janvier 24, 2026

Des femmes rescapées des atrocités de Beni, Lubero et Ituri continuent de se battre pour retrouver une vie digne. Samedi 11 octobre 2025, la Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance et la Paix (DYFEGOU), en collaboration avec Forte, a lancé une nouvelle phase d’accompagnement à l’égard des femmes rescapées des violences dans les régions de Beni, Lubero et l’Ituri. Ces femmes, pour la plupart kidnappées, violées et endeuillées, bénéficient désormais d’un soutien psychosocial et économique.

Parmi ces femmes, nombreuses sont celles qui, mères, sœurs ou filles, sont revenues de la brousse après avoir vécu un véritable enfer. Kidnappées par les ADF, victimes de violences sexuelles, certaines sont rentrées avec des enfants issus de ces atrocités, d’autres portent des traumatismes graves.

D’après Madame Rose Tuombeyane, la coordinatrice de la DYFEGOU, une organisation féminine engagée pour la paix et la réintégration des victimes, ces survivantes retrouvent progressivement autonomie et dignité grâce à des formations en petits métiers. Elle affirme : « Elles ont besoin de plus qu’une simple aide. Elles ont besoin d’être reconnues comme des citoyennes à part entière. »

Madame Tuombeyane dénonce également l’absence de soutien des autorités et appelle à une solidarité sincère, au-delà des intérêts politiques ou électoralistes. Dans un extrait sonore, elle précise : « Nous leur avons appris à se réintégrer, à acquérir des métiers selon leur choix. Nous avançons étape par étape, car nous manquons de financement. La DYFEGOU lutte pour essuyer leurs larmes. »

Elle lance un appel à la nation, aux politiciens et aux institutions : ces femmes ne doivent pas être oubliées.

« Elles sont des bibliothèques vivantes, et leur voix mérite d’être entendue. La justice doit s’accélérer, la solidarité nationale doit se réveiller. Ce n’est pas de l’aide politique, c’est de l’humanité qui s’impose», a-t-elle insisté.

Et d’ajouter :

« Nous voulons que la nation se mobilise pour les victimes de la guerre, afin de favoriser le retour de la paix. Le gouvernement, les députés, les citoyens doivent comprendre qu’au-delà de la paix que nous revendiquons, il y a des victimes qui ont besoin de nous. C’est pourquoi nous les appelons toujours à la solidarité nationale»

Un plaidoyer est également lancé envers le Fonaref et la justice : il est temps d’aller au-delà des rapports théoriques et de rendre justice aux victimes de cette guerre oubliée, a ajouté notre interlocutrice.

Sylvie Kaswera

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