Pendant que les cœurs de la population saignent encore après les massacres de Byambwe, le bilan des victimes pourrait être revu à la hausse après l’enterrement des corps retrouvés et ensevelis ce dimanche 16 novembre, à l’issue d’une messe célébrée pour le repos de leurs âmes par le curé de la paroisse de Biambwe, l’abbé Gislain Katsere.

Selon notre source, d’autres corps auraient été découverts en brousse dans l’après-midi par des volontaires qui fouillaient l’itinéraire emprunté par les assaillants. C’est dans une profonde émotion, mêlée d’un chagrin indescriptible, que les dépouilles des victimes ont été conduites à leur dernière demeure, en présence d’amis, de proches et de connaissances rescapés, qui n’avaient que leurs larmes pour exprimer leur douleur.
Les dernières informations en notre possession indiquent que la population quitte massivement la localité, craignant pour sa sécurité. Certains prennent la direction de Butembo, de Masoya, d’autres se dirigeraient vers Manguredjipa, tandis que d’autres encore cherchent refuge dans des zones supposées sécurisées.
La vie est devenue invivable à Byambwe : pas d’école, pas de structure sanitaire, pas de maison de commerce, encore moins de marché. Cependant, la population affirme qu’elle ne peut pas laisser libre passage aux ennemis de la paix et jure de ne pas abandonner ses terres.
« Nous devons être résilients », a lancé un habitant de Byambwe ce lundi 17 novembre 2025, d’une voix abasourdie, au téléphone de la RTMCA.
« Nous ne voulons que la paix, rien que la paix dans notre région. Que le gouvernement nous sécurise. Nous ne comprenons plus ce qui se passe ici, alors que jamais une telle ampleur de violence n’avait été observée dans notre milieu, contrairement à ce que nous entendions de Beni et d’Ituri. Pourquoi le silence du gouvernement face à cette calamité ? », s’est interrogé, le cœur brisé, un habitant de Byambwe au téléphone de rtmca.net.
Byambwe, chef-lieu du groupement Manzia en chefferie de Baswagha, situé à 62 km à l’ouest de Butembo sur l’axe Butembo–Manguredjipa, est aujourd’hui exposé à une crise humanitaire majeure après le récent massacre.
Après les tueries de Byambwe, Vahamwiti exige une révision urgente de la stratégie contre les ADF
Le énième cas de massacres survenu à Byambwe constitue une interpellation aux autorités nationales quant à la stratégie adoptée pour combattre les tueurs qui sèment la terreur et la désolation dans l’espace Beni-Lubero. C’est ce qui ressort du message de condoléances adressé à la population de Byambwe par Monsieur Jean Chrysostome Vahamwiti Mukeshayira, après les atrocités perpétrées le week-end dernier dans cette entité.
Pour ce député honoraire du territoire de Lubero, la stratégie actuelle doit être entièrement revue, et l’opération Shuja FARDC–UPDF mérite un suivi rapproché sur le terrain. Ce fils du terroir insiste sur le fait qu’il ne cesse de solliciter du gouvernement national que la question des ADF soit traitée comme une priorité sécuritaire, au même titre que la guerre opposant les forces loyalistes au M23–AFC.
Monsieur Mukeshayira regrette par ailleurs que les victimes de la guerre et de l’insécurité dans les territoires de Lubero et de Beni ne soient pas suffisamment honorées par la nation.
Dans ce sens, l’élu de Lubero invite le gouvernement de la République à déployer de toute urgence la Réserve de l’Armée de Défense, afin de mener une lutte réelle contre les tueurs, en collaboration avec les autres forces qui conjuguent déjà leurs efforts avec ceux du gouvernement, lit-on dans son message de compassion.
Kakule Kamaliro