septembre 8, 2026

Le vice-recteur du Sanctuaire diocésain Marie Consolatrice des Affligés (MCA-Vuhira), l’abbé Blaise Ndungo Kikwaya Daniel, a appelé les chrétiens à faire de l’amour fraternel, de la vigilance spirituelle et de la correction dans la charité des repères essentiels de leur vie chrétienne. Il a livré ce message lors de la messe dominicale célébrée ce dimanche 6 septembre 2026 dans la chapelle Mater Misericordiae du sanctuaire, en présence de centaines de fidèles.

Dans son homélie, l’abbé Blaise Ndungo a d’abord insisté sur l’appel du Christ à s’aimer les uns les autres. Pour lui, l’amour chrétien ne doit pas rester une simple parole, mais doit se traduire concrètement par la recherche de l’unité, la collaboration et la capacité à rassembler plutôt qu’à disperser. Il a également invité les chrétiens à ne pas oublier ceux qui restent à l’écart, en travaillant à leur intégration au sein de la communauté.

« Aimer, c’est rechercher l’unité. Aimer, c’est chercher à collaborer avec les autres. Aimer, c’est rassembler et non disperser », a-t-il expliqué, appelant les fidèles à rechercher la paix avec tous et à travailler ensemble pour l’unité de leurs communautés. Cette unité, a-t-il souligné, suppose que chacun accepte de jouer son rôle, sans se considérer comme supérieur aux autres.

S’appuyant sur l’image de l’Église comme corps du Christ, telle que développée par saint Paul, le vice-recteur du sanctuaire a rappelé que chaque membre possède une fonction particulière. Dans un corps, a-t-il expliqué, plusieurs membres accomplissent des tâches différentes, mais tous demeurent nécessaires et sont placés sous l’autorité d’une même tête. Il en va de même dans l’Église : aucun chrétien ne devrait mépriser son prochain ni considérer que son rôle est plus important que celui des autres.

Corriger la faute sans condamner la personne

Une autre partie importante de l’enseignement de l’abbé Blaise Ndungo a porté sur la correction fraternelle. Comment réagir lorsqu’un frère, une sœur ou un proche commet une faute ? Le prédicateur a rappelé que l’Évangile invite d’abord à aller directement vers la personne concernée pour lui parler avec vérité et amour.

Il a déploré la tendance à parler de quelqu’un derrière son dos, à raconter ses erreurs, à le dénigrer ou à l’humilier devant les autres au lieu de chercher à lui parler directement. Pour lui, cette attitude ne contribue ni à la conversion de celui qui a fauté ni à la construction de la communauté.

L’abbé Blaise a ainsi établi une distinction importante entre la faute et la personne qui l’a commise. La faute doit être dénoncée et corrigée, mais la personne ne doit jamais être transformée en ennemie. « Il faut condamner la faute, mais ne jamais haïr la personne. On déteste le péché, mais on n’a pas à détester le pécheur », a-t-il enseigné.

Lorsque la personne refuse d’écouter, a-t-il poursuivi, la démarche peut progressivement s’élargir à deux ou trois personnes capables de l’accompagner avec sagesse et dans un esprit de paix. Si la situation persiste, il a invité les chrétiens à recourir aux différentes structures de l’Église, notamment les responsables communautaires, les animateurs, les responsables de secteurs, le conseil paroissial ou encore la Commission Justice et Paix.

Le prêtre a également recommandé de solliciter l’accompagnement des personnes sages et expérimentées ainsi que des prêtres lorsque cela s’avère nécessaire. Mais lorsque toutes ces démarches n’aboutissent pas, il ne faut pas abandonner la personne, a-t-il insisté : « Il faut continuer à prier pour elle et la confier au Seigneur. »

« Ne gardons pas volontairement le silence devant le mal »

L’appel à la correction fraternelle a également été relié par le prédicateur au message de la première lecture, tirée du livre d’Ézéchiel. Le prophète y apparaît comme une sentinelle chargée d’avertir son peuple.

Pour l’abbé Blaise Ndungo, cette responsabilité concerne aussi les chrétiens dans leur vie quotidienne. Lorsqu’une personne voit son frère ou sa sœur s’engager dans une mauvaise voie, elle ne devrait pas rester volontairement silencieuse par peur, indifférence ou complicité.

Il a toutefois insisté sur la manière de corriger. La correction doit être faite au moment opportun et dans le respect de la dignité de l’autre. Il a notamment évoqué la vie conjugale, estimant qu’un mari ne devrait pas humilier sa femme devant les enfants, les amis ou d’autres personnes, pas plus qu’une femme ne devrait exposer son mari publiquement.

Pour le vice-recteur de MCA-Vuhira, la sagesse consiste à trouver le moment favorable pour parler, lorsque la personne est calme et disposée à écouter. La correction fraternelle ne doit donc pas devenir une humiliation, mais plutôt un moyen d’aider l’autre à reconnaître son erreur, à changer et à retrouver le bon chemin.

« Nous sommes appelés à veiller »

Poursuivant son enseignement, l’abbé Blaise Ndungo a développé le thème de la vigilance. Il a invité les chrétiens à ne pas seulement avoir des yeux capables de voir les réalités extérieures, mais aussi des « yeux intérieurs », capables de discerner ce qui se passe réellement dans le cœur et dans la vie des personnes.

Il s’est notamment référé au prophète Habacuc qui se tient à son poste de garde pour attendre et écouter la parole du Seigneur, ainsi qu’à l’appel adressé à Ézéchiel d’être une sentinelle pour son peuple.

« Nous sommes appelés à veiller », a-t-il insisté, invitant les fidèles à demander au Christ « l’esprit et les yeux de la vigilance ». Cette vigilance ne consiste pas seulement à observer les comportements extérieurs, mais à chercher à comprendre les situations avec le regard de Dieu.

Selon lui, regarder uniquement les apparences peut conduire aux jugements précipités, aux incompréhensions et aux conflits. Une personne peut paraître distante, agressive ou désagréable sans que l’on sache ce qu’elle traverse intérieurement. Le regard spirituel permet alors de dépasser les apparences et de considérer l’autre avec davantage de compréhension.

Cette invitation au discernement est également liée à la vie communautaire. Pour mieux vivre avec les autres, a-t-il expliqué, il faut apprendre à comprendre leurs fardeaux, à pardonner et à les accueillir tels qu’ils sont.

Porter les fardeaux des autres avec discrétion

L’abbé Blaise Ndungo a également appelé les chrétiens à porter les fardeaux les uns des autres. Mais cette solidarité, selon lui, doit être vécue avec discrétion et sans chercher à humilier celui que l’on aide.

Aider quelqu’un dans ses difficultés ne signifie pas raconter ses problèmes à tout le monde ni rappeler publiquement qu’on lui est venu en aide. La véritable solidarité se vit dans l’amour, la compassion et le respect de la dignité de l’autre.

Dans ce même esprit, il a rappelé la règle d’or : ne pas faire à son prochain ce que l’on n’aimerait pas subir soi-même, mais plutôt lui faire ce que l’on aimerait qu’il nous fasse.

« Dans la langue se trouvent la vie et la mort »

La vigilance, selon le prédicateur, doit également concerner la parole. Il a invité les chrétiens à réfléchir avant de parler et à apprendre à « veiller » sur leur langue.

S’appuyant sur l’enseignement biblique concernant le pouvoir de la parole, il a rappelé que la langue peut devenir un instrument de vie comme elle peut devenir une source de destruction. Les paroles que l’on répète sur soi-même peuvent également influencer la manière dont on se perçoit et dont on avance dans la vie.

Il a ainsi encouragé les fidèles à abandonner les paroles de découragement, d’échec et de malédiction contre eux-mêmes. À l’inverse, il les a invités à croire en leurs capacités, à penser grand et à proclamer des paroles qui favorisent la vie, l’espérance et la confiance.

« Pense à de grandes choses et proclame de grandes choses, et tu deviendras grand », a-t-il lancé aux fidèles dans une exhortation ponctuée d’« Amen » et d’« Alléluia ».

Découvrir ce que Dieu a placé en soiL’un des autres axes forts de cette homélie a été l’appel à ne pas se mépriser. L’abbé Blaise Ndungo a invité chacun à reconnaître les dons, les talents et les capacités que Dieu a déposés en lui.

Il a dénoncé la mentalité qui pousse certaines personnes à se considérer constamment comme inférieures ou à accepter de rester « derrière » les autres. À travers des images simples de la vie quotidienne, il a encouragé les fidèles à prendre conscience de leur dignité et de leur potentiel.

Pour lui, chaque personne porte quelque chose de précieux reçu de Dieu. Il revient donc à chacun de le découvrir, de le développer et de le mettre au service des autres.

« Il y a quelque chose en toi que le Père lui-même a déposé », a-t-il martelé, invitant les chrétiens à ne pas se sous-estimer. Cette conviction doit conduire chacun à reconnaître qu’il possède une dignité qui mérite le respect.

« Dieu a voulu que je naisse »

Dans la même dynamique, le prédicateur a invité les fidèles à redécouvrir leur identité devant Dieu. Selon lui, comprendre qui l’on est dans le cœur du Père permet de mieux affronter les réalités de ce monde et de ne plus vivre sous la domination du regard des autres.

Il a encouragé les chrétiens à graver dans leur cœur cette affirmation : « Dieu a voulu que je naisse. » Pour lui, l’existence de chaque personne n’est pas un accident aux yeux de Dieu. Chacun est connu, voulu et aimé par son Créateur.

Cette conscience de l’amour de Dieu doit également permettre au chrétien de ne plus se laisser écraser par les jugements ou les paroles des autres. Le regard humain peut blesser, mais il ne doit pas déterminer la valeur profonde d’une personne qui sait qu’elle est aimée par Dieu.

« Notre combat n’est pas un combat selon la chair »

L’abbé Blaise Ndungo a également rappelé aux fidèles le sens de l’œuvre du Christ. En évoquant la mort et la résurrection de Jésus ainsi que l’enseignement de saint Paul aux Éphésiens, il a insisté sur la vie nouvelle reçue dans le Christ.

Le chrétien, a-t-il expliqué, ne doit donc pas vivre dans la peur permanente des hommes, des difficultés ou des puissances du mal. Sa vie trouve sa source dans le Père et son espérance dans le Christ ressuscité.

Cette conviction doit donner au croyant la force de regarder les difficultés avec foi et assurance, tout en se rappelant que son véritable combat ne se réduit pas aux réalités visibles.

Un temps d’adoration pour redécouvrir l’amour du Père

Au terme de son exhortation, l’abbé Blaise Ndungo a orienté les fidèles vers la prière et l’adoration. Il les a invités à demeurer dans la présence de Dieu afin de retrouver la joie d’être aimés par le Père.

Le message final de cette célébration dominicale était ainsi un appel à revenir à l’essentiel : aimer, rechercher l’unité, corriger avec charité, veiller sur ses paroles, développer un regard intérieur, porter les fardeaux des autres et reconnaître les dons reçus de Dieu.

Dans une communauté chrétienne appelée à vivre ensemble malgré les différences et les fragilités humaines, l’abbé Blaise Ndungo a ainsi rappelé que la vigilance véritable n’est pas d’abord celle qui surveille les autres, mais celle qui permet de regarder avec les yeux de Dieu, de parler avec sagesse et d’agir avec amour.

« Le Père t’aime », a-t-il rappelé aux fidèles, les invitant à accueillir cette vérité dans la prière et à en faire une source de confiance pour leur vie quotidienne.

Reginald Karem Been Vasambya

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