Dans son rapport mensuel couvrant la période du 1er au 30 septembre 2026, OCHA RDC dresse un tableau préoccupant de l’Ituri : 1,09 million de déplacés internes au 7 septembre, 6 293 cas confirmés et 2 902 décès liés à Ebola au 30 septembre, et au moins 77 civils tués en septembre. La reprise des violences, notamment dans les zones de santé de Drodro, Fataki, Lita, Aru et Mambasa, perturbe l’accès humanitaire et accentue des besoins multisectoriels alors que la réponse reste insuffisante, particulièrement à Mambasa, où quelque 80 000 personnes nécessitent une aide urgente.
Selon OCHA, la situation sécuritaire s’est fortement détériorée entre le 27 et le 30 septembre dans plusieurs localités de Drodro, Fataki et Lita, après plusieurs semaines d’accalmie. Des affrontements armés auraient causé la mort d’au moins 16 civils, dont des déplacés. L’ONG PPSSP a alerté sur le déplacement de plus de 24 600 personnes vers au moins cinq aires de santé de Drodro et Lita. Ces violences ont contraint certains partenaires à suspendre temporairement leurs activités, notamment une distribution prévue pour près de 10 000 personnes, et ont perturbé la riposte contre Ebola ainsi que la circulation sur la RN27.
À Bunia, la fermeture du site de Kigonze par les autorités provinciales a privé les organisations humanitaires de l’accès au site : près de 19 000 déplacés l’ont quitté, dont plus de 4 000 se sont réfugiés dans les quartiers périphériques. Dans le territoire d’Aru, une incursion armée à Okaba, dans la nuit du 27 au 28 septembre, aurait causé la mort de deux enfants et l’enlèvement de 15 personnes, dont sept femmes. À Mambasa, une attaque à Bandisende a fait au moins cinq morts civils, portant à 77 le nombre de civils tués lors de violences armées en septembre.
Sur le plan sanitaire, l’épidémie de maladie à virus Ebola, due à la souche Bundibugyo, continue de peser lourdement : le taux de létalité est passé de 45,5 % à 46,1 % et l’épidémie touche toujours 28 des 36 zones de santé de la province. Depuis le 1er septembre, des cas ont été signalés dans 11 écoles, avec 13 cas confirmés et cinq décès d’enfants. Une campagne de vaccination avec le vaccin Ervebo a été lancée à Bunia, ciblant en priorité les prestataires de soins et les agents de première ligne.
Malgré les contraintes, les partenaires poursuivent leurs interventions : assistance alimentaire à 69 273 personnes dans les zones de santé de Mongbwalu, Nia-Nia et Bambu ; dépistage de 5 095 enfants par COOPI, dont 1 447 pris en charge pour malnutrition aiguë ; 498 survivantes de violences basées sur le genre identifiées ou orientées ; 29 590 consultations assurées par ALIMA ; et formation de 92 acteurs éducatifs par Save the Children. La communauté humanitaire appelle toutes les parties à protéger les civils et à respecter le caractère civil et humanitaire des sites de déplacés, tout en demandant une réponse multisectorielle d’urgence pour les populations de Mambasa.
Augustin KITI