Des centaines des chrétiens ont participé, ce vendredi 28 août 2026, à la messe des malades au Sanctuaire diocésain Marie Consolatrice des Affligés, MCA-Vuhira. Cette célébration eucharistique, présidée par le Révérend Abbé Simon Pierre Mahamba, vicaire du sanctuaire, et concélébrée par le Révérend Abbé Blaise Ndungo Kikwaya Daniel, vice-recteur du Sanctuaire diocésain MCA-Vuhira, a été marquée par la mémoire liturgique de saint Augustin, évêque et docteur de l’Église.
La célébration a également été ponctuée par un temps d’adoration du Saint-Sacrement ainsi que par une prière de délivrance dirigée par l’abbé Simon Pierre Mahamba. Dans un contexte marqué par la maladie à virus Ebola dans plusieurs provinces de l’Est de la République démocratique du Congo, les centaines de chrétiens présents ont également confié au Seigneur les malades, leurs familles, les personnels de santé et l’ensemble de la communauté, implorant la miséricorde de Dieu pour l’éradication de l’épidémie.
Saint Augustin, un modèle de recherche de la vérité
Au cours de son homélie, l’abbé Simon Pierre Mahamba a d’abord adressé ses vœux de bonne fête à toutes les personnes portant les noms Augusta et Augustin, ainsi qu’à celles et ceux qui ont saint Augustin comme saint patron.
Présentant la figure de saint Augustin, le célébrant l’a décrit comme un grand évêque, docteur de l’Église, prédicateur et auteur dont les nombreux écrits ont profondément marqué la vie chrétienne.
Selon l’abbé Mahamba, les enseignements de saint Augustin continuent notamment d’influencer plusieurs congrégations et instituts religieux qui s’inspirent de sa pensée dans leur vie spirituelle.
Mais au-delà de ses connaissances, saint Augustin apparaît surtout, dans cette homélie, comme un homme qui a longtemps cherché la vérité et le véritable amour avant de les trouver en Dieu.
L’abbé Mahamba a ainsi rappelé le parcours de conversion d’Augustin, un homme doté d’une grande culture et ayant beaucoup étudié, mais dont les connaissances ne suffisaient pas à apaiser la profonde soif intérieure qui l’habitait.
Il a expliqué que cette quête d’Augustin ne pouvait trouver son accomplissement qu’en Dieu, source de la vérité, de la beauté et de l’amour véritable.
Évoquant le récit traditionnel de sa conversion, le prédicateur a rappelé le célèbre épisode au cours duquel Augustin entend : « Prends et lis ! ». En ouvrant les Saintes Écritures et en découvrant un passage de saint Paul l’appelant à abandonner les désordres de sa vie et à se convertir, Augustin trouve le chemin de sa transformation intérieure.Pour l’abbé Mahamba, cette conversion constitue une preuve que personne ne doit être considéré comme définitivement perdu, quelle que soit son histoire passée.
« Si tu veux te convertir, Dieu veut te purifier », a-t-il expliqué en substance, invitant les fidèles à ne jamais désespérer de la miséricorde divine : « Le Christ ne m’a pas envoyé baptiser, mais annoncer l’Évangile »
S’appuyant sur les lectures du jour, notamment sur les enseignements de saint Paul, le vicaire du Sanctuaire MCA-Vuhira a insisté sur la place fondamentale de la foi dans la vie chrétienne.
Il a notamment commenté la parole de saint Paul : « Le Christ ne m’a pas envoyé baptiser, mais annoncer l’Évangile. »
Pour l’abbé Mahamba, cette parole ne constitue nullement un mépris du sacrement du baptême. Elle souligne plutôt la nécessité de préparer les personnes à comprendre le sens des sacrements qu’elles vont recevoir.
« Avant de recevoir un sacrement, il faut d’abord aider celui qui va le recevoir à avoir la foi », a-t-il expliqué.
Le prédicateur estime qu’un sacrement reçu sans préparation et sans compréhension suffisante risque de devenir, pour certains, un simple acte extérieur, sans véritable engagement spirituel.
Il a donc plaidé pour une meilleure préparation au baptême, à la confirmation, à la première communion et au mariage.
Pour le baptême, a-t-il expliqué, les candidats doivent comprendre ce qu’est le baptême et ce qu’ils reçoivent à travers ce sacrement. La même exigence doit s’appliquer à la confirmation et à la première communion, où les fidèles sont appelés à comprendre qu’ils reçoivent le Corps et le Sang du Christ dans l’Eucharistie.
L’urgence d’une préparation sérieuse au mariage
Une partie importante de l’homélie a été consacrée à la préparation au mariage.
L’abbé Simon Pierre Mahamba a déploré que certains jeunes soient parfois insuffisamment préparés avant de s’engager dans le mariage. Il a notamment évoqué le cas des jeunes qui viennent de régions différentes, par exemple de Bunia ou du Lubero, et qui se retrouvent engagés dans le mariage sans avoir bénéficié d’un véritable accompagnement préalable.
Il a regretté que certaines préparations puissent parfois se limiter à une journée, voire à quelques jours seulement.
« Comment voulez-vous que ces jeunes comprennent réellement ce qu’est le mariage dans de telles conditions ? », s’est-il interrogé.
Pour le célébrant, les difficultés et les ruptures conjugales auxquelles la société est confrontée doivent pousser l’Église, les familles et les communautés à accorder davantage d’importance à la préparation des futurs époux.
Il a également dénoncé les pratiques consistant à recourir à l’argent ou à des arrangements pour accélérer certaines démarches liées à la préparation matrimoniale.
Selon lui, le mariage ne peut pas être préparé comme une simple formalité administrative. Les futurs époux doivent comprendre la signification du mariage, ses exigences, ses responsabilités et les engagements qu’ils prennent devant Dieu.
La croix du Christ, sagesse et puissance de DieuPoursuivant son commentaire de saint Paul, l’abbé Mahamba a également médité sur la croix de Jésus-Christ.
La Croix, a-t-il expliqué, peut apparaître comme une folie ou une faiblesse aux yeux du monde. Pourtant, elle constitue précisément la puissance de Dieu pour ceux qui croient.
Le prédicateur a ainsi souligné que la sagesse divine ne correspond pas toujours aux critères de la sagesse humaine.
Là où l’homme peut voir une faiblesse, Dieu peut manifester sa puissance.
Cette réflexion l’a conduit à mettre en garde contre une confiance excessive dans les seules capacités humaines.
Foi et raison : deux ailes pour s’élever vers la vérité
L’abbé Mahamba n’a cependant pas opposé la foi aux études ou à la science.
Il a au contraire insisté sur le fait que l’intelligence, l’éducation et les connaissances sont des dons de Dieu qu’il faut utiliser correctement.
Il a encouragé les parents à envoyer leurs enfants à l’école et les jeunes à prendre leurs études au sérieux.
Mais il a également appelé à ne pas considérer les connaissances humaines comme capables de tout expliquer.
« L’intelligence et les connaissances humaines ont des limites », a-t-il rappelé en substance.
S’appuyant sur la réflexion de saint Jean-Paul II sur le rapport entre la foi et la raison, il a comparé ces deux réalités à deux ailes permettant à l’homme de s’élever vers la vérité.
Une personne qui voudrait avancer uniquement avec son intelligence risque de rester limitée. Mais une personne qui prétend également croire sans réfléchir, sans examiner et sans discerner risque de tomber dans le fidéisme, c’est-à-dire une foi privée de discernement et de recours à la raison.
Pour le prédicateur, le chrétien est donc appelé à faire fonctionner ensemble la foi, la raison, l’intelligence et le discernement.
L’intelligence ne doit pas conduire à l’orgueil
L’une des mises en garde fortes de cette homélie concerne également l’orgueil intellectuel.
L’abbé Mahamba a expliqué que le problème apparaît lorsque l’intelligence amène une personne à croire qu’elle sait tout.
Selon lui, l’éducation et les connaissances peuvent devenir un piège lorsqu’elles conduisent à la suffisance et à l’idée que l’homme peut tout comprendre par ses propres capacités. Il a donc invité les fidèles à cultiver non seulement l’intelligence, mais aussi l’humilité.
La science peut expliquer beaucoup de choses, mais elle ne peut pas, à elle seule, répondre à toutes les questions liées au mystère de l’existence, à la vie, à la mort et à ce qui vient après la mort.
Les yeux de la foi pour reconnaître le mystère de l’Eucharistie
L’abbé Mahamba a ensuite utilisé l’exemple de l’Eucharistie pour illustrer les limites de la perception humaine.
Après la consécration, les yeux voient toujours l’apparence du pain et du vin. Pourtant, la foi chrétienne reconnaît dans le sacrement la présence réelle du Christ.
Pour le célébrant, l’intelligence et les sens humains ne suffisent donc pas pour pénétrer pleinement le mystère eucharistique.
Il faut également les yeux de la foi
La foi, a-t-il expliqué, permet au croyant de reconnaître une réalité qui dépasse ce que ses yeux peuvent constater.
« À travers votre foi, Dieu vous ouvre les yeux. À travers votre foi, Dieu vous bénit. À travers votre foi, Dieu vous purifie et vous sanctifie », a-t-il enseigné en substance.
Une invitation à rester éveillés
Revenant à l’Évangile des vierges sages et des vierges insensées, l’abbé Mahamba a lancé un appel à la vigilance chrétienne.
Il a rappelé que les chrétiens sont en chemin vers la rencontre avec Jésus-Christ, mais qu’ils ne connaissent ni le jour ni l’heure de cette rencontre.
Jésus est présenté dans l’Évangile tantôt comme celui qui vient comme un voleur, tantôt comme l’Époux attendu par son épouse.Le chrétien doit donc rester prêt.
Le prédicateur a évoqué l’expérience quotidienne d’une personne qui attend quelqu’un qu’elle aime. Elle regarde son téléphone, surveille l’heure, vérifie les messages et reste attentive à l’arrivée de la personne attendue.
Pour l’abbé Mahamba, c’est avec cette même attention, mais encore davantage, que le chrétien doit attendre Jésus-Christ, son Époux.
« Nous sommes, en quelque sorte, l’épouse du Christ, et Jésus-Christ est notre Époux », a-t-il expliqué.
Attendre le Christ ne doit cependant pas être une attente triste ou angoissée. C’est une attente vécue dans la confiance, la vigilance et la joie.
Les vierges sages : l’importance de prévoirLes vierges sages de l’Évangile avaient pris suffisamment d’huile pour leurs lampes. Elles avaient prévu ce qui pouvait arriver.
L’abbé Mahamba y voit une leçon importante pour la vie chrétienne : il faut savoir prévoir et se préparer.
Il a comparé cette préparation à celle d’une personne qui entreprend un long voyage. Avant de partir, elle doit s’informer sur l’état de la route, prévoir le carburant, anticiper les pannes et se préparer aux difficultés éventuelles.
De la même manière, le chrétien ne doit pas attendre le dernier moment pour préparer sa vie spirituelle.
Il doit dès maintenant cultiver sa foi, recevoir les sacrements, se réconcilier avec Dieu et demeurer vigilant.
« La foi doit être une foi vivante »
Pour le vicaire du Sanctuaire MCA-Vuhira, la foi ne doit pas être seulement une déclaration de bouche.
« La foi doit être une foi vivante », a-t-il insisté.
Le chrétien doit régulièrement s’interroger sur sa relation avec Jésus-Christ : est-il réellement uni au Seigneur ? Sa foi transforme-t-elle sa manière de vivre ? Est-elle capable de résister aux épreuves et aux tentations ?
L’abbé Mahamba a rappelé l’épisode de Jésus au jardin de Gethsémani, où le Christ demande à ses disciples de veiller et de prier afin de ne pas entrer en tentation.
Il a ainsi invité les fidèles à ne pas s’endormir spirituellement.
Même lorsque le corps se repose, a-t-il expliqué en substance, le chrétien doit rester spirituellement vigilant.
La messe des malades, un rendez-vous avec la miséricorde de Dieu
Dans le contexte particulier de cette célébration, la messe des malades a également constitué un moment privilégié pour présenter à Dieu les souffrances des personnes touchées par la maladie et les épreuves.
L’adoration du Saint-Sacrement et la prière de délivrance dirigée par l’abbé Simon Pierre Mahamba ont permis aux participants de placer leur confiance dans la miséricorde divine.
Les centaines de chrétiens présents ont également porté dans leurs prières la situation sanitaire liée à la maladie à virus Ebola, implorant Dieu pour la guérison des malades, la protection des populations, la force pour les familles éprouvées et l’éradication de l’épidémie qui touche plusieurs provinces de l’Est de la RDC.
Saint Augustin : un exemple de conversion
À travers toute son homélie, l’abbé Mahamba est revenu à plusieurs reprises sur la figure de saint Augustin.
L’ancien évêque d’Hippone constitue, selon lui, un exemple particulièrement fort pour les personnes qui pensent que leur passé les éloigne définitivement de Dieu.
Augustin avait connu une vie marquée par les recherches, les erreurs et les égarements. Pourtant, il a fini par rencontrer le Christ et à consacrer sa vie à Dieu.
Devenu évêque, prédicateur et docteur de l’Église, il a laissé une œuvre considérable, notamment Les Confessions, dans laquelle il témoigne de son cheminement intérieur et de sa conversion.
Son parcours enseigne donc que la connaissance véritable ne consiste pas seulement à accumuler des informations, mais aussi à rencontrer Dieu et à laisser cette rencontre transformer sa vie.
Un appel final à la conversion et à la sagesse
Au terme de cette méditation, l’abbé Simon Pierre Mahamba a invité les fidèles à demander au Seigneur le don de la sagesse, une sagesse capable d’unir correctement l’éducation, l’intelligence, la foi, la raison et la vie spirituelle.
Il a également confié à l’intercession de saint Augustin les jeunes éloignés de Dieu, les parents confrontés aux difficultés de leurs enfants et toutes les personnes qui cherchent encore leur chemin spirituel.
Le message central de cette célébration demeure ainsi un appel à se préparer, veiller, croire, discerner et se convertir.Car, a rappelé le prédicateur, personne ne connaît le jour ni l’heure où il rencontrera le Seigneur.
Il importe donc de ne pas attendre demain pour préparer sa vie spirituelle.
La foi, la raison, les sacrements, la prière et une vie conforme à l’Évangile doivent permettre au chrétien de garder sa lampe allumée en attendant la venue de l’Époux.
Et à l’occasion de la mémoire de saint Augustin, l’appel est également adressé à tous les Augustin, Augusta et à tous ceux qui le vénèrent comme saint patron : que son exemple de recherche de la vérité, de conversion et de consécration à Dieu demeure une source d’inspiration pour l’Église et pour les croyants.
Réginald Karem Been Vasambya