janvier 24, 2026

Le Centre neuropsychiatrique Sainte-Croix est une structure psychiatrique de référence pour les soins de santé mentale dans le diocèse de Butembo-Beni. En 2025, cette institution a enregistré plus de 1 500 cas à travers ses trois sites, à savoir Mulo, Butembo et Beni.

Ces statistiques ont été révélées par le Révérend Père Nzumbuko, spécialiste en santé mentale au Centre neuropsychiatrique Sainte-Croix. Évoquant les causes des maladies mentales, il a principalement mis en avant les conséquences néfastes de la guerre dans la partie orientale de la RDC, les conflits fonciers, les conflits conjugaux, ainsi que les déceptions amoureuses, entre autres facteurs.

« Nous faisons toujours nos statistiques chaque année. Par exemple, l’année passée, à Mulo, nous avions 520 cas ; à Butembo, 633 cas ; et à Beni, 543 cas. Pour l’année 2025, il y a encore davantage de nouveaux cas. Ces derniers temps, à Butembo, nous sommes autour de 450 cas ; à Mulo, 500 cas ; et à Beni, environ 580 cas. Cette déficience mentale est due à des facteurs tels que la guerre que nous vivons chaque jour à l’Est de la RDC. Les situations de guerre ont des conséquences sur la vie de toute la population », a expliqué le Révérend Père Nzumbuko.

Parlant des moyens de prévention, le Révérend Père Nzumbuko a insisté sur la nécessité d’une large sensibilisation menée par les spécialistes en santé mentale sur la fréquence de ces maladies. Il a également appelé à une prise de conscience du gouvernement congolais en vue de la recherche de la paix, ainsi qu’à l’abstinence de la consommation de stupéfiants chez les jeunes.

Les violences dans l’Est du pays exacerbent les besoins en soins de santé mentale, rendant indispensable une approche multidisciplinaire pour la prise en charge des patients. Le Centre neuropsychiatrique Sainte-Croix se présente ainsi comme un exemple de l’engagement de la RDC dans l’amélioration de la santé mentale de ses citoyens.

« Le moyen de prévention qu’il nous faut, c’est de multiplier les stratégies de résilience. Il faut être capable de résister aux chocs. Cette capacité ne vient pas d’un seul coup ; elle se développe à travers une sensibilisation intense afin que la population soit informée de l’existence de cette pathologie et des moyens de prévention. Lorsqu’on est informé, on est prévenu. Deuxièmement, il est important de savoir détecter les signes précurseurs de la maladie mentale. Par exemple, certaines personnes vivent sans se rendre compte qu’elles ont été profondément blessées : palpitations cardiaques, sommeil entrecoupé, insomnies répétées… ce sont là autant de signes annonciateurs de troubles mentaux », a prévenu le serviteur de Dieu.

Enfin, le psychologue a rappelé à la population de la région l’importance de consulter régulièrement les spécialistes en santé mentale afin d’évaluer leur état de santé, soulignant que plusieurs personnes vivent pendant de longues périodes avec cette maladie sans en être conscientes.

Tatiana Vingi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

RTMCA

GRATUIT
VOIR