octobre 18, 2026

La pauvreté, l’insécurité et certaines pratiques coutumières constituent des obstacles à l’épanouissement de la jeune fille dans le Grand Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). C’est ce qu’a déclaré la juriste Maggy Panza, lundi 12 octobre 2026, au lendemain de la Journée internationale de la fille.

Chargée de vulgarisation au sein de l’ONG Femmes juristes pour la défense des droits de la femme et de l’enfant, à Butembo, elle explique que la précarité économique et l’insécurité exposent de nombreuses jeunes filles à diverses formes de violences, notamment sexuelles. Ces difficultés peuvent également les contraindre à abandonner leurs études, à se livrer à la mendicité ou à subir des formes d’exploitation dans les maisons de tolérance. La juriste dénonce également certaines conceptions coutumières qui réduisent le rôle de la fille au mariage.

« Avec la pauvreté, vous voyez des filles se livrer à la prostitution. À cause de l’insécurité, certaines abandonnent leurs études et se rendent dans les carrés miniers. D’autres fuient leur milieu de vie et se retrouvent dans la mendicité ou sont exploitées dans les maisons de tolérance. Par ailleurs, certaines coutumes considèrent que la fille est uniquement destinée au mariage. Ces trois éléments se complètent et freinent l’épanouissement de la jeune fille », a-t-elle souligné.

Des violences dans différents milieux

Selon Maggy Panza, les violences à l’égard des jeunes filles se manifestent dans différents milieux, notamment au sein des familles, dans les établissements scolaires et dans les maisons de tolérance. Elle déplore particulièrement les cas de viol, dont certaines victimes n’osent pas dénoncer les auteurs, même lorsque les faits se produisent dans leur propre famille.

La juriste évoque également l’exclusion de certaines filles de l’héritage familial, une pratique qui compromet leur autonomie économique et leur épanouissement.

« Parmi les violences que nous avons identifiées chez les jeunes filles, il y a le viol. Certaines sont violées même au sein de leur famille, mais ne peuvent pas dénoncer les faits. À l’école également, elles sont victimes de viol. D’autres sont exploitées dans les maisons de tolérance pour subvenir à leurs besoins. Il y a aussi la violation du droit à l’héritage. La fille est considérée comme une personne de passage dans sa famille et ne peut donc pas bénéficier de biens de valeur », a-t-elle indiqué.

Un appel à faire évoluer les pratiques coutumières

En conclusion, l’experte en droit souligne que, malgré les avancées législatives en faveur des droits des femmes et des filles, certaines pratiques coutumières continuent de persister dans la société et de limiter leurs possibilités d’épanouissement.

Maggy Panza appelle ainsi à l’abandon des normes coutumières qui entravent le développement de la jeune fille et plaide pour une meilleure prise en compte de ses droits, notamment en matière d’éducation, de protection contre les violences et d’accès à l’héritage.

Elle reconnaît toutefois que certaines pratiques culturelles peuvent contribuer à maintenir un équilibre entre les traditions et la modernité, à condition qu’elles respectent les droits fondamentaux des femmes et des filles.

Réginald Karem Been Vasambya

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