août 21, 2026

La richesse, l’intelligence et les biens matériels sont des bénédictions lorsqu’ils sont utilisés pour servir Dieu et les autres, mais peuvent devenir un obstacle à la vie spirituelle lorsqu’ils conduisent à l’orgueil et à l’oubli de Dieu. C’est l’essentiel du message livré par le Révérend Abbé Simon Pierre Mahamba lors de la messe matinale célébrée ce mardi 18 août 2026 au sanctuaire diocésain Marie Consolatrice des Affligés (MCA-Vuhira), à Butembo-Beni, où il exerce son ministère sacerdotal comme vicaire.

Dans son homélie, le prêtre s’est appuyé sur la première lecture tirée du livre du prophète Ézéchiel, qui évoque l’orgueil des habitants de Tyr. Il a expliqué que leur richesse et leurs succès commerciaux les avaient conduits à se considérer comme invincibles.

« Chers frères et sœurs bien-aimés, il y a des choses de ce monde qui, si nous les utilisons mal, peuvent nous faire perdre toute notre vie, surtout notre vie spirituelle. Car certaines choses conduisent une personne à l’orgueil et à se glorifier de sa réussite, de son argent, de son intelligence, de ses connaissances. Et le grand problème, c’est qu’une personne en arrive à oublier Dieu. C’est cela qui devient de l’orgueil».

L’Abbé Simon Pierre Mahamba a poursuivi en expliquant l’origine de l’orgueil dénoncé par le prophète Ézéchiel chez les habitants de Tyr.

« Cet orgueil, nous l’avons entendu dans la première lecture, où le prophète Ézéchiel s’adresse aux habitants de Tyr. D’où vient leur orgueil ? Ils ont construit leur belle ville au bord de la mer, sur la côte. Et ainsi, ils se glorifient parce qu’ils sont devenus riches, parce qu’ils ont de l’argent et de l’or. Ils ont considérablement accru leurs richesses grâce à leurs activités commerciales. Ils en sont donc arrivés à se considérer comme des dieux. Ils pensent avoir réussi à tout obtenir et qu’il n’y a plus rien qui puisse les vaincre. »

La richesse n’est pas un péché

Évoquant ensuite l’Évangile du jour, le vicaire du sanctuaire MCA-Vuhira a rappelé l’enseignement de Jésus-Christ selon lequel les premiers peuvent devenir les derniers et les derniers les premiers. Il a reconnu que la richesse peut être considérée comme une bénédiction, tout en mettant les fidèles en garde contre l’envie et l’attachement excessif aux biens matériels.

« Chers bien-aimés, Jésus-Christ dit dans l’Évangile d’aujourd’hui que ceux qui apparaissent comme les premiers seront les derniers, et que les derniers seront les premiers. Il y a des personnes que nous regardons, que nous admirons et même que nous envions. Nous souhaitons leur ressembler parce qu’elles sont riches. »

Pour lui, posséder des biens n’est pas en soi une faute. Il faut cependant savoir reconnaître leur origine et les utiliser correctement.

« En vérité, la richesse n’est pas un péché et la richesse n’est pas mauvaise. Nous savons que, dans notre vie, la richesse peut être un signe de bénédiction. Souvent, nous prions ici en disant : “Seigneur, donne-nous des bénédictions, des bénédictions, des bénédictions.” Et ces bénédictions, nous les retrouverons dans nos maisons et dans nos activités commerciales. La richesse est une bénédiction. »

Le prêtre a également rappelé que, dans la tradition juive, la richesse, les enfants, la bonne santé et la longévité étaient considérés comme des signes de bénédiction divine.

« Chez les Juifs également, certains signes montraient qu’une personne était bénie par Dieu : être riche, avoir des enfants, être en bonne santé et vivre longtemps étaient considérés comme des signes de bénédiction venant de Dieu. Mais que cela ne nous conduise pas à l’orgueil. »

« Tout ce que nous obtenons vient de la grâce de Dieu »

L’Abbé Mahamba a ensuite insisté sur la nécessité de ne pas utiliser l’intelligence ou les richesses reçues de Dieu pour finir par oublier leur source.

« Car certains, après avoir été bénis par l’intelligence qu’ils possèdent et par les bénédictions qui viennent de Dieu, utilisent leur intelligence pour acquérir des richesses, mais finissent par oublier Dieu. Dans cette situation, les habitants de Tyr en sont venus à se croire puissants, extrêmement puissants. »

Selon lui, le prophète Ézéchiel ne condamne pas simplement la richesse des habitants de Tyr, mais surtout leur orgueil.

« Et si le prophète les interpelle aujourd’hui, ce n’est pas à cause de leur richesse ou de leur intelligence, mais à cause de leur orgueil. »

Le prédicateur a ainsi invité les fidèles à reconnaître que leurs capacités et leurs biens sont d’abord des dons de Dieu.

« Frères et sœurs bien-aimés, nous avons dit que tout ce que nous obtenons vient de la grâce de Dieu. Si vous êtes riche, sachez que c’est par grâce. Si Dieu vous a donné de l’intelligence, c’est par grâce. Ainsi, quoi que vous obteniez, ne vous considérez jamais comme Dieu, comme le prophète le dit ici à propos des habitants de Tyr. »

Revenant sur le cas des habitants de Tyr, il a souligné que leur prétention à se considérer comme des dieux constituait en réalité un oubli de Dieu.

« Ils se considéraient comme des dieux, ce qui signifie qu’ils avaient oublié Dieu. Et Dieu leur dit que leur orgueil prendra fin, parce que leur ville sera détruite. Ce qu’ils imaginent être leur grandeur, ce dont ils se vantent, prendra fin. »

Une mise en garde contre la domination

Dans son homélie, l’Abbé Simon Pierre Mahamba a également élargi sa réflexion aux nations qui cherchent à exercer une domination sur les autres en raison de leur puissance économique, intellectuelle ou militaire.

« Aujourd’hui, il y a des nations qui cherchent à dominer les autres, voire à dominer le monde entier, parce qu’elles ont de l’intelligence, des richesses et parce qu’elles sont devenues puissantes. Elles pensent avoir la capacité de dominer le monde entier. Tout cela relève de l’orgueil, et même d’un grand orgueil. »

Il a rappelé que toute puissance humaine demeure limitée et temporaire.

« On peut avoir de la puissance aujourd’hui, on peut s’enrichir aujourd’hui, mais il arrive toujours un moment où Dieu nous rappelle que nous ne sommes que des êtres humains. Nous devons donc être humbles dans tout ce que nous recevons de Dieu. »

La richesse peut devenir une prisonPoursuivant sa méditation à partir de l’Évangile, le prêtre a expliqué que les biens matériels ne peuvent procurer à l’homme le bonheur éternel. Mal utilisés, ils peuvent même devenir un obstacle à l’entrée dans le Royaume des cieux.

« Cela nous montre que ce n’est pas la richesse qui nous procurera le bonheur éternel, ni les biens de ce monde. Et cette richesse dont nous disposons, si nous en faisons mauvais usage, peut se transformer en perte, elle peut devenir un obstacle pour entrer dans le Royaume des cieux et obtenir la béatitude éternelle. »

Il a ensuite évoqué le jeune homme riche qui voulait suivre Jésus mais qui n’a pas réussi à se détacher de ses biens.

« Jésus-Christ s’étonne. Nous avons entendu comment un jeune homme, un jeune homme riche, est venu à sa rencontre, cherchant à suivre Jésus-Christ. Il observait les commandements, il les observait tous. Jésus-Christ lui dit alors : “Il te manque une seule chose. Va, vends tout ce que tu as et donne-le aux pauvres.” À cette parole, le jeune homme repartit dans la tristesse, parce qu’il possédait de grandes richesses. Il n’arrivait pas à se détacher de ses biens et ne pouvait pas suivre Jésus-Christ. Cela signifie que sa richesse était devenue pour lui comme une véritable prison. Il n’arrivait pas à s’en détacher, comme s’il disait : “Je ne peux pas vivre sans mes biens.” »

L’Abbé Mahamba a toutefois reconnu la nécessité de l’argent dans la vie quotidienne, notamment pour répondre aux besoins essentiels.

« Et effectivement, nous avons besoin d’argent pour satisfaire nos besoins quotidiens. Une personne ne peut pas vivre ici-bas sans argent. Il faut avoir de l’argent pour acheter de la nourriture, des médicaments et pour répondre à différents besoins. Il y a aussi des personnes qui vendent de l’eau ou qui ont besoin d’argent pour acquérir une parcelle. Il faut donc de l’argent. »

Le danger apparaît lorsque l’argent et les biens prennent la place de Dieu dans la vie de l’homme.

« Mais il arrive qu’au lieu de servir Dieu, qui nous donne les biens, et de nous tourner vers Celui qui est la source de notre richesse, nous commencions à servir l’argent et les biens à la place de Dieu. C’est alors que la richesse devient une prison. »

« Il est très difficile pour un riche d’entrer dans le Royaume des cieux »

Le prédicateur a invité les chrétiens à ne pas placer leur confiance ultime dans leurs richesses, rappelant leur caractère temporaire.

« Et Jésus-Christ dit qu’il est très difficile pour un riche d’entrer dans le Royaume des cieux. Il s’agit du riche qui s’attache à ses biens et à sa richesse en pensant qu’ils peuvent le sauver, oubliant que les choses de ce monde sont temporaires et qu’elles passent avec le monde lui-même. »

Il a appelé les fidèles à rechercher plutôt les trésors qui demeurent dans le ciel.

« Jésus-Christ nous dit de nous amasser des trésors dans le ciel, là où il n’y a ni mite ni rouille qui puisse les détruire. Car les biens de ce monde finissent par disparaître. »

Pour l’Abbé Mahamba, la question n’est donc pas simplement de savoir si une personne possède des richesses, mais surtout de savoir quelle place ces richesses occupent dans sa relation avec Dieu.

« Chers bien-aimés, nous devons bien écouter Jésus-Christ. Et nous savons que la richesse est une bénédiction, comme nous l’avons dit. Si vous la recevez comme une bénédiction, elle ne vous empêchera pas de suivre Dieu ni de le servir. Mais si vous la recherchez par vos propres forces et sans Dieu, et si vous la servez à la place de Dieu, il vous sera vraiment difficile d’entrer dans le Royaume de Dieu. »

« La richesse peut devenir mauvaise selon la manière dont on la recherche »

Le vicaire du sanctuaire MCA-Vuhira a également dénoncé les moyens malhonnêtes utilisés par certaines personnes pour s’enrichir.

« Cela ne signifie donc pas que les biens et la richesse sont mauvais en eux-mêmes. Ils peuvent devenir mauvais selon la manière dont on les recherche. Certains, par exemple, cherchent à s’enrichir en pillant les biens des autres, en écrasant les autres, en volant les salaires des autres, voire en versant le sang. Cette richesse est mauvaise. »

Il a également invité chacun à examiner la manière dont il utilise les biens qu’il possède.

« Il y en a aussi qui recherchent leur richesse par amour du gain. Et la richesse devient également mauvaise selon la manière dont vous l’utilisez. Comment utilisez-vous votre richesse ? Vous a-t-elle apporté de l’orgueil ? Vous a-t-elle amené à mépriser les autres ? Ne vous souciez-vous plus de Dieu ? Ne vous souciez-vous plus des autres ? »

L’Abbé Simon Pierre Mahamba a rappelé que la mort constitue une limite à laquelle toute richesse humaine finit par se heurter.

« Un jour, lorsque Dieu était passé parmi nous ici, il nous avait dit que, même si vous êtes extrêmement riche, votre richesse ne pourra pas vous accompagner. Ce sont d’autres personnes qui vous accompagneront jusqu’à votre dernière demeure ici-bas. Nous devons donc être humbles. »

Chercher d’abord le Royaume de Dieu

En conclusion, le prêtre a exhorté les chrétiens à placer le Royaume de Dieu au-dessus des préoccupations matérielles.

« Jésus-Christ nous dit souvent que nous devons chercher d’abord le Royaume des cieux, et tout le reste nous sera donné en plus. »

Il a ainsi formulé une prière invitant les fidèles à reconnaître Dieu comme la source de toute richesse et à mettre leurs biens au service de l’Église et de la société.

« Chers bien-aimés, prions Dieu de nous accorder de nous tourner d’abord vers Lui, qui est l’origine et la source de toute richesse. Qu’il nous accorde de le suivre pleinement, comme Pierre l’a demandé : “Et nous qui avons tout laissé pour te suivre, qu’allons-nous recevoir ?” Jésus-Christ lui répond qu’ils recevront le Royaume des cieux et tout ce qu’ils ont laissé. Il dit même, à un autre moment, qu’ils recevront au centuple tout ce qu’ils ont laissé, ainsi que le Royaume des cieux. »

Enfin, l’Abbé Mahamba a invité les fidèles à rechercher le véritable bonheur, celui qui ne prend pas fin, et à utiliser leurs richesses pour aider les personnes dans le besoin.

« Prions Dieu de nous accorder de reconnaître où se trouve la béatitude sans fin, le bonheur qui ne passe pas, la joie éternelle : dans le Royaume des cieux. »

« Et que les biens que nous recevons de Lui comme bénédictions, comme richesses, nous aident à le servir dans l’Église, dans la famille et dans la société, en venant en aide à nos frères et sœurs qui souffrent ainsi qu’à tous ceux qui ont besoin de notre assistance. Que ces biens ne nous apportent pas de l’orgueil, mais qu’ils nous aident à rester humbles. Ainsi, nous entrerons dans son Royaume. »

Après la messe, certains fidèles présents ont pris part à un enseignement sur l’arbre généalogique, dispensé dans cette même chapelle Mater Misericordiae du sanctuaire diocésain MCA-Vuhira.

Reginald Karem Been Vasambya

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

RTMCA

GRATUIT
VOIR