La lutte contre l’exploitation sexuelle suscite une préoccupation croissante au sein de plusieurs organisations de défense des droits des femmes et des enfants dans la ville de Butembo. Ces structures exhortent les autorités administratives et judiciaires à intensifier leurs efforts afin de mettre un terme au phénomène des maisons de tolérance qui prolifèrent dans la région.
Cet appel a été lancé par Maître Maggy Panza, responsable de la vulgarisation au sein de l’Organisation des Femmes Juristes pour le Droit de la Femme et de l’Enfant. Elle s’est exprimée en marge de la Journée mondiale de lutte contre l’exploitation sexuelle, célébrée chaque 4 mars.
Selon notre interlocutrice, l’exploitation sexuelle se manifeste notamment par la multiplication des établissements communément appelés « QG », où certaines personnes adultes tirent profit de l’exploitation sexuelle, notamment celle des mineurs.
« Le phénomène des QG est lié à l’exploitation des filles, surtout des mineures. Même lorsque cela concerne des personnes adultes, la loi sur les violences sexuelles qualifie l’utilisation d’une personne mineure à des fins sexuelles pour en tirer profit d’exploitation sexuelle. L’article 174 B de la loi parle notamment du souteneur et du proxénétisme. La loi interdit toute personne qui tire profit de la prostitution d’autrui ou qui aménage une maison destinée à la prostitution », a-t-elle expliqué.
Par ailleurs, Maître Maggy Panza regrette la montée des cas d’exploitation sexuelle enregistrés ces derniers temps à Butembo. Elle déplore également le fait que de nombreuses victimes hésitent à porter plainte devant les instances judiciaires, souvent par crainte ou par honte.
« Ce sont des cas très fréquents malheureusement, mais qui ne sont pas souvent portés devant la justice. Plusieurs enquêtes ont déjà été menées sur l’exploitation sexuelle dans la ville de Butembo et ses environs. Nous, à la FJDF, y avons également participé. Des rapports ont été rédigés et remis aux autorités compétentes afin qu’elles puissent s’impliquer dans l’éradication de ce phénomène. Malheureusement, peu de cas sont officiellement enregistrés, car beaucoup de personnes ont peur de dénoncer », a-t-elle ajouté.
Face à cette situation jugée préoccupante, les organisations de défense des droits des femmes et des enfants invitent la population à dénoncer ces pratiques. Elles encouragent également les autorités compétentes à prendre des mesures rigoureuses afin de protéger les femmes et les enfants contre toute forme d’exploitation sexuelle.
Sylvie Kaswera