Le Révérend Abbé Simon-Pierre Mahamba exhorte les chrétiens à ne pas être comme des sépulcres invisibles, sur lesquels on marche sans s’en rendre compte. Le ministre de Dieu a formulé cette exhortation dans son homélie prononcée le matin de ce mercredi 15 octobre 2025, en la chapelle Mater Miséricordiae du sanctuaire diocésain MCA-Vuhira. Il a invité les centaines de fidèles présents à cette messe, dans ce haut lieu spirituel du diocèse de Butembo-Beni, à accomplir toute chose dans la justice et à vivre un amour sincère envers leurs prochains, à l’image de Sainte Thérèse d’Avila, que l’Église universelle célèbre en ce jour.
Au début de son homélie, l’abbé est revenu sur les vertus de Sainte Thérèse d’Avila.
« En lisant la vie de Sainte Thérèse d’Avila, que nous commémorons aujourd’hui, nous découvrons en résumé une volonté de sainteté manifestée dès son enfance. À seulement 7 ans, elle exprimait déjà le désir de mourir en martyre. On raconte qu’avec sa petite sœur, elles voulaient se rendre en Afrique après avoir appris que des chrétiens y étaient persécutés. Ce désir venait de leur foi profonde. Sainte Thérèse d’Avila portait donc en elle la semence de la sainteté dès sa jeunesse. À 21 ans, elle entra au monastère des Carmélites. Elle n’a peut-être pas accompli de grandes œuvres selon les standards humains, mais elle a su faire de petites choses avec un amour extraordinaire. Un jour, en contemplant une statue du Christ souffrant, elle fit une véritable conversion intérieure. Elle a ensuite aidé ses consœurs à vivre dans la sainteté. Sainte Thérèse d’Avila est d’ailleurs la première femme à avoir été proclamée Docteur de l’Église, car par ses enseignements, elle a montré que la vie spirituelle est un chemin de communion profonde avec Dieu. Elle a fondé de nombreux monastères et, malgré les nombreuses épreuves qu’elle a traversées dans son service à Dieu, elle est restée fidèle, persévérante et remplie d’espérance. Cela, c’est une véritable grâce », a rappelé l’abbé vicaire du sanctuaire diocésain MCA-Vuhira.
L’abbé célébrant a ainsi exhorté les chrétiens à rester fidèles à Dieu, en demeurant joyeux, courageux et persévérants en toute circonstance, à l’exemple de Sainte Thérèse d’Avila.
Dans son commentaire de la première lecture, le ministre de Dieu a appelé les chrétiens à éviter les jugements hâtifs envers leurs prochains, en soulignant l’avertissement de saint Paul apôtre aux Juifs qui condamnaient ceux qui n’étaient pas de leur tribu, les considérant comme des païens indignes d’entrer dans le Royaume de Dieu, car jugés pécheurs.
« Saint Paul apôtre, dans la première lecture, met en garde tous ceux qui jugent les autres de manière hâtive. Il nous arrive parfois de dire : “Moi, je ne suis pas comme ces gens-là.” Parler ainsi, c’est oublier notre propre condition de pécheur, une réalité liée à la nature humaine. Tant que nous sommes sur cette terre, ne te moque pas de l’autre, ne le méprise pas, ne le juge pas, même s’il tombe dans le péché, car toi aussi, demain, tu pourrais tomber dans le même péché. Ne jugez pas ! Quand tu vois ton prochain tomber, ne le condamne pas, je t’en prie. Prie plutôt pour lui, afin qu’il se convertisse », a-t-il exhorté, appelant les chrétiens à éviter l’orgueil spirituel. Il a souligné que nul n’est parfait sur cette terre, mais que l’essentiel est de persévérer dans la prière pour rester fidèle à Dieu.
S’appuyant sur l’Évangile du jour, l’Abbé Simon-Pierre Mahamba a souligné qu’au soir de notre vie, nous ne serons pas jugés selon notre appartenance tribale, ni parce que nous sommes chantres, prêtres ou religieux, mais selon la manière dont nous aurons vécu sur terre avec Dieu et avec notre prochain.
« Dieu nous invite aujourd’hui à vivre dans la justice et l’amour, en vérité. C’est pourquoi, dans l’Évangile du jour, Jésus-Christ met en garde contre les pharisiens et les docteurs de la Loi. Nous pouvons tomber dans cet esprit pharisien lorsque, en apparence, nous semblons justes et humbles en accomplissant de petits actes de manière simple, alors qu’en réalité, intérieurement, nous sommes injustes envers les autres et dénués d’un amour sincère pour ceux avec qui nous vivons. Jésus qualifie ces personnes de sépulcres invisibles, sur lesquels on marche sans s’en rendre compte », a-t-il souligné.
L’abbé a au finish invité les chrétiens à implorer la grâce de Dieu afin de vivre en vérité leurs devoirs de chrétiens.
« Sainte Thérèse d’Avila, que nous commémorons aujourd’hui, prie pour nous », a imploré ainsi à la fin de son homélie, l’abbé Simon-Pierre Mahamba, vicaire au sanctuaire diocésain MCA-Vuhira de Butembo-Beni.
Réginald Karem Been Vasambya