La publication des bancs de mariage à l’Église et à l’état civil constitue un moyen plus approprié pour accompagner les jeunes vers le mariage que les « Save the Date » et autres annonces diffusées sur les réseaux sociaux. C’est l’avis de la psychologue Rachel Soki Sivulyamwenge, qui réagit aux cas récurrents de décès de personnes récemment mariées dans la ville de Butembo. Clinicienne au Centre pour handicapés physiques Heshima Yetu de Londo, Rachel Soki Sivulyamwenge s’est confiée à RTMCA.NET, lundi 24 août 2026.

Selon cette psychologue, la publication des bancs de mariage à l’Église ne constitue pas une simple annonce. Elle s’inscrit dans un cheminement spirituel qui prépare les futurs époux à leur engagement conjugal. À l’inverse, les publications sur les réseaux sociaux relèvent davantage, selon elle, de la recherche de visibilité et des pratiques générationnelles.
« Avant, tout se passait calmement et il n’y avait pas de problème particulier. Pourquoi l’Église procède-t-elle à la publication des bans de mariage ? C’est notamment parce que les futurs époux sont déjà accompagnés par la prière et bénéficient ainsi d’une protection spirituelle. Aujourd’hui, cependant, on constate certaines pratiques chez les jeunes et même chez les femmes, parfois avant même que la famille ne soit officiellement constituée. Nous ne sommes pas totalement opposés aux chefs d’État, mais ce qui serait important, c’est de commencer par la publication des bans à l’Église. Cette démarche peut contribuer à protéger les jeunes. En effet, on ne sait jamais quelles peuvent être les intentions de certaines personnes à l’égard des futurs époux. Il arrive que des personnes nourrissant de mauvaises pensées soient très présentes et très engagées dans les préparatifs du mariage, au point qu’il devient difficile de soupçonner leurs véritables intentions. C’est pourquoi l’accompagnement de l’Église, notamment à travers la prière et la publication des bans, demeure important», a-t-elle souligné.
Par ailleurs, Rachel Soki déconseille aux jeunes hommes de multiplier les relations amoureuses dans la perspective du mariage. Elle estime que certaines situations liées à ces relations peuvent entraîner de la frustration, de la colère ou encore des paroles blessantes.
Pour la psychologue, les conséquences de ces situations ne se limitent pas au domaine physique. Elles peuvent également être d’ordre économique, sanitaire ou social et affecter durablement la vie conjugale.
« Avec les antécédents liés aux anciennes relations amicales ou sentimentales, la publication de certaines images peut aujourd’hui provoquer de la colère et créer des frustrations chez les personnes qui ont été abandonnées, délaissées ou ignorées par le passé. Chez certaines personnes, cela peut susciter des réactions telles que : “Si je ne peux pas l’avoir, personne ne l’aura.” Lorsqu’une personne en arrive à nourrir de telles pensées ou à prononcer de telles paroles, cela peut avoir des conséquences négatives sur la vie de l’autre. Même si cette personne ne se présente pas directement comme quelqu’un qui veut nuire, ses paroles ou ses intentions peuvent être porteuses d’une certaine négativité. C’est pourquoi il faut être prudent face aux paroles et aux comportements qui peuvent avoir un impact sur la vie d’autrui. Et lorsqu’on parle de mort, il ne faut pas nécessairement penser uniquement à la mort physique. Il peut également être question d’une forme de “mort” sur le plan économique, sanitaire ou social. Certaines personnes peuvent ainsi voir leur activité économique s’effondrer, leur situation sociale se dégrader ou encore rencontrer de graves difficultés dans leur vie, sans que cela soit forcément visible comme une mort physique», a mentionné Soki Sivulyamwenge, psychologue clinicienne au Centre pour handicapés physiques Heshimia Letu de Londo.
Il convient de noter que, chez de nombreux jeunes à Butembo, les « Save the Date » sont devenus courants sur les réseaux sociaux avant la célébration des mariages, qu’ils soient coutumiers, civils ou religieux.
Réginald Karem Been Vasambya