La vie n’a pas été aisée, en ce mois dédié à la femme, pour de nombreuses communautés réparties dans plusieurs agglomérations de la province du Nord-Kivu, et ce malgré les alertes et messages relayés par les voix féminines. Cette déclaration a été faite ce mardi 31 mars 2026 par des femmes leaders de la ville de Butembo, à l’occasion de la clôture des activités liées au mois consacré aux droits de la femme. Ces dernières ont tenu à lancer des alertes, exprimant avec force les réalités auxquelles elles font face.
Parmi les figures féminines de la communauté, votre radio s’est entretenue avec Madame l’ingénieur Masika Maghulu Harlette. Dans son intervention, elle a exhorté le gouvernement à procéder à un allégement fiscal en faveur des femmes déplacées. Elle a également souhaité que les initiatives portées par les opérateurs économiques évoluant dans des zones d’insécurité soient soutenues. Par ailleurs, elle recommande la saisie des cargaisons de boissons fortement alcoolisées afin de mieux protéger les populations et réduire les dérives sociales.
« À l’occasion du mois de la femme, alors que la guerre affecte négativement notre économie et la vie quotidienne, les femmes, les enfants et les personnes âgées figurent parmi les principales victimes. Face à cette réalité, le silence ne doit plus être une option pour les hommes : les actions deviennent une obligation. Nous demandons l’allégement des taxes sur les produits de première nécessité et les produits agricoles dans les zones touchées, ainsi que la saisie et le blocage des cargaisons de boissons fortement alcoolisées afin de préserver l’avenir de la jeunesse », a déclaré Madame l’ingénieur Masika Maghulu Harlette.
De son côté, Mbambu Luvuno, l’une des cadres politiques féminines de la ville de Butembo, estime que les recommandations formulées par les femmes ne sont pas correctement canalisées vers les instances compétentes. Elle appelle les autorités locales à centraliser et à orienter ces informations vers leurs hiérarchies respectives.
Dans le même élan, notre interlocutrice regrette certains comportements observés chez quelques femmes. Pour Mbambu Luvuno, celles-ci devraient porter publiquement leurs souffrances auprès des responsables politiques, plutôt que de se limiter à des démarches qui, selon elle, ne font qu’alimenter les ambitions et intérêts politiques au détriment de la réalité vécue par les femmes de la région, exposée à l’insécurité.
Rappelons que ce 31 mars 2026 marque la fin des activités du mois dédié au respect des droits de la femme à travers le monde.
Muhasa Ghislain