À l’issue de la publication des résultats de l’examen d’État (édition 2024-2025) à Butembo, les réactions sont partagées entre joie et déception. Certains finalistes sont touchés psychologiquement par l’échec scolaire, tandis que d’autres célèbrent leur succès.
Contactée mercredi 3 septembre 2025, Madame Gisèle Mahamba, psychologue clinicienne au Centre Médico-Mental Sainte-Marie, a alerté sur les conséquences émotionnelles de l’échec scolaire. Selon elle, celui-ci peut provoquer un choc profond, parfois à l’origine de troubles mentaux. Elle encourage les élèves concernés à accepter leurs résultats pour préserver leur équilibre psychologique.
« Un résultat négatif peut déclencher un choc émotionnel susceptible d’engendrer des pathologies mentales », a-t-elle souligné. Dans la même optique, la psychologue a lancé un appel aux parents d’élèves, les invitant à faire preuve de compassion et à éviter tout rejet ou culpabilisation. « La pression parentale est un facteur aggravant qui peut plonger les jeunes dans la détresse psychologique », a-t-elle insisté.
Au-delà de l’échec scolaire, Madame Mahamba a identifié quatre autres facteurs majeurs de troubles mentaux. Il s’agit entre autres des causes physiques (traumatismes, maladies) ; des facteurs psychologiques (stress chronique, traumatismes émotionnels) ; des dimensions spirituelles (crises existentielles, croyances oppressantes) ; les déterminants sociaux (pauvreté, exclusion, violences).
Elle a particulièrement mis en garde contre la consommation de substances psychoactives, très répandue chez les jeunes et principale cause de pathologies mentales. Un plaidoyer a été lancé pour inciter les jeunes à s’en éloigner.
Enfin, la spécialiste a rappelé l’importance d’une prise en charge globale : Ne pas négliger l’accompagnement psychologique. Intégrer les dimensions spirituelles sans les substituer aux soins médicaux.« La foi peut compléter la thérapie, mais ne doit pas remplacer un suivi professionnel », a-t-elle précisé.
Un message fort dans un contexte où consulter pour des troubles mentaux reste tabou dans de nombreuses familles.
Sylvie Kaswera