septembre 2, 2026

Chaque année, le 2 septembre, est célébrée la Journée mondiale de la barbe. Cette journée met à l’honneur la barbe comme élément de l’apparence physique masculine. Au-delà de son aspect esthétique, la barbe peut également revêtir une dimension sociale et psychologique. Les commentaires, les moqueries ou certaines paroles liées à l’apparence physique peuvent, dans certaines situations, affecter le bien-être d’une personne.

À l’occasion de cette journée, la RTMCA-VUHIRA s’est intéressée aux éventuelles conséquences psychologiques liées aux remarques et aux comportements envers les personnes en raison de leur apparence physique.

Votre radio s’est entretenue avec le psychologue clinicien Erasme Kakirania, membre de l’Union nationale des psychologues du Congo (UNPC), ce mercredi 2 septembre 2026. Ce dernier a notamment souligné les risques que peuvent représenter certaines paroles adressées à une personne qui ne porte pas de barbe.

Sur le plan social, notre interlocuteur a également insisté sur l’importance de l’entretien et de la propreté de la barbe. Selon lui, une bonne hygiène contribue à une meilleure présentation de soi et peut permettre d’éviter certaines remarques désobligeantes dans la société.

« Comme nous le savons, la barbe est souvent associée à la maturité et à la masculinité de l’homme. Alors, le fait de ne pas en avoir peut entraîner une baisse de l’estime de soi chez certaines personnes. À part la baisse de l’estime de soi, l’absence de barbe peut aussi entraîner une sorte d’anxiété sociale, car la personne peut se comparer aux gens de son âge qui ont déjà une barbe, avec la tendance à penser qu’elle ne se trouve pas au même niveau qu’eux. Cela peut, dans certains cas, avoir des conséquences sur la santé psychologique », a-t-il expliqué.

Le psychologue a toutefois évoqué la situation des enfants face aux changements d’apparence physique. Il explique qu’un enfant peut être surpris, voire émotionnellement affecté, lorsqu’il retrouve, après plusieurs années, une personne qu’il connaissait auparavant sans barbe et qui en porte désormais une. Dans certaines circonstances, ce changement peut avoir des répercussions sur la vie psychique de l’enfant.

« Mais aussi, pour ceux qui ont beaucoup de barbe et qui ne l’entretiennent pas correctement, ils peuvent également développer une anxiété sociale lorsqu’ils sont critiqués par les autres. Cela peut les amener à avoir une obsession pour l’entretien de leur barbe, parce qu’ils peuvent avoir l’idée que leur barbe est mal arrangée. Ils peuvent alors être obligés de se promener avec un peigne. Chez les enfants qui ne sont pas habitués à voir une personne avec beaucoup de barbe, cela peut provoquer de la frustration et, dans certains cas, aller jusqu’à entraîner un traumatisme », a-t-il déclaré.

La Journée mondiale de la barbe constitue ainsi une occasion de mettre en avant cet attribut de l’apparence masculine, tout en sensibilisant sur son entretien et son hygiène. Elle rappelle également que le port ou non de la barbe relève d’un choix personnel et ne devrait pas être une source de discrimination, de moqueries ou de stigmatisation.

Cette journée permet enfin d’aborder les différentes dimensions liées à la barbe, notamment ses aspects sociaux, culturels et psychologiques, et d’encourager le respect de chacun, quelle que soit son apparence physique.

Muhasa Ghislain

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