octobre 12, 2026

La dépendance financière figure parmi les facteurs susceptibles d’exposer les filles aux violences. C’est l’alerte lancée par la juriste Maggy Panza aux filles de la ville de Butembo, dans la province du Nord-Kivu. Chargée de vulgarisation au sein de l’ONG Femmes juristes pour la défense des droits de la femme et de l’enfant de Butembo, Maggy Panza s’est confiée à RTMCA.NET ce lundi 12 octobre 2026, au lendemain de la Journée internationale de la fille, célébrée chaque année le 11 octobre.

À cette occasion, elle a insisté sur l’importance pour les filles de renforcer leur autonomie, notamment financière, afin de réduire leur vulnérabilité face aux différentes formes de violences.

Selon Maggy Panza, une conception répandue à Butembo veut que le mariage soit ce qui valorise une fille. Cette perception pousse certaines filles à privilégier le mariage et à vivre ensuite dans la dépendance au sein de leurs foyers, une situation qui peut les exposer aux violences. Face à cette réalité, la juriste les appelle à ne pas faire du mariage leur seul objectif, mais à miser également sur leur autonomisation économique et financière afin de renforcer leur indépendance.

« Ailleurs, les mentalités ont évolué et les filles savent qu’elles doivent étudier pour devenir de grandes personnalités au sein de la société. Mais ici, chez nous, on pense que c’est le mariage qui valorise la fille, alors que ce n’est pas le cas. Les filles qui ont déjà cette conception se marient et vivent dans la dépendance. Or, vous savez que la dépendance est parmi les sources de violences faites aux femmes. Les filles de Butembo doivent comprendre que les choses ont évolué. Elles doivent démontrer leurs capacités, entreprendre d’autres choses que le mariage, s’investir dans les études et voir grand en visant leur autonomisation économique et financière », a-t-elle exhorté.

Toutefois, Maggy Panza a appelé les parents à ne plus se limiter à compter les chèvres de la dot en attendant le mariage de leurs filles, mais à investir également dans leur avenir. Aux autorités, elle a recommandé de mettre en place des mécanismes favorisant l’encadrement des jeunes filles. Elle les a, par ailleurs, encouragées à apprendre différents métiers, soulignant qu’aujourd’hui, les filles sont capables d’exercer toutes sortes de professions.

« Les parents doivent savoir qu’aujourd’hui, les mentalités ont changé. On ne peut plus assimiler les filles au mariage ni continuer à compter le nombre de chèvres qu’on pourrait obtenir en dot pour chacune d’elles. L’expérience montre que les filles qui ont évolué et poursuivi leurs études accomplissent de nombreuses bonnes choses. Les autorités doivent donc mettre en place des mécanismes d’encadrement et de protection des jeunes filles afin de leur permettre de comprendre l’importance des études et de se construire un avenir. Il n’y a pas de domaines réservés exclusivement aux filles ou aux garçons. Le mariage n’est plus quelque chose vers lequel on doit se précipiter », a-t-elle renchéri.

Instituée par les Nations unies, la Journée internationale de la fille est célébrée chaque 11 octobre depuis 2012. Elle vise notamment à promouvoir les droits des filles, à sensibiliser sur les inégalités auxquelles elles font face et à encourager leur accès à l’éducation, aux soins de santé ainsi qu’aux opportunités économiques. Cette journée constitue également un moment de plaidoyer pour lutter contre les violences, les discriminations et les pratiques néfastes qui entravent leur épanouissement, tout en favorisant leur autonomisation et leur participation au développement de la société.

Réginald Karem Been Vasambya

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