août 26, 2026

Se confesser sans attendre, purifier son cœur et renoncer à l’hypocrisie : telles sont les principales exhortations formulées par le Révérend Abbé Musiyiro Marie Jean-Baptiste, lors de la messe matinale célébrée ce mardi 25 août 2026 à la chapelle Mater Misericordiae du sanctuaire diocésain Marie Consolatrice des Affligés (MCA-Vuhira). Devant les fidèles réunis pour cette célébration, le prêtre a centré son homélie sur la nécessité, pour tout chrétien, de se préparer au jugement de Dieu en vivant dès aujourd’hui selon l’Évangile.

Revenant sur la Parole de Dieu, l’Abbé Musiyiro a notamment insisté sur les clés confiées par le Christ à Simon Pierre. Selon lui, cette mission renvoie à l’autorité confiée à l’Église pour « lier et délier », notamment à travers le sacrement de réconciliation.

« Le Christ a remis à Simon Pierre les clés, les clés pour ouvrir et fermer, pour délier et lier. Il lui a ainsi donné le pouvoir de juger dans l’Église. C’est le pouvoir donné à l’Église de délier et de lier les péchés, notamment à travers le sacrement de réconciliation », a-t-il expliqué.

Pour le célébrant, le chrétien ne doit pas considérer le jugement de Dieu comme une réalité exclusivement future. La Parole de Dieu reçue et entendue chaque jour constitue déjà un appel au discernement et à la conversion.

« L’enseignement que nous avons reçu des apôtres est l’enseignement du Christ, c’est l’Évangile, c’est la Parole de Dieu. Et c’est cette Parole qui nous jugera », a-t-il déclaré.

L’Abbé Musiyiro a ainsi invité les fidèles à ne pas se limiter à l’écoute de l’Évangile, mais à le traduire concrètement dans leur vie. Il les a interpellés sur la quantité de Parole de Dieu reçue au fil des années et sur la manière dont celle-ci est effectivement mise en pratique.

« Combien de paroles de l’Évangile avons-nous entendues jusqu’à présent ? Combien de paroles de l’Évangile avons-nous reçues ? Mais il ne suffit pas d’écouter. Il faut aussi mettre en pratique », a-t-il insisté.

Une foi qui ne doit pas rester extérieure

Poursuivant son exhortation, le prêtre a dénoncé le risque d’une foi réduite aux pratiques religieuses extérieures, alors que le cœur demeure marqué par le mensonge, le vol, l’adultère ou encore le manque de compassion.

Il a invité chaque chrétien à se regarder intérieurement avant de porter un jugement sur les autres.

« On constate que, pour beaucoup, l’amour reste seulement une affaire de paroles. L’amour de beaucoup de personnes n’est qu’un amour des lèvres. Nous sommes des hypocrites. Nous le sommes tous. Que chacun se regarde intérieurement, qu’il regarde au fond de lui-même », a-t-il lancé.

L’homéliste a également établi un parallèle entre la situation des chrétiens d’aujourd’hui et celle des pharisiens et des scribes interpellés par Jésus dans l’Évangile.

« À l’époque, cette parole s’adressait aux pharisiens et aux scribes. Mais aujourd’hui, cet Évangile nous juge, nous les chrétiens. Le Christ nous interpelle aujourd’hui », a-t-il souligné.

Selon lui, certaines personnes peuvent multiplier les prières, les chemins de croix et les récitations du chapelet tout en conservant, au fond d’elles-mêmes, des comportements contraires à l’Évangile.

« Nous apparaissons comme des personnes très engagées dans la prière et le culte. Nous prions beaucoup, vraiment beaucoup. […] Mais, pendant ce temps, au fond de nous, nous sommes remplis de mauvaises choses : le vol, l’adultère, le mensonge, le manque de compassion et le refus de faire miséricorde », a-t-il déploré.

L’Abbé Musiyiro a alors repris l’avertissement du Christ aux pharisiens : « Malheur à vous, aveugles et hypocrites ! »

Pour lui, cet aveuglement consiste notamment à voir facilement les fautes des autres sans parvenir à reconnaître ses propres faiblesses.

« Ils regardaient les défauts des autres, mais ils ne regardaient pas les leurs », a-t-il fait remarquer.

« Qu’attends-tu pour changer ? »

Dans la suite de son homélie, le prêtre a appelé les chrétiens à ne plus reporter leur conversion. Il a rappelé que la préparation au jugement de Dieu ne doit pas être remise à plus tard, encore moins à la vieillesse.

« Alors, qu’attends-tu pour changer ? Qu’attends-tu encore pour te purifier ? Qu’attends-tu pour te préparer ? Qui attends-tu pour commencer à changer ? », a-t-il questionné.

Il a également évoqué l’exemple des chrétiens de Thessalonique, qui, selon son interprétation de la première lecture, avaient été conduits à une mauvaise compréhension du retour du Christ. Certains avaient abandonné leurs activités, pensant que la venue du Seigneur était imminente.L’Abbé Musiyiro a donc appelé les fidèles à une préparation avant tout spirituelle.

« Nous sommes déjà préparés, mais préparons-nous encore davantage sur le plan spirituel », a-t-il exhorté.

Il a rappelé que le jugement de Dieu portera sur l’intériorité de la personne.

« Le Christ ne viendra pas seulement pour regarder notre corps. Il viendra juger nos âmes et nos cœurs. Il regardera ton cœur. Il regardera ce qui se trouve au plus profond de toi », a-t-il affirmé.

La confession, un chemin de purification

L’un des points centraux de l’homélie a été l’appel à recevoir régulièrement le sacrement de réconciliation. Pour le prêtre, la confession permet au chrétien de reconnaître ses fautes, de se repentir et de se laisser purifier par Dieu.

« Tout d’abord, que devons-nous faire ? Nous confesser, recevoir le sacrement de réconciliation. Purifions-nous chaque jour. Car, dans la confession, il y a déjà un jugement », a-t-il enseigné.Il a encouragé les fidèles à ne pas attendre le dernier moment pour se réconcilier avec Dieu.

« N’attendons donc pas le jugement dernier, car il peut nous surprendre alors que nous ne serons pas prêts », a-t-il averti.

L’Abbé Musiyiro a également présenté la confession comme un moyen de guérison spirituelle et de préparation au jugement dernier.

« La confession, accompagnée d’un repentir sincère, est un sacrement qui nous guérit et nous préserve de la condamnation à la mort éternelle », a-t-il déclaré.

Il a ainsi invité les chrétiens à « courir vers la confession » et à purifier leur cœur avant de chercher à paraître justes devant les autres.

Justice, miséricorde et fidélité envers le prochain

L’homélie s’est également étendue aux relations sociales. Le prêtre a demandé aux chrétiens de traduire leur foi dans leur manière de traiter les autres, particulièrement dans les affaires, le travail et la rémunération.« Traite ton prochain avec justice. Traite ton prochain avec miséricorde et sans hypocrisie. Évitons l’hypocrisie. Soyons fidèles à l’enseignement de l’Église », a-t-il recommandé.

Il a dénoncé les comportements qui consistent à profiter du prochain ou à lui causer volontairement du tort. Évoquant l’expression locale « kukulana », utilisée à Butembo pour désigner le fait de se léser ou de se faire du tort mutuellement, il a insisté sur l’importance de l’honnêteté dans les relations économiques et professionnelles.

« Dans le commerce, par exemple, certains ne respectent pas la justice. Manquer de justice, c’est voler. C’est aussi manquer de miséricorde », a-t-il martelé.

L’Abbé Musiyiro a particulièrement appelé les employeurs à respecter les personnes qui travaillent pour eux en leur accordant une rémunération juste.

« Les personnes qui nous servent doivent être rémunérées avec justice. Nous aimons parfois faire travailler quelqu’un gratuitement, lui faire perdre tout son temps sans rien lui donner en retour. Ce n’est pas juste. Ce n’est pas non plus miséricordieux », a-t-il dénoncé.

Devenir des témoins fidèles de l’ÉvangileEn conclusion, le célébrant a invité les fidèles à demander à Dieu la grâce de devenir des personnes justes, miséricordieuses, fidèles et remplies d’amour. Pour lui, la véritable préparation au jugement dernier commence par une transformation intérieure et se manifeste ensuite dans les relations avec les autres.

« Voilà pourquoi nous devons reconnaître notre hypocrisie et demander la grâce de devenir des personnes justes, miséricordieuses et pleines d’amour », a-t-il exhorté.

Il a enfin rappelé que les chrétiens seront appelés à rendre compte de la Parole qu’ils ont reçue et entendue.

« Ainsi, nous resterons fidèles à l’Évangile que nous avons entendu et reçu. Et, au jour du jugement, nous serons jugés pour la vie, pour la vie éternelle », a-t-il conclu.

L’Abbé Musiyiro Marie Jean-Baptiste a terminé son homélie en confiant les fidèles à l’intercession de la Vierge Marie, avant de prier : « Que la Vierge Marie prie pour nous, malgré nos faiblesses et notre hypocrisie. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. »

Reginald Karem Been Vasambya

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