L’Évêque du diocèse de Butembo-Beni, Mgr Sikuli Paluku Melchisédech, appelle la population à une prise de conscience face à la maladie à virus Ebola. Il met notamment en garde contre toute manipulation des corps des personnes décédées. Le pasteur de Butembo-Beni l’a déclaré devant la presse diocésaine, mercredi 12 août 2026, après la messe qu’il a présidée en la paroisse Bienheureux Isidore Bakanja de Kiragho.
Mgr Sikuli invite les habitants à comprendre que la situation est sérieuse et qu’il faut agir avec prudence afin d’éviter une éventuelle propagation de la maladie.
» Je leur dirais tout simplement ce qu’on dit souvent à Kinandé : ‘‘Akavuli k’atowa kakasala kowa omutwi’inali okoliko ». Je ne suis pas dans le réseau, mais ça me surprend. Qu’est-ce qu’ils cherchent avec les corps? Je ne vois pas. Qu’est-ce qu’on veut avoir? Il ne faut pas attirer la malédiction sur eux. Et ce serait plus cohérent si après cela, ils restent dans leur maison et qu’ils n’aillent pas dans les familles, amener la maladie là-bas. Parce qu’en le touchant, ils devraient savoir qu’ils vont mourir, ou au moins qu’ils se mettent à grand risque. Alors s’ils doivent mourir, qu’ils restent chez eux, qu’ils meurent chez eux. Qu’ils n’aillent pas apporter à d’autres, contaminer d’autres personnes », a insisté l’évêque de Butembo-Beni.
Tout en soulignant que la manipulation des corps des personnes décédées, dans le contexte actuel, constitue un risque pour la vie humaine, Mgr Sikuli appelle la population à respecter scrupuleusement les mesures barrières et les consignes des autorités sanitaires.
» c’est une atteinte grave à la vie humaine. Parce qu’on vous dit que c’est dangereux, et vous, vous y allez. En sachant que cela peut vous tuer et tuer d’autres aussi. Je dis, ils se punissent déjà eux-mêmes, avec les risques qu’ils courent. Je ne sais pas. Ce n’est plus nécessaire de donner une sanction. Ça sert à quoi? Moi, je demande que chacun soit conscient du danger qu’il y a et qu’on n’expose pas la communauté à une épidémie qui ne pardonne personne. Et personne ne sait quand et comment il a été contaminé. Mais ce qu’on nous demande, c’est simple. C’est de respecter les mesures barrières, le lavage de mains, et avoir les produits qu’il faut, et éviter toute manipulation de corps, par exemple. Ne pas croire à ce que disent les médecins et d’autres personnes, c’est ridicule. Évitons que ça ne soit une condamnation pour nous tous. Il n’est pas étonnant si de ce jour on apprend qu’on nous a cercle ici. Ça serait une des sanctions peut-être, ou des mesures qu’il peut convenir », a noté Mgr Sikuli Paluku Melchisédech.
À Butembo, la remise en question de l’existence de la maladie à virus Ebola par certains habitants inquiète les autorités politico-administratives, sanitaires et religieuses. Elles craignent que cette méfiance ne compromette les mesures de prévention et n’accroisse le risque de propagation de la maladie.
Réginald Karem Been Vasambya