septembre 28, 2026

L’ignorance, les mauvais conseils, certaines pratiques occultes et le suivisme aveugle de personnes se présentant comme prophètes ont été au cœur de l’enseignement de l’abbé Oswald Kambale Kibonde, dimanche 27 septembre 2026, au sanctuaire diocésain Marie Consolatrice des Affligés, MCA-Vuhira, dans le diocèse de Butembo-Beni.

Le prêtre, qui présidait la messe dominicale, a livré ce message avant la bénédiction finale, invitant les fidèles à développer leur connaissance, leur discernement et leur attachement à la Parole de Dieu. Son intervention s’est particulièrement attardée sur les dangers que peuvent représenter, selon lui, certains conseils reçus auprès de personnes se présentant comme prophètes ou guérisseurs.

« Ne pas savoir, c’est comme être à moitié mort »

Pour l’abbé Oswald Kambale Kibonde, la connaissance constitue une nécessité dans la vie chrétienne et sociale. Il a ainsi insisté sur la nécessité de chercher à comprendre avant d’adopter une pratique ou de suivre un conseil.

« Savoir, c’est une chose importante ; ne pas savoir, c’est comme être à moitié mort, parce que l’ignorance peut avoir de graves conséquences. »

Partant de cette réflexion, le prêtre a invité les chrétiens à mieux connaître leur foi et à ne pas accepter automatiquement tout ce qui leur est présenté comme une vérité, particulièrement dans le domaine religieux.

Évoquant ensuite la place du christianisme dans le monde, il a rappelé que les chrétiens constituent une importante partie de la population mondiale, tout en soulignant la présence considérable d’autres religions, notamment de l’islam.

« Aujourd’hui, dans le monde, il y a près de huit milliards de personnes. Parmi elles, ceux qui suivent le Christ et qui le considèrent comme le centre de leur vie représentent environ deux milliards et quelques centaines de millions de personnes », a-t-il expliqué.

Il a également partagé son expérience d’une région d’Afrique de l’Ouest où les chrétiens étaient minoritaires face à une importante population musulmane. Cette expérience, selon lui, doit pousser les chrétiens à prendre davantage conscience de leur foi.

« Cela montre que nous ne sommes pas aussi nombreux que nous pouvons le penser. […] Aujourd’hui, il faut donc que les chrétiens prient beaucoup », a-t-il déclaré.

Mise en garde contre les propos jugés offensants envers Jésus-Christ

Dans la suite de son intervention, l’abbé Oswald Kambale Kibonde a évoqué des contenus circulant notamment sur les réseaux sociaux et attribués à certains prédicateurs.

Sans citer nommément la personne concernée, il a rapporté qu’un homme présenté comme prophète aurait tenu des propos extrêmement dépréciatifs à l’égard de Jésus-Christ de Nazareth.

« Dernièrement, un prophète a parlé de Jésus-Christ de Nazareth en le présentant comme un idiot, un faux prophète et un menteur. Il a dit : “Jésus de Nazareth est un idiot.” C’est très, très grave. »

Face à ce type de déclarations, le prêtre a recommandé aux fidèles de ne pas se contenter de messages reçus sur les réseaux sociaux, mais de rechercher, vérifier et examiner les paroles qui leur sont présentées.

« Pour ma part, je pense qu’il faut faire des recherches et surtout examiner les paroles qui sont prononcées », a-t-il insisté.

Il a également appelé les fidèles à la prudence face aux nombreux prédicateurs et prophètes présents ou suivis à Butembo à travers différents moyens de communication.

« Il y a plusieurs prophètes à Butembo. Si vous suivez quelqu’un simplement parce qu’il se présente comme prophète, vous devez faire preuve de discernement. »

Des pratiques autour des cadenas et objets rituels dénoncées

L’une des principales préoccupations exprimées par l’abbé Oswald Kibonde concerne certaines pratiques qu’il a qualifiées de dangereuses et qui seraient, selon son témoignage pastoral, associées à des croyances occultes.

Il a notamment évoqué des pratiques impliquant des cadenas et des clés, auxquels certaines personnes attribueraient un pouvoir sur la fécondité des femmes.

« Par exemple, certaines personnes utilisent des cadenas et des clés dans des pratiques qui prétendent fermer la fécondité d’une femme. Elles prennent un cadenas, y mettent du sang menstruel ou d’autres choses, puis le ferment. Ensuite, elles jettent le cadenas et la clé dans l’eau. »

Selon le récit présenté par le prêtre, certaines personnes seraient convaincues qu’une femme resterait privée de la possibilité d’avoir des enfants tant que le cadenas utilisé dans le rituel ne serait pas ouvert.

L’abbé Kibonde a également cité d’autres objets qui pourraient être utilisés dans ce type de pratiques, notamment des couteaux et différents objets auxquels seraient associés des rites particuliers.

« Il y a également ceux qui utilisent des couteaux ou d’autres objets auxquels ils associent des pratiques similaires. Ils y mettent du sang, ferment l’objet ou accomplissent certains rites, puis le jettent ou le cachent. »

Le prêtre a également fait référence à des pratiques qu’il dit avoir observées ou entendues dans certains milieux religieux, invitant les fidèles à exercer un discernement particulièrement attentif.

« Abandonnez les mauvais conseils »

Pour l’abbé Oswald Kibonde, le problème ne concerne pas seulement les pratiques elles-mêmes, mais aussi les conseils donnés à des personnes vulnérables qui cherchent des solutions à leurs difficultés.

Il a donc répété son appel à rompre avec ce qu’il considère comme de mauvais conseils.

« Certaines femmes peuvent ainsi être victimes de personnes qui leur donnent de mauvais conseils. C’est pourquoi je vous dis : abandonnez les mauvais conseils. Abandonnez les mauvais conseils. »

Pour illustrer son propos, le prêtre a raconté le cas d’un couple dans lequel une femme aurait caché certains objets dans la chambre à coucher. Son mari les aurait découverts et aurait trouvé notamment un objet contenant du sang.

Selon le récit livré par l’abbé, le mari aurait jeté l’objet sans connaître sa signification, provoquant ainsi une dispute avec son épouse.

Pour lui, cet exemple démontre la nécessité de comprendre les pratiques auxquelles les personnes sont confrontées et d’éviter celles qui peuvent créer la peur, la méfiance ou la division au sein des familles.

« Il faut donc être prudent. Certaines pratiques qualifiées de paranormales sont dangereuses. Lorsqu’on utilise des cadenas, lorsqu’on enferme certaines choses ou lorsqu’on les cache dans des endroits particuliers, les conséquences peuvent être graves », a-t-il averti.

Une famille désunie par les conseils d’un prétendu prophète

L’abbé Oswald Kambale Kibonde a ensuite raconté une autre histoire concernant une mère qui, selon son récit, aurait été influencée par les conseils d’un homme présenté comme prophète.

Cette femme aurait progressivement cessé de considérer son mari et ses enfants comme sa famille, après avoir reçu des conseils lui demandant notamment de ne plus retourner chez elle.

« Une mère abandonne ses enfants et le père en arrive à pleurer. Imaginez les larmes d’un père. Un homme pleure, il est dans la souffrance et dans l’inquiétude. Où vont les larmes d’un père ? Avez-vous déjà vu les larmes d’un père ? »

Poursuivant son récit, le prêtre explique que la femme aurait été convaincue que son mari et ses enfants étaient des personnes mauvaises.

« Elle a commencé progressivement à renier ses enfants. Le prophète a dit à la femme de ne pas aller ici ou là, et finit par lui demander de ne plus retourner chez elle. Le prophète lui a dit : “Ne reviens plus chez toi, je vais te trouver un autre mari.” »

Cette situation aurait entraîné la séparation du couple et laissé les enfants dans une situation difficile. Selon le récit du prêtre, le père devait travailler dans les champs tandis que les enfants restaient sans leur mère et éprouvaient des difficultés à se nourrir et parfois même à poursuivre leur scolarité.

L’abbé Kibonde a insisté sur la souffrance que peuvent provoquer de telles situations au sein d’une famille.

« Les enfants, lorsqu’ils ont faim, demandent après leur mère. On leur dit qu’elle se trouve dans tel endroit. Imaginez la souffrance de ces enfants, à l’endroit même où ils sont nés et où ils ont grandi. »

Face à une telle situation, il a appelé à la compassion plutôt qu’à la condamnation.

« Que doit faire le père lorsqu’il arrive et trouve cette situation ? Je n’ai pas de réponse simple à cela. Il faut avoir de la compassion. »

Prudence face aux conseils concernant la santéL’abbé Oswald Kibonde a également appelé les fidèles à la prudence lorsqu’ils reçoivent des conseils présentés comme des solutions à des problèmes de santé.

Il a donné l’exemple de pratiques qui pourraient consister à utiliser des parties d’animaux ou certains objets pour soigner un enfant.

« On peut par exemple vous dire : “Si l’enfant a mal à la tête, prenez une tête de chèvre, une tête de chien ou un autre objet, puis frappez avec cela sur sa tête pour qu’il guérisse.” Mais ce genre de pratique peut au contraire exposer l’enfant à d’autres problèmes. »

Il a également évoqué des conseils concernant l’alimentation ou l’utilisation de certaines substances dans le cadre de prétendus traitements.

Le prêtre a ainsi demandé aux fidèles de ne pas suivre aveuglément des recommandations susceptibles de mettre leur santé ou celle de leurs proches en danger.

« Ne suivez pas aveuglément ceux qui se présentent comme prophètes »

Dans son message, l’abbé Kibonde a insisté sur le discernement face aux personnes qui revendiquent une mission prophétique.

« Je vous ai dit de vous éloigner des faux prophètes. Jésus lui-même nous a avertis. Nous sommes avertis. »

Il a cependant présenté cette mise en garde comme une invitation à examiner les actes et les paroles de ceux que les chrétiens choisissent de suivre.

« Certains se présentent comme des prophètes alors qu’ils peuvent être des escrocs ou des personnes qui trompent les autres. Ne les suivez donc pas aveuglément. »

Le prêtre a également déclaré que certaines querelles publiques entre prédicateurs ou prophètes peuvent, selon lui, révéler certaines contradictions dans leurs pratiques.

« Moi-même, lorsque j’auditionne à la radio certains prophètes, certaines de leurs pratiques, je constate qu’ils finissent parfois par se quereller entre eux. Chacun accuse l’autre. À travers leurs propres comportements, certaines choses finissent par être révélées. »

Revenir à la Parole de Dieu

En conclusion de son intervention, l’abbé Oswald Kambale Kibonde a recentré son message sur la Parole de Dieu comme repère pour les chrétiens.« Dieu, lui, nous donne sa Parole, qui demeure pour toujours. Lorsque vous recevez un conseil conforme à la Parole de Dieu, retenez-le. »

Il a appelé les fidèles à renoncer au péché, à l’orgueil et aux pratiques qu’ils considèrent incompatibles avec leur foi chrétienne.

« Lorsqu’on vous dit d’abandonner le péché, abandonnez-le. Lorsque Dieu vous demande de renoncer à certaines choses, renoncez-y. Et lorsque Dieu vous demande d’abandonner l’orgueil, faites-le. »

Pour lui, le chemin spirituel passe notamment par l’humilité et la recherche d’une croissance intérieure.

« L’orgueil est une tombe. Dites à votre voisin : “L’orgueil est une tombe !” Abandonnez l’orgueil. Tenez-vous devant Dieu et laissez l’orgueil. Cherchez à grandir spirituellement afin que nous puissions tous avancer vers le Royaume des cieux. »

L’abbé Oswald Kambale Kibonde a enfin encouragé les chrétiens à se détourner des pratiques qu’il considère comme mauvaises et à rechercher la protection de Dieu.

« Lorsque nous abandonnons le péché et renonçons à toutes ses œuvres, nous nous réfugions dans la protection de Dieu. »

Ce message a ainsi constitué un appel à la vigilance, au discernement et à la connaissance de la foi chrétienne, avec une attention particulière portée aux conséquences que peuvent avoir certains conseils sur la vie spirituelle, familiale et sociale des fidèles.

Réginald Karem Been Vasambya

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