Le monde célèbre ce mercredi 30 septembre 2026 la Journée internationale de la traduction. À l’ère de l’intelligence artificielle, comprendre et traduire une langue étrangère devient de plus en plus accessible dans plusieurs domaines de la vie. Des applications et systèmes basés sur l’intelligence artificielle, tels que ChatGPT, Google Translate, DeepL et bien d’autres, facilitent désormais le travail de traduction.
Pour en parler, RTMCA.NET est allée à la rencontre de l’ingénieur Julien Kabuyahia, informaticien généraliste spécialisé dans les technologies de l’intelligence artificielle. Selon notre interlocuteur, les outils d’intelligence artificielle sont aujourd’hui capables d’assister l’être humain dans la traduction de nombreuses langues. Une évolution qui peut notamment être bénéfique aux professionnels et aux personnes spécialisle domaine des langues.
L’ingénieur Julien Kabuyaya souligne toutefois que l’intelligence artificielle reste un outil d’assistance. Elle ne devrait pas remplacer totalement l’intervention humaine. Selon lui, l’utilisateur doit également fournir un effort pour vérifier, corriger et adapter les traductions produites par ces outils.
« Toutes ces applications peuvent faire la traduction donc c’est une imitation de l’intelligence humaine. L’intelligence artificielle ne vient pas remplacer le domaine du traducteur mais l’IA c’est un assistant pour les traducteurs. Ça va lui permettre d’ailleurs d’être plus performant et plus apprécié dans le travail qu’il fait. Seulement il faudra revenir justement aux considérations éthiques parce que même si l’IA a traduit, il faudra maintenant que ce que l’IA a fourni comme résultat soit soumis à une critique et la personne qui est en mesure de critiquer le contenu généré par exemple en ce qui concerne la matière de traduction d’une langue à une autre c’est bien évidemment quelqu’un qui a fait la traduction comme domaine de spécialisation, » a-t-il fait savoir.
Mais pourquoi l’intelligence artificielle présente-t-elle encore des limites lorsqu’il s’agit de traduire certaines langues locales, notamment le kinande, le kipiri ou encore le kitalinga ? Notre interlocuteur explique cette difficulté par le manque de documentation et de ressources linguistiques disponibles sur Internet pour ces langues. Face à cette situation, il encourage les informaticiens et les jeunes talents du terroir à s’investir dans la conception d’outils d’intelligence artificielle adaptés aux langues locales et aux langues maternelles de la région.
« Pour nos langues locales ici, les intelligences artificielles n’ont pas tous les éléments qui peuvent leur permettre de faire une bonne traduction, c’est juste ça la limite. Et cela c’est justement un appel aux différents chercheurs, nous avons à l’ISP les gens qui font le français et langues africaines, ces gens-là ont vraiment un grand travail à faire en ce qui concerne la publication des normes linguistiques. Si on arrivait à enrichir les bases de données sur internet et puis nous donnons les différentes normes de notre langue, la syntaxe, le mot, la grammaire, tous ces éléments-là, les intelligences artificielles pourront arriver à faire une traduction littérale. En ce qui concerne les informaticiens, ceux-là doivent être aussi en mesure maintenant de concevoir des intelligences artificielles spécialisées pour nos langues », dit-il déclaré.
La Journée internationale de la traduction est célébrée chaque année le 30 septembre, à l’occasion de la fête de saint Jérôme, traducteur de la Bible en latin et considéré comme le saint patron des traducteurs. Cette journée met en lumière le rôle de la traduction dans le rapprochement entre les peuples, la communication entre les cultures et la préservation de la diversité linguistique.
John Matata