Dans l’Église universelle, chaque premier vendredi du mois est consacré à la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Pour ce mois de juillet 2026, comme à l’accoutumée, une journée de prière et d’approfondissement spirituel a été vécue au sanctuaire diocésain Marie Consolatrice des Affligés (MCA) de Vuhira.
Dans ce haut lieu spirituel du diocèse de Butembo-Beni, les pèlerins ont suivi des enseignements et des témoignages, avant de participer à la célébration eucharistique, ponctuée par l’adoration du Saint-Sacrement et la prière de délivrance. L’importance de se connaître et de s’accepter tel que l’on est afin de guérir ses blessures intérieures, ainsi que la nécessité de garder une foi inébranlable en Jésus-Christ, ont marqué les exhortations de ce pèlerinage du vendredi 3 juillet 2026.
La journée a débuté dès 5 heures par la récitation des différents chapelets, suivie d’une intense séance de louange vers 8 h 10. Les enseignements qui ont suivi ont porté sur la guérison des blessures intérieures. Ce thème a été développé par l’évangéliste kényan Gervais Kangitsi, en séjour dans le diocèse de Butembo-Beni.

D’entrée de jeu, le prédicateur a précisé que les blessures intérieures ne sont pas des péchés, mais qu’elles peuvent en être la source. Selon lui, certaines personnes sont blessées intérieurement dès le sein maternel, d’autres à la naissance, et d’autres encore au cours de leur croissance, parfois jusqu’à l’âge adulte.L’évangéliste a souligné que de nombreuses personnes adoptent des comportements déviants à cause de ces blessures. Il a cité notamment l’abus des boissons fortement alcoolisées, la débauche, la calomnie ou encore les actes de violence pouvant conduire jusqu’au meurtre.Gervais Kangitsi a également fait savoir que les blessures intérieures détériorent les relations familiales et sociales. Certaines personnes, a-t-il indiqué, ne parviennent plus à accomplir fidèlement leur travail, tandis que d’autres deviennent irresponsables. Selon lui, une grande partie des échecs observés dans la société trouve son origine dans des blessures intérieures non guéries.
Abordant la crise sécuritaire, sociale, économique et politique qui frappe l’Est de la République démocratique du Congo, l’évangéliste a affirmé que la population vit dans la peur, une situation qui engendre de profondes blessures intérieures et freine le développement tant physique que spirituel.
Répondant à la question de savoir comment guérir ces blessures, Gervais Kangitsi a invité les chrétiens à apprendre à se connaître et à s’accepter tels qu’ils sont. Il a insisté sur la nécessité d’identifier les blessures dont chacun est victime avant de recourir à un accompagnement psychologique et spirituel approprié. Il a ensuite exhorté les fidèles à se confier au Christ afin qu’Il les guérisse, tout en demandant à Dieu la grâce de demeurer sous la conduite du Saint-Esprit.
Après les enseignements, la parole a été donnée aux fidèles pour les témoignages. Une dizaine de chrétiens ont relaté les merveilles de Dieu dans leur vie, tant sur le plan spirituel que physique.
À la suite de ces témoignages, la célébration eucharistique a été présidée par le Révérend Abbé Bikira Vedastus, recteur du sanctuaire Saint-François-d’Assise de Kaghuntura. Plus de sept prêtres ont concélébré cette messe, en présence de religieux, de religieuses et de milliers de fidèles.

Dans son homélie, l’abbé célébrant a invité les fidèles à demeurer fermement ancrés dans la foi au Christ afin de ne pas sombrer dans l’incrédulité, soulignant latitude de saint Thomas dont l’Église faisait mémoire ce 3 juillet. S’appuyant sur la figure de cet apôtre, il a rappelé que Thomas avait éprouvé des difficultés à croire à la résurrection du Christ malgré sa proximité avec Jésus. Le célébrant a ainsi exhorté l’assemblée à croire même lorsqu’elle ne voit pas encore les signes attendus.
Comme de coutume, l’adoration du Saint-Sacrement et la prière de délivrance ont eu lieu à la fin de la messe. Cette dernière a été présidée par l’évangéliste Gervais Kangitsi.


Selon les témoignages recueillis sur place, deux personnes vivant avec un handicap et se déplaçant à l’aide de béquilles les ont abandonnées au cours de la prière. Elles ont ensuite exprimé avec émotion leur gratitude à Dieu pour les bienfaits reçus.
Reginald Karem Been Vasambya & Tatiana Vingi