deuxième préoccupation soulevée par les Mouvements Citoyens et groupes de pression  concerne ce qu’elle considère comme un acharnement visant certaines personnalités politiques originaires de l’Est de la RDC.

Dans leur déclaration, ils affirment observer une tendance à cibler les responsables politiques de cette partie du pays lorsqu’ils font l’objet de procédures de contrôle parlementaire ou d’autres initiatives politiques.

Pour illustrer son argumentation, le mouvement évoque les situations de Vital Kamerhe, de Modeste Bahati Lukwebo, de Constant Mutamba et, plus récemment, celle de Muhindo Nzangi Butondo.

Les signataires estiment que ces différents cas méritent une attention particulière et dénoncent ce qu’ils interprètent comme une tentative d’écarter progressivement les leaders de l’Est de la gestion des affaires publiques nationales.

Ils parlent d’une politique de « deux poids, deux mesures », qu’ils considèrent comme une menace pour la cohésion nationale et l’unité du pays.

Selon eux, le traitement réservé aux responsables politiques doit reposer sur des critères objectifs, des procédures régulières et le respect des principes démocratiques, indépendamment de leur origine géographique.

Toutefois, ces appréciations relèvent de la position exprimée par le Mouvement Citoyen dans sa déclaration. Elles ne suffisent pas, à elles seules, à établir l’existence d’une stratégie organisée visant les personnalités politiques originaires de l’Est.

Des soupçons d’instrumentalisation de la procédure parlementaire

les Mouvements Citoyens et groupes de pression dénoncent également ce qu’elle présente comme l’existence de réseaux d’influence autour de la présidence de la République, susceptibles, selon elle, d’instrumentaliser les institutions à des fins politiques.

À ce sujet, ils affirment que la députée à l’origine de la motion de défiance visant le ministre Muhindo Nzangi Butondo aurait publiquement reconnu avoir reçu des éléments provenant de la présidence.

Les mouvements considèrent cette déclaration alléguée comme un motif d’inquiétude concernant l’indépendance de la procédure parlementaire. Il estime que les institutions de la République ne doivent pas être utilisées pour servir des intérêts personnels ou favoriser des divisions au sein de la classe politique.

Les signataires mettent particulièrement en garde contre les conséquences que pourraient avoir de telles pratiques sur l’unité nationale, dans un contexte où plusieurs territoires de l’Est du pays restent confrontés à l’insécurité et aux conséquences des conflits armés.

Ils appellent ainsi les responsables politiques à faire preuve de retenue et à éviter toute initiative susceptible d’aggraver les tensions.

Les accusations formulées dans cette déclaration restent celles du Mouvement Citoyen et nécessiteraient des éléments vérifiables ainsi que les réactions des personnes concernées pour être établies.

Un appel direct au président de la République

Face à ces préoccupations, les Mouvements Citoyens et groupes de pression interpellent le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en sa qualité de garant du fonctionnement des institutions et de l’unité nationale. Ils lui demandent de prendre ses responsabilités afin de préserver la cohésion nationale et de veiller à ce que les institutions publiques fonctionnent conformément à leurs missions.

Dans leur message, les mouvements invitent le chef de l’État à prévenir toute instrumentalisation politique des institutions et à empêcher que des initiatives individuelles puissent, selon lui, compromettre les efforts de paix et de rassemblement national.

Les Mouvements Citoyens et groupes de pression appellent également les acteurs politiques de toutes tendances à contribuer à l’apaisement de la situation sociopolitique. Elle estime que les divergences politiques ne devraient pas empêcher les institutions et les responsables publics de travailler ensemble face aux défis sécuritaires, humanitaires et économiques du pays. Pour les signataires, la priorité doit rester la recherche de la paix et la protection des populations confrontées aux conséquences de la crise dans l’Est de la RDC.

Soutien à Muhindo Nzangi et appel aux députés

L’autre point majeur de cette déclaration concerne la motion de défiance visant le ministre Muhindo Nzangi Butondo.

Les Mouvements Citoyens et groupes de pression lui expriment son soutien, qu’elle qualifie de total et sans faille. Elle présente le ministre comme une personnalité originaire de l’Est dont l’action mérite, selon elle, d’être appréciée à la lumière des faits et des responsabilités effectivement exercées.

Les mouvements appelle les députés nationaux à faire preuve de responsabilité et de patriotisme dans l’examen de cette motion. Il leur demande de privilégier une démarche fondée sur des éléments vérifiables et sur l’intérêt général.

Pour justifier sa position, les Mouvements Citoyens et groupes de pression avancent un argument relatif à l’ancienneté du projet au cœur des accusations de détournement visant le ministre. Selon sa déclaration, ce projet aurait commencé en 2016 et aurait déjà atteint un taux de réalisation supérieur à 70 % au moment de l’arrivée de Muhindo Nzangi à la tête du ministère concerné.

Sur cette base, les signataires contestent la manière dont la responsabilité du ministre est mise en cause et dénoncent ce qu’ils soupçonnent être des intérêts cachés derrière la procédure. Ils demandent donc aux élus du peuple de rejeter la motion de défiance, estimant qu’elle ne répondrait pas aux priorités de la population.

Il convient cependant de préciser que les affirmations relatives à l’état d’avancement du projet, aux responsabilités dans sa gestion et aux accusations de détournement constituent des éléments avancés par le Mouvement Citoyen. Leur vérification nécessite notamment l’examen des documents du projet, des faits reprochés au ministre et des explications des différentes parties concernées.

« Tout ce que le peuple veut, c’est la paix »

Au terme de sa déclaration, les Mouvements Citoyens et groupes de pression reviennent sur son principal message : la nécessité de placer la paix et l’unité nationale au centre de l’action politique.

Elle appelle les responsables publics, les élus et les autres acteurs politiques à devenir des acteurs et des facilitateurs de la paix, plutôt que de contribuer à l’aggravation des divisions.

Pour cette structure citoyenne, les difficultés auxquelles la RDC est confrontée exigent une mobilisation collective et un engagement sincère en faveur de la stabilité, de la solidarité et de la protection des populations.

La déclaration se termine par un appel à la conscience des Congolais et des responsables politiques, ainsi que par une réaffirmation de l’attachement du mouvement à l’unité nationale.

« Tout ce que le peuple veut actuellement, c’est la paix et rien que la paix », insistent les signataires, qui concluent leur message par ces mots : « Que vive l’unité nationale, que vive la RDC ! »

La déclaration a été signée à Butembo, le 23 octobre 2026, au nom de la jeunesse des Mouvement Citoyens et des groupes de pression. La liste des signataires est annoncée en annexe du document.

Notons que la motion de défiance contre Muhindo Nzangi Butondo, initiée par la députée nationale Hermione Bolumbe Bakando, a été annoncée à la suite de la séance parlementaire du mercredi 21 octobre 2026, avant d’être déposée le vendredi 23 octobre. Cette démarche porte notamment sur des soupçons de détournement présumé de 57 millions de dollars américains affectés au Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agro-business (PEJAB). De son côté, le ministre affirme que les fonds sont disponibles et que les financements en faveur des jeunes bénéficiaires se poursuivent progressivement.

Réginald Karem Been Vasambya

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