août 21, 2026

Le Sanctuaire diocésain Marie Consolatrice des Affligés (MCA-Vuhira) de Butembo-Beni a accueilli, ce vendredi 21 août 2026, la messe des malades, célébrée par l’abbé Simon Pierre Mahamba. Cette célébration, marquée par l’adoration du Saint-Sacrement et la prière de délivrance, a rassemblé plusieurs fidèles venus confier au Seigneur leurs souffrances, leurs maladies ainsi que différentes situations difficiles de leur vie.

À l’occasion de la mémoire liturgique de saint Pie X, l’abbé Simon Pierre Mahamba a centré son homélie sur la puissance de Dieu capable de redonner vie à ce qui paraît définitivement perdu. S’appuyant notamment sur le récit du prophète Ézéchiel et des ossements desséchés, le prêtre a invité les chrétiens à ne pas considérer comme définitivement terminées les situations qui semblent sans issue.

« Dieu peut encore faire surgir la vie »

Pour l’abbé Simon Pierre Mahamba, chacun peut porter dans son cœur une situation qui l’a profondément blessé au point de lui faire perdre toute espérance. Maladie, pauvreté, perte d’un emploi, difficultés familiales, échec, solitude, péché ou encore différentes formes d’esclavage intérieur peuvent conduire une personne à avoir le sentiment que sa vie est devenue semblable à un tombeau.

« C’est fini, il n’y a plus d’espoir », peuvent parfois penser certaines personnes confrontées à de grandes souffrances. Pourtant, rappelle le célébrant, la Parole de Dieu invite à regarder au-delà des apparences.

Dans la première lecture, le prophète Ézéchiel est placé devant une vallée remplie d’ossements desséchés. Ces ossements représentent une situation de mort et de désolation. Le peuple d’Israël, alors en exil à Babylone à cause de son infidélité à Dieu, avait perdu ses repères et sa liberté. Il se considérait comme un peuple sans avenir.

L’abbé Simon Pierre Mahamba a rapproché cette expérience de certaines situations que vivent encore les hommes et les femmes aujourd’hui.

« Les ossements desséchés représentent tout ce qui ne fonctionne plus dans notre existence et qui nous maintient dans une situation de mort », a-t-il expliqué dans son homélie.

Pour lui, les « tombeaux » dont parle le prophète Ézéchiel peuvent représenter les différentes réalités qui enferment l’être humain et lui font perdre sa liberté. Il peut s’agir d’une maladie, du découragement, de la pauvreté, du péché, d’une dépendance, d’une blessure intérieure ou de toute autre situation qui semble avoir détruit l’espérance.

Mais Dieu annonce : « Je vais ouvrir vos tombeaux, je vous ferai sortir de vos tombeaux. »

Le prêtre a ainsi insisté sur la capacité de Dieu à intervenir là où l’homme ne voit plus de solution.

« Là où il y a eu une chute, Dieu seul peut relever. Là où quelque chose a été détruit, Dieu seul peut le restaurer », a-t-il souligné.

Face à la maladie et aux guerres, conserver l’espérance

Le message de cette messe des malades a également été replacé dans le contexte difficile que traverse la région, notamment marqué par la maladie à virus Ebola et les conflits armés.

L’abbé Simon Pierre Mahamba a reconnu que la maladie et les guerres entretiennent chez de nombreuses personnes la peur de la mort et de l’avenir. Mais, selon lui, ces épreuves ne doivent pas conduire les croyants au désespoir.

Il a appelé les fidèles à garder confiance en Dieu, tout en rappelant que la foi ne dispense pas de la responsabilité humaine.

Le prêtre a notamment insisté sur le respect des mesures sanitaires et sur la nécessité de collaborer avec les acteurs de santé dans la lutte contre les maladies.

« Nous devons respecter les mesures et les règles sanitaires et collaborer avec Dieu pour combattre les maladies, afin que nous puissions vivre », a-t-il exhorté.

Il a ainsi présenté la foi et la responsabilité comme deux réalités qui doivent aller ensemble. Pour lui, demander à Dieu la guérison ne signifie pas refuser les soins ou les mesures de prévention. Au contraire, le croyant est appelé à mettre sa confiance en Dieu tout en faisant ce qui est humainement possible pour préserver la vie.

La pauvreté, la maladie et le découragement peuvent devenir des « tombeaux »

Dans son homélie, le célébrant a également évoqué les nombreuses formes de souffrance qui peuvent enfermer une personne dans le découragement.

Il a pensé particulièrement à ceux qui ont perdu leurs biens, leur activité professionnelle ou leur emploi, ainsi qu’à ceux qui n’ont plus les moyens de subvenir à leurs besoins. La pauvreté, a-t-il expliqué, peut progressivement faire perdre à une personne le sentiment de sa dignité et de son utilité sociale.

Certains souhaitent encore aider les autres, mais se retrouvent eux-mêmes dans l’incapacité de le faire. Ils peuvent alors avoir l’impression de ne plus être compris et de vivre dans une situation sans issue.

La maladie constitue également, selon lui, une autre forme d’épreuve. Une personne malade peut être empêchée de sortir, de travailler ou de participer normalement à la vie de la communauté. Elle peut se retrouver isolée et perdre progressivement courage.

C’est à toutes ces personnes que le message d’Ézéchiel est adressé : Dieu peut ouvrir les tombeaux.L’abbé Mahamba a donc invité les fidèles à identifier ce qui, dans leur propre existence, les enferme et leur fait perdre leur liberté.

« Qu’est-ce qui vous maintient aujourd’hui dans une situation de mort ? », a-t-il demandé aux chrétiens.

Cette interrogation constitue, selon le message de l’homélie, un appel à un examen personnel et spirituel. Chacun est invité à reconnaître ce qui l’empêche d’avancer et à le présenter au Seigneur dans la prière.

« Là où les hommes arrivent à leurs limites, Dieu peut encore agir »

L’abbé Simon Pierre Mahamba a également évoqué les personnes confrontées à des situations médicales particulièrement difficiles.

Il a rappelé que les professionnels de santé peuvent parfois arriver au bout des possibilités thérapeutiques disponibles. Dans de telles circonstances, la foi peut aider le malade et son entourage à conserver l’espérance.

Le prêtre n’a pas opposé la médecine à la foi. Il a plutôt insisté sur le fait que l’être humain doit reconnaître ses limites et continuer à confier sa vie à Dieu.

« Là où les hommes arrivent à leurs limites, Dieu peut encore agir », a-t-il affirmé, en soulignant que cette action de Dieu peut concerner aussi bien la vie physique que la vie spirituelle.

Pour lui, même lorsque la guérison physique n’intervient pas comme l’homme l’attend, la foi chrétienne continue d’ouvrir une perspective d’espérance, fondée sur la vie éternelle promise par le Christ.Le Saint-Esprit, souffle qui redonne vie

Revenant au récit d’Ézéchiel, le célébrant a rappelé que les ossements desséchés ne retrouvent pas seulement leur forme. Après que les os se sont rapprochés, que la chair et les nerfs sont apparus, Dieu fait venir sur eux son souffle de vie.Les corps se lèvent alors et deviennent une immense armée.

Pour l’abbé Mahamba, cette image manifeste la puissance de l’Esprit de Dieu. Là où l’homme ne voit que des ruines, Dieu peut reconstruire. Là où il ne voit que la mort, Dieu peut faire naître la vie.

Le prêtre a ainsi invité les fidèles à accueillir l’Esprit de Dieu afin de retrouver la force de se relever.

Il a prié particulièrement pour ceux qui se sentent prisonniers d’une situation qu’ils ne parviennent pas à surmonter, ceux qui ont perdu l’espérance et ceux qui vivent dans une profonde solitude.

La liberté véritable se trouve dans le Christ

Une autre partie importante de l’homélie a porté sur la liberté que Jésus-Christ vient offrir à l’humanité.

Commentant l’Évangile du jour, l’abbé Simon Pierre Mahamba a évoqué les pharisiens et leur attachement à la Loi. Selon lui, la multiplication des prescriptions et des interdictions pouvait devenir un lourd fardeau pour les personnes qui cherchaient constamment à savoir ce qui était permis ou interdit.

Face à cette logique, Jésus vient rappeler l’essentiel : aimer Dieu et aimer son prochain.

« Nous sommes libres dans le Seigneur ! Jésus-Christ nous montre qu’il est venu nous apporter la liberté », a déclaré le prêtre.

Pour lui, la vie chrétienne ne doit donc pas être vécue comme une succession interminable de contraintes, mais comme une réponse d’amour à Dieu et au prochain.Aimer Dieu signifie toutefois rester fidèle à sa volonté et à ses commandements. Cet amour ne peut pas être séparé de l’amour du prochain.

L’abbé Mahamba a rappelé que chaque être humain a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Par conséquent, il n’est pas possible de prétendre aimer Dieu tout en méprisant ou en haïssant son frère ou sa sœur.

« Dieu a mis en chacun de nous son souffle et sa vie. Nous sommes tous enfants de Dieu », a-t-il rappelé.

Saint Pie X, modèle de fidélité à la foi

Cette messe des malades coïncidait avec la mémoire de saint Pie X, dont la vie a également occupé une place importante dans l’homélie.

L’abbé Simon Pierre Mahamba a présenté ce pape comme un modèle de fidélité à l’enseignement de l’Église et de défense de la foi catholique. Il a rappelé son engagement pour la restauration de la discipline ecclésiale et sa lutte contre les enseignements qu’il considérait comme contraires à la foi de l’Église.

Saint Pie X est également connu pour avoir encouragé la communion fréquente des fidèles, y compris des enfants. À travers cet engagement, il soulignait l’importance de l’Eucharistie dans la vie chrétienne.

Pour l’abbé Mahamba, la vie de saint Pie X montre qu’une personne ne peut pas véritablement vivre sans Dieu et sans Jésus-Christ.

Le prêtre a aussi insisté sur la simplicité et la pauvreté de ce saint. Saint Pie X a consacré toute sa vie au service de Dieu et de l’Église, trouvant dans le Seigneur sa véritable richesse.

L’abbé Mahamba a donc invité les fidèles à demander, par l’intercession de saint Pie X, la grâce de rester fermes dans la foi et fidèles à l’enseignement de l’Église catholique.Une prière pour la délivrance et la liberté

La célébration au Sanctuaire MCA-Vuhira a également été marquée par un temps d’adoration du Saint-Sacrement et une prière de délivrance.

Dans cette perspective, l’abbé Simon Pierre Mahamba a invité les chrétiens à confier au Seigneur toutes les formes d’emprise qui les empêchent de vivre pleinement : le péché, le découragement, les souffrances, les situations de dépendance et tout ce qui les éloigne de Dieu.

Il a également prié pour les personnes qui se sentent prisonnières de situations qu’elles ne comprennent pas ou dont elles ne parviennent pas à sortir.

« Dieu apporte la liberté à ceux qui sont prisonniers. Il veut libérer ceux qui sont enfermés dans des situations qui les empêchent de vivre pleinement », a-t-il enseigné.

Cette prière de délivrance a ainsi été présentée non seulement comme une demande de protection, mais aussi comme un appel à retrouver une relation plus profonde avec Dieu.

« Ne soyez pas constamment une personne qui perd l’espérance »

Au terme de son enseignement, l’abbé Simon Pierre Mahamba a appelé les fidèles à ne pas s’installer dans le désespoir.Il les a encouragés à faire de la prière, de la Parole de Dieu et de la participation à la Sainte Messe des sources de renouvellement spirituel.

Pour lui, le chrétien ne doit pas rester prisonnier de ses souffrances. Même lorsqu’une situation paraît être devenue un tombeau, il doit continuer à croire que Dieu peut ouvrir un chemin.

« Ne soyez pas constamment une personne qui perd l’espérance, qui se lamente et qui pleure sans cesse. Devenez plutôt une personne libre entre les mains de son Seigneur », a-t-il exhorté.

La messe des malades célébrée à MCA-Vuhira aura ainsi porté un message central : la maladie, la pauvreté, le péché, les épreuves et les souffrances ne doivent pas conduire le chrétien à perdre toute espérance.

À travers l’image des ossements desséchés du prophète Ézéchiel, l’abbé Simon Pierre Mahamba a rappelé que Dieu peut faire renaître la vie là où l’homme ne voit plus que la mort.

Pour les fidèles réunis à MCA-Vuhira, cette célébration aura donc été un appel à se relever, à garder la foi et à placer leur espérance dans le Dieu qui donne la vie et qui libère.

Reginald Karem Been Vasambya

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