août 21, 2026

L’inculturation a été au centre du deuxième Congrès international des experts en liturgie, organisé à Dar es-Salaam, en Tanzanie, du 2 au 9 août 2026. La rencontre a réuni 112 participants venus de onze pays africains. De retour de cette rencontre, le Révérend Abbé Josaphat Mbindule Wasukundi, prêtre du diocèse de Butembo-Beni et docteur en liturgie, a été abordé par RTMCA.NET, mardi 18 août 2026. Il est revenu sur les principales questions abordées au cours de ce congrès consacré notamment à l’inculturation de la liturgie dans les réalités culturelles africaines.

Selon lui, l’inculturation consiste à permettre à la foi chrétienne et à sa manière d’être célébrée de mieux s’inscrire dans les différentes cultures, tout en restant fidèle aux enseignements de l’Église.

« L’inculturation consiste à faire entrer la foi chrétienne et la manière de célébrer dans les différentes cultures africaines », a expliqué l’Abbé Josaphat Mbindule Wasukundi.

Cette démarche concerne plusieurs aspects de la vie liturgique, notamment la traduction de certains termes et livres liturgiques, les chants, les danses, mais également l’architecture et la construction des églises.

Les participants ont également réfléchi à certaines réalités traditionnelles africaines, notamment la place accordée aux ancêtres dans la prière chrétienne. Des responsables de l’Église, parmi lesquels des évêques de Tanzanie et d’autres représentants ecclésiaux, ont pris part aux échanges.

Vers la création d’un Institut africain de liturgie

Au terme des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées. Parmi les principales propositions figure la création d’un Institut africain de liturgie.

Cette structure aurait notamment pour mission de poursuivre la réflexion sur les questions liturgiques, de mener des recherches, de recueillir des données et de formuler des propositions adaptées aux réalités des différentes régions africaines.

« Une première proposition, c’est de créer un institut, en fait, pour que les techniciens puissent faire des travaux de réflexion, de récolte de données et aussi des propositions concrètes, et pas seulement attendre les congrès », a indiqué le prêtre.

D’autres réflexions ont porté sur la valorisation des expressions culturelles locales dans les célébrations liturgiques, notamment les danses et les autres formes d’expression propres à chaque communauté.

L’Abbé Josaphat Mbindule Wasukundi a également évoqué la nécessité de développer des modèles de construction d’églises davantage adaptés aux contextes locaux, plutôt que de reproduire systématiquement des modèles venus d’ailleurs.

« Troisièmement, ce serait, par exemple, de fonder une unité de construction et de ne pas imiter uniquement les modèles », a-t-il expliqué.

La synodalité, un enjeu pour la liturgie

En conclusion, le docteur en liturgie a appelé les chrétiens à renforcer davantage l’esprit de synodalité au sein de l’Église.

Pour lui, la liturgie ne doit pas être considérée comme une affaire réservée aux seuls prêtres. Elle doit impliquer l’ensemble de la communauté chrétienne, afin que chaque fidèle puisse participer activement à la vie et à la célébration de sa foi.

Sylvie Kaswera

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