L’abbé Jean Bonne Année Bakindika, prêtre du diocèse de Butembo-Beni, est en mission en Allemagne depuis près de vingt ans. Cela fait déjà vingt-cinq ans qu’il a quitté son diocèse natal pour l’Europe, juste après le séminaire. En Allemagne, il exerce comme curé d’une paroisse et enseignant universitaire, tout en conservant un lien académique avec l’Université Catholique du Graben (UCG) en RDC.
Ce serviteur de Dieu conjugue foi et savoir. Malgré ses nombreuses activités, il prend le temps de se ressourcer spirituellement par la prière et la méditation. « Dans la vie active, on n’a pas toujours l’occasion d’être en présence de Dieu », confie-t-il. La RTMCA l’a rencontré ce vendredi 29 août 2025 au sanctuaire Marie Consolatrice des Affligés, après la messe des malades qu’il a concélébrée. Nostalgique, il dit retrouver en ce lieu un centre privilégié de ressourcement spirituel.
« J’aime prier avec les gens dans ce sanctuaire. J’apprends beaucoup de leur manière de prier, d’adorer, de présenter leurs joies, leurs peines et leurs souffrances au Seigneur. Nous avons tous besoin de cela : déposer nos fardeaux auprès de Celui qui nous dit “Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et je vous procurerai du repos”. Chaque fois que je suis ici en vacances, je vis cette expérience de repos en Dieu », a-t-il témoigné.
Envoyé en mission très jeune, l’abbé Bakindika a d’abord poursuivi ses études philosophiques et théologiques à Rome, où il a été ordonné prêtre, avant de revenir plus tard pour célébrer sa première messe dans son diocèse d’origine. Il affirme rester profondément attaché à son Église-mère, malgré les épreuves qui frappent régulièrement la région de Butembo-Beni.
« Je suis toujours connecté à ma terre, à mon pays, à mon diocèse. Mon cœur est ici. Malheureusement, les nouvelles qui nous parviennent ne sont jamais bonnes : cela fait plus de 30 ans que la guerre, les massacres, la détresse et la souffrance persistent. Nous cherchons tous la paix, nous la désirons ardemment pour notre pays, la RDC, et particulièrement pour notre région de l’Est, marquée par une Église martyrisée depuis des décennies. Nous ne cessons de confier tout cela au Seigneur dans la prière », a-t-il indiqué.
L’abbé-professeur salue l’engagement de l’Église locale dans l’annonce de l’Évangile et la promotion intégrale de l’homme. Il rend hommage au courage de ses confrères prêtres qui exercent leur ministère dans des zones en conflit, à commencer par l’évêque, les membres du clergé et toutes les personnes de bonne volonté éprises de paix.
« Aux prêtres qui vivent dans l’insécurité, j’adresse un mot de courage et d’espérance : après la pluie vient le soleil, après la guerre vient la paix, après la nuit vient le jour. Nous vivons dans l’espérance que la situation change le plus tôt possible et que nos gouvernants ouvrent la voie à une paix durable. Nous voulons un pays où règnent la justice, la solidarité, l’amour et le respect des plus faibles », a-t-il exhorté.
Comme universitaire, il rend hommage aux enseignants congolais qui, malgré la guerre et la pauvreté, continuent de transmettre le savoir avec détermination.
« Nos enseignants sont des héros dans l’ombre. Malgré la faim et la pauvreté, ils se donnent pour que le savoir soit transmis aux jeunes générations. J’admire leur courage, tout comme celui des étudiants qui poursuivent leurs études dans des conditions extrêmement difficiles », a-t-il souligné.
En conclusion, l’abbé Jean Bonne Année BAKINDIKA appelle à l’unité, à la prière et à l’engagement collectif pour un avenir meilleur de la RDC.
Bon séjour à l’abbé BAKINDIKA dans son diocèse de Butembo-Beni, et bonne mission en Allemagne.
Kakule Kamaliro