La société civile du secteur de Bapere alerte sur le faible taux d’enregistrement des enfants à l’état civil dans cette entité. Son président, M. KAKULE KAGHENI Samuel, l’a fait savoir au micro de la RTMCA.NET ce mardi 7 juillet 2026. Selon lui, seulement six enfants sur une cinquantaine de naissances enregistrées dans le secteur de Bapere ont été déclarés à l’état civil.
Selon notre source, même plusieurs enfants en âge scolaire ne disposent toujours pas d’actes de naissance. Le responsable de cette structure citoyenne appelle ainsi les parents à faire preuve de responsabilité en déclarant leurs enfants immédiatement après leur naissance.
« Nous avons constaté avec beaucoup de regret que de nombreux parents ne fréquentent pas les bureaux de l’état civil pour faire enregistrer leurs enfants avant l’âge de trois mois. À travers nos investigations menées au sein des réseaux communautaires de protection de l’enfant, nous avons relevé une situation préoccupante. Sur les 56 enfants identifiés dans les structures sanitaires et les hôpitaux, seulement six ont été présentés à l’état civil et enregistrés par leurs parents. En revanche, 50 enfants ne sont toujours pas enregistrés. Cette réalité constitue une véritable sonnette d’alarme et démontre que les efforts de sensibilisation doivent être renforcés. Nous appelons donc tous les parents à adopter la culture de l’enregistrement des naissances. Dès qu’un enfant vient au monde, il est important de le présenter rapidement à l’état civil afin qu’il soit officiellement enregistré, reconnu par l’État et bénéficie pleinement de ses droits », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, notre interlocuteur exhorte le gouvernement provincial à faciliter l’obtention des jugements supplétifs en faveur des enfants non enregistrés qui ont déjà dépassé le délai légal d’enregistrement.
« Nous constatons encore aujourd’hui que de nombreux enfants ne sont pas enregistrés à l’état civil. Pourtant, lors des enquêtes et des recensements, ces données sont essentielles pour déterminer avec précision le nombre d’enfants congolais présents dans nos communautés. Les rapports établis à la base remontent jusqu’au niveau national et servent à la planification des politiques publiques. Malheureusement, dans plusieurs villages, de nombreux enfants échappent encore à cet enregistrement. C’est pourquoi nous appelons les parents à développer la culture de faire enregistrer leurs enfants à l’état civil dès leur naissance. Cet enregistrement est gratuit et constitue un droit fondamental pour chaque enfant. Sans ce document, les enfants risquent de rencontrer plusieurs difficultés dans leur parcours scolaire et administratif. Par ailleurs, nous sollicitons l’appui du gouvernement provincial afin de faciliter la délivrance des jugements supplétifs permettant de régulariser la situation des enfants en âge scolaire qui ne disposent pas d’acte de naissance. L’absence d’enregistrement à l’état civil expose ces enfants à de nombreux risques et peut compromettre leur accès à certains services essentiels. Il est donc urgent que tous les acteurs concernés se mobilisent pour garantir à chaque enfant une identité légale », a-t-il ajouté.
Il convient de rappeler qu’après un délai de 90 jours suivant la naissance, l’enregistrement de l’enfant à l’état civil n’est plus automatique. La délivrance d’un acte de naissance est alors conditionnée par l’obtention d’un jugement supplétif, selon notre source.
Muhasa Ghislain