avril 20, 2026

La disparition du langage maternel constitue une source de domination des peuples par des étrangers à travers leurs langues. C’est dans ce sens que Monsieur Fidel Ubuntu, l’un des leaders communautaires bashi, s’est exprimé le lundi 6 avril 2026 à Butembo. Se confiant à RTMCA.NET, il a exhorté les femmes à apprendre à leurs enfants leur langue maternelle dès la naissance.

Selon lui, plusieurs territoires actuellement sous occupation ennemie l’auraient été après une domination progressive par les langues des pays agresseurs. Il estime qu’enseigner une langue étrangère à un enfant avant sa langue maternelle revient à renier sa propre tribu.

Dans le même cadre, il a également appelé les enseignants à faire preuve de responsabilité en transmettant aux enfants leurs langues d’origine.

« Femmes de Butembo, de Beni et de toute la RDC, vous aimez le français, mais le français n’est pas notre langue. Apprenons le kinande, le kiluba, le kitalinga et bien d’autres : ce sont nos langues maternelles, apprenons-les correctement. Parler correctement le français témoigne de notre soumission à un certain esclavagisme. En revanche, parler le kinande, le mashi, le kiluba et les plus de 450 langues de nos tribus nous connecte à notre identité. Si nous parlons bien nos langues maternelles, même ceux qui sont morts peuvent nous entendre. C’est la langue qui nous relie à notre être intérieur et à notre force. Si nous continuons à parler la langue de l’étranger, c’est comme si nous l’invitions à venir nous dominer chez nous.Prenons l’exemple de Goma : le M23 n’a pu régner et prendre facilement certains territoires que là où l’on parle la langue du Rwanda. Parler le kinyarwanda, c’est déjà, d’une certaine manière, inviter les Rwandais à venir nous dominer. Parler le kinande, c’est se connecter à sa force identitaire, territoriale et naturelle. Or, lorsqu’on est connecté à ses valeurs traditionnelles et intérieures, personne ne peut vous dominer », a-t-il déclaré.

Notons que Mgr Sikuli Paluku Melchisédech, évêque de Butembo-Beni, insiste régulièrement, lors des célébrations eucharistiques, sur l’importance de connaître sa langue maternelle. Il souligne que celui qui ne connaît pas sa langue maternelle est comme un arbre sans racines.

Ghislain Muhasa

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