L’insécurité continue de susciter des inquiétudes dans plusieurs quartiers de la ville de Butembo, au Nord-Kivu. Des cas de vol, de viol, d’assassinat et de personnes retrouvées blessées y sont signalés ces derniers mois. Face à cette situation, le Réseau pour les droits de l’homme (REDHO) craint que l’absence de réponses adéquates des autorités ne pousse certains habitants, notamment les jeunes, à recourir à la justice populaire lorsqu’ils appréhendent des personnes soupçonnées de malfaisance.
Se confiant à RTMCA.NET ce mercredi 14 octobre 2026, Maître Muhindo Wasivinywa, coordinateur du REDHO, a indiqué que les incursions nocturnes, signalées depuis plus de trois mois, demeurent préoccupantes. Il a rappelé que son organisation avait déjà alerté les autorités le mois dernier sur cette situation, qui continue de toucher plusieurs quartiers de la ville.

« Les incursions nocturnes qui se produisent depuis plus de trois mois nous inquiètent. C’est pourquoi, le mois passé, nous avions alerté les autorités. Malheureusement, la même situation persiste dans plusieurs quartiers de la ville. Lors de ces incursions, nous avons comptabilisé une dizaine de cas de viol. Nous exigeons ainsi que les autorités assurent la sécurité de la ville. Nous appelons également la population à la vigilance et à dénoncer tout mouvement suspect », a déclaré Maître Muhindo Wasivinywa.
Par ailleurs, le REDHO indique avoir recensé plus de dix cas de viol dans la ville de Butembo au cours des trois derniers mois, sans compter les cas d’assassinat, de vol et les personnes retrouvées blessées. Face à cette situation, cette organisation de défense des droits humains appelle les autorités urbaines à renforcer les mesures de sécurité afin de protéger efficacement la population.
Le coordinateur du REDHO met également en garde contre la justice populaire, qu’il considère comme une pratique susceptible de compromettre le traitement judiciaire des affaires. Il encourage plutôt la population à remettre toute personne suspectée d’avoir commis une infraction aux services compétents, afin que les faits soient établis conformément à la loi.
« L’insécurité de la population peut entraîner la multiplication des cas de justice populaire, notamment parmi les jeunes. Nous décourageons cette pratique, car elle ne favorise pas le bon déroulement des dossiers judiciaires. Nous encourageons plutôt la dénonciation et la vigilance. Si nous parvenons à maîtriser un bandit présumé, conduisons-le auprès des services compétents, qui peuvent nous aider à éclaircir les faits. Nous souhaitons également que les personnes appréhendées en flagrant délit soient rapidement présentées devant la justice », a-t-il exhorté.
En outre, Maître Muhindo Wasivinywa appelle les victimes de violences sexuelles à porter plainte, même lorsque les auteurs présumés ne sont pas identifiés, afin de permettre aux services compétents de documenter les faits et d’engager les démarches nécessaires. Il invite également les proches des victimes à les accompagner dans les structures sanitaires pour leur permettre de bénéficier d’une prise en charge médicale et d’un soutien psychologique.
Cette nouvelle alerte du Réseau pour les droits de l’homme intervient un mois après la publication d’un communiqué dans lequel cette organisation dénonçait déjà la dégradation de la situation sécuritaire à Butembo. Malgré les précédentes alertes, le REDHO estime que des mesures concrètes doivent être prises par les autorités compétentes pour protéger la population, prévenir les violences et garantir le respect des droits humains dans les différents quartiers de la ville.
Muhasa Ghislain